FFHB : Les nouvelles idées de Canayer

FFHB : Les nouvelles idées de Canayer©Media365

Emmanuel LANGELLIER : publié le mercredi 15 juillet 2020 à 18h39

Patrice Canayer se lance aux côtés de Jean-Pierre Feuillan dans la bataille pour la présidence de la Fédération française de Handball. Le manager général de Montpellier veut apporter sa riche expérience et détaille ses idées.



Le plus grand palmarès du handball français en club veut louer des idées nouvelles. Patrice Canayer en a sous la semelle et pour la première fois, il se lance dans des élections fédérales. Soutien de Jean-Pierre Feuillan, vice-président de la Fédération française de Handball qui se présente à la présidence de la FFHB (prévue fin novembre à Pau), le manager général de Montpellier veut apporter sa riche expérience. A 59 ans, Canayer détaille son plan dans L'Equipe, mercredi.

Celui qui a décroché 2 Ligues des Champions en 2003 et 2018 ainsi que 14 titres de Champion de France avec Montpellier veut injecter du dynamisme aux instances fédérales. « Ce qui m'intéresse en premier lieu, c'est de participer à l'avancée d'un certain nombre d'idées pour l'avenir de notre sport et d'agir pour les porter. Émettre des critiques n'est pas suffisant ; à un moment donné, il faut s'engager », dit-il avant de détailler.

Canayer : « Nous sommes à un moment charnière du développement de notre sport avec la perspective des Jeux de Paris 2024 »

« Deux points me semblent clairs, confie Canayer. Si le handball français en est là aujourd'hui, avec autant de bons résultats ou des infrastructures comme la Maison du handball (édifiée à Créteil, en janvier 2019), c'est que des gens ont plutôt bien travaillé. À la Fédération comme à la Ligue professionnelle. Maintenant, peut-on faire mieux et aller plus loin ? Oui. La deuxième chose, c'est qu'au-delà de la crise du Covid-19, nous sommes à un moment charnière du développement de notre sport avec la perspective des Jeux de Paris 2024. Nous ne pouvons louper ce virage. Avant de m'engager avec Jean-Pierre Feuillan, nous avons beaucoup échangé à la fois sur la méthode qui pourrait être mise en place et sur ses idées. Certaines me plaisent beaucoup ».

Quelles sont donc ces fameuses idées ? Canayer éclaire : « La première chose est de réussir la décentralisation. Aujourd'hui, on ne peut plus avoir la même politique appliquée de manière identique partout. Il faut réaliser un audit dans chaque territoire, renforcer les points forts et diminuer les points faibles. Construire une décentralisation efficace dans la gestion des clubs avec une politique adaptée. C'est l'enjeu de demain. Deuxième axe de travail : rapprocher monde professionnel et monde amateur. Les échanges existent déjà mais il faut aller beaucoup plus loin dans la mutualisation des ressources humaines ou des projets pour rapprocher deux univers qui ont plutôt tendance à marcher en parallèle qu'en synergie. Je peux essayer d'apporter ma connaissance du handball professionnel. Troisième point qui me semble aussi très important : redéfinir les modes de management de la Fédération qui, durant des années, ont fonctionné, avec des résultats pas mauvais, mais sont peut-être obsolètes aujourd'hui. »

« Le handball français n'appartient ni à la Ligue française ni à la Fédération »

« Je pense qu'il faut arrêter les cooptations de manière autoritaire et ouvrir les recrutements. Lorsqu'un poste est ouvert à la Fédération, il doit y avoir un appel à candidature. Tous les gens qui répondent doivent être auditionnés pour que la Fédération sélectionne sur les compétences et pas toujours les affinités », poursuit celui qui a aussi 13 Coupes de France et 10 Coupes de la Ligue à son tableau de chasse.

Canayer veut apporter un regard neuf. « Car je pense que le handball français n'appartient ni à la Ligue française ni à la Fédération. Il appartient à tous ceux qui prennent une licence, aux 2 400 clubs qui oeuvrent quotidiennement. Je suis né dans le handball. Nous sommes un certain nombre, des gens de ma génération mais aussi des plus jeunes, à vouloir agir pour notre sport. On ne veut pas que l'on décide à notre place, insiste Canayer. Nous avons conscience de vivre un moment important. À Montpellier, nous avons 800 licenciés. Je connais les problématiques d'un club. Aujourd'hui, la Fédération doit être au service des clubs. C'est important. Le développement de notre sport passera aussi par le développement économique. » Les deux autres candidats à la présidence de la FFHB sont Philippe Bana et Olivier Girault.

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