Euro 2020 (H) - Bleus : Le DTN tire la sonnette d'alarme

Euro 2020 (H) - Bleus : Le DTN tire la sonnette d'alarme©Media365
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Emmanuel LANGELLIER : publié le mardi 14 janvier 2020 à 13h08

Après l'élimination de l'équipe de France à l'Euro 2020, Philippe Bana, le directeur technique national, dresse un bilan sans concession.



L'équipe de France est déjà tristement éliminée de l'Euro 2020. La faute à deux premiers revers rédhibitoires. Incroyablement battus lors de leur entrée en lice par le Portugal (25-28), les Bleus sont tombés dimanche face à la Norvège (26-28). Les choses vont mal pour les Français, qui ont tout gagné ces dernières années, et dont la qualification pour les prochains Jeux Olympique de Tokyo passera par le tournoi de qualification olympique à domicile du 16 au 19 avril.

Bana : « On n'est pas en état de crise mais en état d'urgence »

Dans Le Parisien, le directeur technique national du hand Philippe Bana dresse un constat sans concession. « C'est une claque, lâche-t-il. Même si on n'a plus la même équipe que par le passé, on a l'ambition permanente de rester au sommet. C'est une souffrance aussi. Notamment le match contre le Portugal. Alors que pour celui contre la Norvège, tout le monde a mis du cœur, celui contre le Portugal, on le tient et on le lâche... Ça fait mal. Comme ça fait mal ce matin de voir les jeunes (joueurs) s'excuser auprès des vieux de ne pas avoir été à la hauteur. Alors oui, c'est une souffrance collective. Un gros échec. On n'est pas en état de crise mais en état d'urgence. »

« Les jeunes se sont excusés »

Bana ajoute : « Depuis 2000, on vit au rythme des respirations olympiques. Notre objectif de 2020 n'était donc pas cet Euro mais la qualification pour les Jeux puis les Jeux. Les juges de paix seront en avril (le TQO) et en juillet (les JO à Tokyo, du 24 juillet au 9 août). Et j'ai de la mémoire, je me souviens qu'en 2012, on était un peu dans la même situation : on avait pris une branlée à l'Euro (la France avait terminé 11eme) et cela ne nous avait pas empêchés de gagner les Jeux ensuite... »


Le DTN confie qu'une explication a eu lieu entre le staff et les joueurs. « On a décidé qu'en rentrant de l'Euro, on resterait deux jours ensemble mercredi et jeudi pour préparer la suite plutôt que de se séparer dès l'arrivée à l'aéroport. » Les Bleus sont en « plein chantier », assène le DTN depuis 1999. « Chacun s'est exprimé, les jeunes, comme je l'ai dit, se sont excusés. On a aussi fait le constat que, si les tauliers ne sont plus à 150 000 %, ils sont toujours là et qu'ils ont rendu une copie de tauliers. Mais que des petites choses se dérèglent. Que l'équipe s'est considérablement rajeunie et qu'on a peut-être balancé les jeunes un peu plus vite que prévu... Nous devons accepter de ne plus être une équipe de Terminators invincibles. Longtemps, les gens ont imaginé que nous étions dans un système de distribution de médailles, souvent d'or, automatiques à la fin de chaque compétition... »

Soutien timide à Dinart

Bana réfute par ailleurs l'idée de fracture entre le staff et les joueurs. « Le mot est démesuré. Il y a toujours des fritures dans une équipe. On ne vit pas dans le monde merveilleux des Bisounours. La performance est un endroit de combat. Il faut doser les mots, trouver les bons », souligne le DTN après les déclarations de Nikola Karabatic suivant l'élimination. Bana semble ensuite apporter un léger soutien au sélectionneur Didier Dinart. « S'est-on posé la question de savoir s'il était l'homme de la situation pour être champion du monde en 2017 et décrocher ensuite deux médailles d'affilée (NDLR : bronze à l'Euro 2018 et au Mondial en 2019) ? Didier sait qu'il est en difficulté. Mais on se sent tous responsables. Il n'y a personne à mettre au pilori », répond Bana, ensuite relancé sur le sujet. « Oui, c'est la bonne personne. Mais nous ne devons pas nous exonérer de nous poser des questions. A-t-on fait la bonne analyse de la situation ? A-t-on bien travaillé ? », interroge le DTN qui ne prévoit pas de changements d'ici le TQO.

« Ce n'est pas à l'ordre du jour, explique Bana, 62 ans. L'idée est de déclencher un plan. Pour, dans le court terme, établir un projet de jeu et reconstruire avec les joueurs. Si la question est : "Allez-vous, comme pour les filles en 2016, changer le staff ?" Pour l'instant, je ne l'envisage pas. Nous sommes plutôt dans l'analyse de notre fonctionnement pour trouver des pistes d'améliorations, pour être plus carré dans qui fait quoi. »

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