Bleus : Trois mois pour se remettre la tête à l'endroit

Bleus : Trois mois pour se remettre la tête à l'endroit©Media365

Aurélie SACCHELLI, publié le mercredi 15 janvier 2020 à 09h00

Eliminée sans gloire de l'Euro, l'équipe de France de handball va absolument devoir se reprendre afin de décrocher en avril prochain son billet pour les JO de Tokyo lors d'un TQO à domicile.

Aussi incroyable que cela puisse paraître, à 190 jours de la cérémonie d'ouverture des Jeux Olympiques de Tokyo, l'équipe de France masculine de handball n'a toujours pas son billet pour la grand-messe olympique, dont elle est revenue médaillée lors des trois dernières éditions. La faute à cet Euro catastrophique, le pire de son histoire, qu'elle a quitté mardi soir, malgré une victoire à l'orgueil contre la Bosnie-Herzégovine (31-23). Mais le mal était fait depuis la semaine dernière, et ses deux défaites contre le Portugal et la Norvège.

La France doit désormais supporter la Norvège

Les Bleus ne décrocheront pas le billet direct pour Tokyo dont ils rêvaient. Ils devront donc passer par un Tournoi de Qualification Olympique, organisé en France du 16 au 19 avril à l'AccorHotels Arena, et dont les adversaires seront plus ou moins redoutables en fonction notamment du résultat de la Norvège à l'Euro (il vaudrait mieux pour les Bleus qu'elle soit championne d'Europe, et aille ainsi directement à Tokyo). Les hommes de Didier Dinart ont désormais trois mois pour lancer une nouvelle dynamique positive. Après avoir passé deux jours avec le staff, ce mercredi et ce jeudi, pour « préparer la suite » comme l'a révélé le DTN Philippe Bana, les joueurs vont repartir en club, ferrailler en Lidl Starligue, en Liga, en Bundesliga ou en Ligue des Champions, avant de repenser aux Bleus. Avec quelques aspects à changer, comme le souhaite Ludovic Fabregas, un des rares à avoir tenu son rang durant cet Euro : « On doit réorganiser certaines choses dans notre vie commune, dans nos échanges, dans notre manière de s'entraîner. Se remettre en question tout simplement. Il faut peut-être aussi que l'on soit plus lucides dans l'analyse des moments-clés que nous avons ratés sur les compétitions passées. »

Le souvenir de 2012 et 2016...

Le sélectionneur, lui, a de quoi passer quelques nuits blanches. Clairement remis en cause pour ses choix (changements trop nombreux, jeu d'attaque trop scolaire, manque de fluidité collective, sous-utilisation de Richardson et Porte...), l'ancien pivot de la grande époque des Experts sait qu'il a peu de chance de conserver son poste en cas de non-qualification olympique, et il a tout intérêt à effectuer des changements dans cette équipe qui n'a pas tourné rond à Trondheim. « Depuis trois-quatre ans, notre jeu n'avance pas, notamment sur le plan offensif, regrettait l'ancien capitaine des Bleus Jérôme Fernandez dans L'Equipe ce lundi. Même si les joueurs ont du talent, on a perdu en justesse en efficacité. J'ai le sentiment qu'on a perdu du temps sur ce plan-là. » Heureusement pour le sélectionneur, il pourrait bénéficier du retour de blessure de deux joueurs capitaux, Luka Karabatic (doit) et Kentin Mahé (genou), qui ne seront pas de trop pour continuer à faire vivre le rêve olympique. Et qui sait, aller décrocher une médaille en août prochain ? Car on se souvient qu'en 2012 et 2016, les Bleus étaient passés à côté de leur Euro (11emes puis 5emes) avant de monter sur le podium des JO. C'était peut-être une autre époque. A eux de prouver le contraire.

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