National : Nancy, la descente aux enfers interminable

National : Nancy, la descente aux enfers interminable©panoramic, Media365
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Aurélie Sacchelli, Media365 : publié le samedi 27 mai 2023 à 15h22

Un an après avoir été relégué de Ligue 2 en National, Nancy a été relégué vendredi en National 2 après un match nul à Bourg-en-Bresse. La descente aux enfers semble inarrêtable pour le club lorrain.

Il y a six ans et quelques mois, l'AS Nancy Lorraine était confortablement installée à la onzième place de Ligue 1, après une victoire à Nantes où elle ne gagnait jamais d'habitude. Ce vendredi, le club lorrain est officiellement tombé en National 2. Reléguée en Ligue 2 en 2017 puis en National l'an passé après une saison cauchemardesque, l'ASNL descend à nouveau d'un étage, et quitte donc le monde professionnel, 56 ans après sa naissance. Alors que les hommes de Benoit Pedretti (arrivé en cours de saison pour remplacer Albert Cartier) avaient encore la possibilité de se sauver vendredi en gagnant à Bourg-en-Bresse, tout en espérant un résultat favorable du côté de Châteauroux, Le Mans ou Avranches, ils ont concédé le match nul 3-3 face aux joueurs de l'Ain (qui devaient eux aussi absolument gagner pour avoir encore une chance de se sauver) après avoir mené au score à trois reprises. C'en était trop pour les 250 supporters nancéiens autorisés à faire le déplacement, qui ont jeté des pétards et des sièges sur la pelouse à une minute de la fin, entraînant une longue interruption du match.

Un président aux abonnés absents

Cette saison 2022-23 se termine donc par une nouvelle désillusion pour les nombreux fans du club au chardon (ils étaient 19 000 pour le dernier match, gratuit, à Marcel-Picot), qui semblent être plongés en plein cauchemar depuis six ans maintenant. Un cauchemar dont les dirigeants actuels sont tenus pour responsables. Lorsqu'il a exprimé son souhait de vendre le club il y a plusieurs années, l'ancien président emblématique Jacques Rousselot a d'abord eu des contacts avec des investisseurs chinois, puis le City Football Group, mais le covid est passé par là, et c'est finalement le groupe sino-américain New City Capital, passé par Nice auparavant, qui a raflé la mise le 31 décembre 2020. Et depuis, les mauvais résultats se sont enchainés, les entraîneurs ont valsé sur le banc (JL Garcia, Stendel, Cartier, Pedretti) et rien n'est venu arrêter la mauvaise dynamique. Et surtout pas le président Gauthier Ganaye, qui a longtemps été à la tête à la fois des clubs d'Ostende et de Nancy, et passait la plupart de son temps en Belgique. Il a finalement quitté ses fonctions en Lorraine il y a seulement quelques jours.

Le plus grand flou pour l'avenir

Et maintenant ? C'est le plus grand flou ! En finissant 13eme et premier relégable, l'ASNL s'est offerte une petite chance d'être repêchée si l'un des nombreux clubs ayant des difficultés financières (Versailles, Sedan...) était rétrogradé par la DNCG. Par ailleurs, Nancy a déposé deux recours pour récupérer sur tapis vert des points perdus contre Concarneau et Paris 13 Atlético, et les affaires ne seront pas jugées définitivement avant plusieurs semaines. Mais d'un autre côté, l'ASNL, si elle rejoint bien le National 2, va perdre son statut professionnel et va devoir fermer son centre de formation, celui par lequel sont passés Michel Platini, Olivier Rouyer, Jean-Michel Moutier, Youssouf Hadji ou Clément Lenglet. Pire encore, elle pourrait déposer le bilan et redémarrer la saison prochaine au niveau auquel se trouve son équipe réserve, actuellement en National 3. Mais la réserve n'est pas à l'abri d'une descente en Régional 1. Un cauchemar sans fin pour les Nancéiens...

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