Ligue Europa - Rennes : Soutien populaire, Petit Poucet, discours... Rennes joue bien une finale de Coupe

Ligue Europa - Rennes : Soutien populaire, Petit Poucet, discours... Rennes joue bien une finale de Coupe©Media365

David HERNANDEZ, publié le jeudi 13 décembre 2018 à 08h00

Dans cette campagne de Ligue Europa, le Stade Rennais revient de loin et peut espérer se qualifier en cas de victoire ce jeudi contre Astana (18h55). Si toute une ville rejette l'idée de finale, cette rencontre en est bien une et Julien Stéphan l'a compris.

Il y a un mois le constat était alarmant au sein de la France du football. Après quatre journées, les chances de voir un club français en 16emes de finale de la Ligue Europa étaient très minces. Défait sur la pelouse du Dynamo Kiev (2-1), le Stade Rennais ne se faisait guère d'illusion concernant la suite de sa campagne européenne. Pourtant, un mois après et une victoire à l'arrachée sur la pelouse de Jablonec (0-1) plus tard, les Bretons sont toujours vivants et ont leur destin entre leurs mains. Contre Astana, leur concurrent direct, il ne faudra pas réfléchir ce jeudi (18h55). Seule la victoire sera belle et permettra aux coéquipiers de Clément Grenier, sauveur en République tchèque, de s'offrir une qualification historique.

Prendre la posture du petit poucet

Ce dernier round, les Rennais l'attendent autant qu'ils le redoutent. Depuis que la rencontre contre les Kazakhs est devenue l'épilogue de cette phase de groupes, les supporters ne cessent de rejeter cette appellation de « finale », comme pour chasser le mauvais œil. Trop nombreux sont ceux qui seront présents dans les travées du Roazhon Park jeudi soir à avoir déjà goûté aux désillusions passées. Le Stade Rennais, bien malgré lui, a acquis ce statut de « loser » depuis les années 2000 avec trois finales de coupes jouées (2009, 2013 et 2014) et autant de défaites. Cette étiquette, les Rouge et Noir ont dû mal à la décoller et ne souhaitent pas subir encore le signe indien. Présent en conférence de presse, Julien Stéphan a choisi de prendre la posture du Petit Poucet. « La pression est sur Astana. Nous, on a tout à gagner parce qu'au début du match on est éliminés, constate le coach rennais. Il ne peut nous arriver que quelque chose de bien. Eux, ils ont tout à perdre parce qu'au début du match, ils sont qualifiés. »

Ne faire qu'un avec les supporters

Le discours colle à ce qu'on pourrait entendre au moment d'une affiche de Coupe de France entre un club amateur et un club de L1. Intronisé depuis une semaine à la tête du club, Stéphan va connaître sa première européenne après avoir vécu des débuts historiques en Ligue 1. Premier entraîneur à remporter ses deux premiers matchs avec le Stade Rennais depuis 1932, l'ancien coach de la réserve connaît un apprentissage express qui le pousse à faire profil bas et à enlever une pression qui pourrait être négative à ses joueurs à l'approche d'une rencontre cruciale à l'échelle européenne et surtout locale. « Astana est favori du match parce qu'ils ont plus d'expérience, mais on va rentrer sur le terrain pour gagner et il faudra qu'on fasse un vrai match de Coupe. Il faudra contrebalancer ce manque d'expérience par autre chose. »

Stéphan pour l'histoire

Cet « autre chose », le technicien breton l'a clairement ciblée : le soutien populaire. Alors que toute une ville se ronge les ongles à l'idée d'une nouvelle « finale » perdue, Stéphan appelle à l'union sacrée autour de son groupe, qui reste sur deux succès de rang en championnat derrière un Hatem Ben Arfa retrouvé. « Le Roazhon Park doit être en fusion demain, on a besoin de tout le monde et de ce douzième homme, qui doit nous porter du début à la fin. » L'espace d'une soirée, le public et toute la Bretagne se doivent d'oublier une première partie de saison morose où les sifflets ont plus souvent accompagné les joueurs que les sourires. C'est le message lancé par le club pour réaliser l'exploit. S'il n'y a pas de trophée au bout comme dans une vraie finale de coupe, la qualification en 16emes fera oublier ces six derniers mois. Et ferait rentrer Julien Stéphan un peu plus dans l'histoire rennaise. Déjà.

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