Ligue Europa - OM : Zéros puis héros, les Marseillais veulent leur " happy-end "

Ligue Europa - OM : Zéros puis héros, les Marseillais veulent leur " happy-end "©Media365

Geoffrey Steines, publié le mercredi 16 mai 2018 à 07h25

Au bord de la crise en septembre, l'OM joue sa saison en trois jours, entre la finale de la Ligue Europa contre l'Atlético Madrid mercredi et la dernière journée de L1 samedi. En oscillant entre sentiment du devoir accompli et potentielle désillusion.

L'OM est comme un chat, il a eu plusieurs vies. Une vie avec Patrice Evra et une vie sans. Une vie où Dimitri Payet était méconnaissable et une vie où il est redevenu le détonateur de l'attaque marseillaise. Une vie où son équipe pouvait prendre neuf buts en deux matchs sans réagir et une vie où elle arrache des points sans trop savoir comment. Une vie où le « Champions Project » était tourné en ridicule et une vie où il est la nouvelle référence à ériger en modèle. Une vie où l'OM avait perdu l'amour de ses supporters et une vie où il fédère bien au-delà de Marseille autour de son épopée en Ligue Europa. A l'image de la ville qu'il représente, le club phocéen a vécu dans un bouillonnement permanent cette saison, entretenu par un calendrier dantesque et une campagne européenne qui a débuté fin juillet contre Ostende pour se finir ce mercredi en finale à Lyon contre l'Atlético Madrid (20h45). « Ils arrivent de la Ligue des Champions quand nous on arrive des barrages », a rappelé Rudi Garcia mardi en conférence de presse.

Une saison-marathon et des claques déjà loin

Près de huit mois et 60 matchs après ce troisième tour préliminaire aller à l'Orange Vélodrome -« Plus cette équipe joue de matchs, plus elle est en forme, on en est au 61eme, mais on pourrait refaire une saison complète » (Garcia)-, l'OM se trouve dans une position difficilement imaginable quand il devait faire face à la crise début septembre. Il peut devenir le premier club français à remporter la Ligue Europa, tout en ayant toujours une chance de terminer sur le podium de L1, même s'il n'est pas maître de son destin avant la dernière journée. Qu'elles sont loin les claques contre Monaco (6-1) puis Rennes (1-3). Qu'elle est loin la réception de Konyaspor devant 8 000 spectateurs en phase de groupes de la Ligue Europa, eux qui n'avaient aucune envie d'encourager un groupe qu'ils avaient déjà condamné à une place dans le ventre mou. « L'Atlético a du caractère et nous aussi, comme on l'a montré cette saison », a rappelé Garcia cette saison.

Une saison déjà réussie ?

Impossible de contredire l'entraîneur, tant il en a fallu aux Marseillais pour se relever d'un départ catastrophique et effacer la défiance dont ils faisaient l'objet pour devenir des héros sur la Canebière. Un statut qu'ils doivent à leur parcours exemplaire en championnat, qui pourrait faire d'eux le 4eme avec le plus de points de l'histoire de la L1, mais surtout à ce qu'ils ont réalisé en Ligue Europa. Leur saison a basculé le soir du quart de finale retour contre Leipzig (5-2) et l'euphorie s'est prolongée dans une prolongation victorieuse à Salzbourg (2-1 ap). Depuis, tout Marseille baigne dedans. A tel point que la tentation est grande de considérer cette saison comme déjà réussie, surtout vu comment l'OM vient de loin. Disputer une finale européenne et se mêler jusqu'au bout à la lutte pour la 3eme place en L1, c'est déjà une satisfaction en soi pour un club qui avait terminé 13eme de son championnat il y a seulement deux ans. C'est aussi le signe que le chemin emprunté est le bon et que la belle aventure n'en est peut-être qu'à ses prémices.

Hommage au propriétaire américain et clin d'oeil à l'histoire

Mais ce groupe n'a pas le temps d'attendre. Il ne s'est pas donné les moyens de réussir une saison exceptionnelle pour la finir sur une frustration. Steve Mandanda, qui a tout connu avec l'OM, des galères aux sommets, ne le sait que trop bien : « C'est ma dixième saison et ma première finale de Coupe d'Europe. C'est quelque chose d'énorme, c'est fort. Ce serait bien de la gagner. » Pour que les « losers » des débuts deviennent des « winners », ficelle classique du scénario hollywoodien dans les films de sport. Comme un hommage au propriétaire américain en même temps qu'un clin d'oeil à l'histoire. « On fête les 25 ans de la victoire du seul club français qui a gagné la Ligue des Champions, a lancé fièrement Garcia. On a un exemple formidable. On a la chance d'être à l'OM et d'avoir une histoire d'amour avec la Coupe d'Europe qui date des années 90. On a tous envie de suivre la trace de nos illustres prédécesseurs. Ce sera une très difficile mission, mais ça relèverait encore plus notre exploit. » Il serait ainsi à l'image de la saison marseillaise : inattendue et délicieuse.

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