Ligue Europa - Nice : L'état de grâce, c'est terminé pour Yoan Cardinale

Ligue Europa - Nice : L'état de grâce, c'est terminé pour Yoan Cardinale©Media365

Geoffrey Steines, publié le jeudi 19 octobre 2017 à 09h40

Moins en réussite que la saison dernière, Yoan Cardinale peine actuellement à masquer les insuffisances défensives de Nice. Un vrai souci pour les Aiglons, où l'hypothèse de recruter un gardien pourrait reprendre du poids, d'autant que le natif de La Ciotat arrive en fin de contrat.

« Sur un nuage », « in the zone », « en état de grâce » : dites-le comme vous voulez, mais il ne pouvait quasiment rien arriver à Yoan Cardinale la saison passée. Il était constant, régulièrement brillant et souvent décisif dans les grands matchs. Il était impérial quand il le fallait et avait joué un rôle-clé dans l'excellent parcours de Nice, surprenant 3eme de L1. Formé au Gym, il était même un symbole de la réussite de son équipe. Comme elle, il n'était pas attendu à ce niveau. Il était l'invité surprise, que peu imaginaient titulaire dans une formation de haut de tableau dans l'élite. Il était même « sous-coté », selon sa propre analyse, à cause de son style inhabituel pour un gardien et de son physique objet de moqueries, entre sa petite taille pour son poste (1,77m) et un léger embonpoint, pas sans rappeler Cédric Carrasso au début de sa carrière. Mais si Cardinale avait réussi à retourner bien des vestes, il est entré dans le rang depuis l'été.
Un ratio de réussite en chute libre
Après une préparation perturbée par une luxation de l'épaule gauche, le numéro 30 de l'OGCN peine à retrouver son meilleur niveau. Il n'est plus aussi déterminant et a vu son ratio de tirs cadrés arrêtés plonger (60% cette saison, contre 75% en 2016-17). Pire, il est même le suspect numéro 1 sur une partie des 22 buts (déjà) encaissés par Nice en 15 matchs toutes compétitions confondues (seulement 4 clean sheets). L'écart avec la saison passée est encore plus abyssal en L1, où la défense du Gym a concédé 14 pions en seulement 9 journées. A pareille époque, le compteur était bloqué à 5 l'automne dernier. Contre l'Ajax Amsterdam ou Naples lors des tours préliminaires de Ligue des Champions, face à Marseille en L1 : dans toutes ces rencontres, Cardinale a coûté cher par des approximations techniques ou des erreurs d'appréciation. Bien évidemment, il n'est pas le seul responsable de cette situation. La défense de Nice a perdu son capitaine Paul Baysse, Dalbert et Ricardo Pereira. La reconstruction de ce secteur est ainsi un chantier énorme, où Favre bricole dans l'urgence sans parvenir à stopper l'hémorragie, encore à Montpellier dimanche (2-0).
Cardinale : « Je ne lâcherai jamais le morceau »
Mais « Cardi » ne peut être exempté de toute responsabilité dans cette situation. Son entraîneur était d'ailleurs sceptique à son sujet à son arrivée à l'été 2016, huit mois après la prise de pouvoir du natif de La Ciotat dans le but azuréen par la grâce de circonstances favorables, alors qu'il était troisième dans la hiérarchie en début de saison. Mais le technicien suisse a changé d'avis, à tel point qu'il n'a pas envisagé de recruter un autre joueur à son poste pendant le dernier Mercato estival. « Yoan a fait une superbe saison, avait-il indiqué sur France Bleu en juillet. Par sa présence, il apporte quelque chose à l'équipe. Mais je trouve qu'il peut encore progresser et je vais lui dire. Il doit continuer à bosser. » « Je ne lâcherai jamais le morceau, avait prévenu Cardinale dans les colonnes de Nice-Matin dès avril. Ils peuvent faire venir (Steve) Mandanda, (Stéphane) Ruffier ou même (Manuel) Neuer, je ne lâcherai jamais rien. » Ça tombe bien, son début de saison pourrait relancer le débat sur le recrutement d'un concurrent à son poste, au moment où son contrat arrive à son terme en juin prochain. Autant de raisons qui doivent l'inciter à retrouver le feu sacré au plus vite.

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