Le match qui a fait entrer Stéphan dans la cour des grands

Le match qui a fait entrer Stéphan dans la cour des grands©Media365

Julien Pereira, publié le vendredi 22 février 2019 à 00h10

Le Stade Rennais n'est plus tout à fait celui qu'il était, plus tôt dans la soirée. Julien Stéphan, lui, ne sera plus jamais le simple entraîneur séduisant de Ligue 1.

Bien sûr, il devra emmener son équipe beaucoup plus loin que les huitièmes de finale de Ligue Europa pour se faire, lui aussi, une stature européenne : celle d'un entraîneur est bien plus difficile à forger que celle d'un club, dans le sens où les défaites sont toujours très lourdes quand les victoires sont souvent collectives. Pourtant, la victoire bretonne décrochée sur le terrain du Betis Séville a profondément été marquée du sceau d'un coach qui, il y a trois mois, n'était encore qu'un inconnu, même à l'échelle hexagonale.

« Le coach nous a transmis un plan »

Pour ceux qui n'étaient pas à l'intérieur de ce groupe, cette rencontre inspirait la crainte. Celle d'une désillusion, voire même d'une correction. Elles reposaient, aussi, sur les relents du match aller, où les Rouge et Noir avaient découvert que l'infime erreur tactique et le moindre égarement se paient par un but. Il était alors difficile d'imaginer Rennes et son inexpérience européenne corriger ces lacunes là en l'espace d'une semaine. Stéphan l'a fait. Avec de l'audace. Beaucoup d'audace : un 4-4-2 très offensif, avec un quatuor d'attaque Niang-Hunou-Ben Arfa-Sarr et un simple duo Grenier-Bourigeaud pour limiter l'activité de l'entrejeu du Betis, pourtant l'un des meilleurs, statistiquement parlant, en Europe.

L'idée était de créer le surnombre dans le camp adverse en phase défensive, et d'éradiquer au plus tôt la construction adverse. « Le coach nous a transmis un plan pour perturber cette équipe, a confié Ben Arfa après la rencontre, au micro de RMC Sport. On a répondu présent mentalement et collectivement. C'était très important parce qu'on sait que dans leur équipe, tout le monde est capable de participer au jeu, du gardien à l'attaquant. Si l'un de leurs joueurs est libre, cela peut vite se transformer en deux contre un et nous mettre en difficulté. On a été les chercher très haut, c'est la clé du match ».

Eviter le scénario du match aller

Le pressing a complètement étouffé les individualités sévillanes durant 30 minutes. Suffisant pour planter deux banderilles. Les organismes ont ensuite flanché, évidemment, et la lucidité du bloc rennais avec. Lorsque le Betis a trouvé la faille sur la seule erreur tactique des visiteurs - une couverture de Mexer -, juste avant la pause, le scenario du match aller a commencé à se redessiner. Mais Rennes avait appris. « A l'aller, on avait trop reculé, a commenté Julien Stéphan, sur RMC Sport. On ne voulait pas reproduire cela. On ne voulait pas avoir de regrets à la fin.

Le coach breton a su maintenir cette rigueur tout au long de la rencontre, même au retour des vestiaires, lorsque ses joueurs ont largement accusé le coup physiquement. Ils ont fait une partie admirable de débauche d'énergie, d'intelligence aussi, de don de soi et de sacrifice, a ajouté le technicien. On a appris de nos erreurs de la semaine dernière. On avait l'ambition de venir ici pour jouer crânement notre chance ». Aller de l'avant et ne jamais cesser de jouer sont les vertus qu'il a toujours vantées depuis qu'il a pris la succession de l'équipe première. Et s'il préfère penser que « tout le mérite revient à joueurs », on a très envie de croire que la plus grande part de responsabilité, dans ce succès, est avant tout la sienne.

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