Rodrigo en pointe, pas forcément la solution miracle pour la Roja

Rodrigo en pointe, pas forcément la solution miracle pour la Roja©Media365

Geoffrey Steines, publié le jeudi 15 novembre 2018 à 09h25

Luis Enrique a fait le choix depuis sa prise de fonction comme sélectionneur de l'Espagne de construire son attaque autour de Rodrigo en pointe. Mais l'avant-centre de Valence n'est pas forcément la clé aux soucis récurrents de la Roja à ce poste.

Depuis le déclin de Fernando Torres, l'Espagne se cherche désespérément un pur attaquant de pointe pour renouer avec les sommets. Elle avait certes gagné l'Euro 2012 avec Cesc Fabregas titulaire en faux numéro 9 en finale contre l'Italie (4-0). Mais ses résultats patinent depuis, la Roja n'ayant pas dépassé les 8emes de finale lors de trois tournois consécutifs. Ce déclin de la meilleure nation du monde au carrefour des années 2010 trouve en partie sa cause dans son incapacité à se trouver un avant-centre auquel se fier. Nommé sélectionneur cet été pour remplacer Fernando Hierro, qui avait assuré l'intérim pendant la Coupe du Monde suite au départ dans la confusion de Julen Lopetegui, Luis Enrique a fait un choix différent de son prédécesseur. Exit Diego Costa, titulaire en Russie et qui n'a pas été convoqué pour les trois premiers rassemblements de la saison. A sa place, l'ancien entraîneur du FC Barcelone a promu Rodrigo, qui partage avec l'attaquant de l'Atlético Madrid le point commun d'être né au Brésil. Mais c'est à peu près tout.

Un ADN footballistique espagnol


Arrivé en Espagne à l'âge de 11 ans, Rodrigo en a adopté l'ADN footballistique. L'attaquant de Valence est bien plus à son aise dans les petits espaces que le partenaire de jeu d'Antoine Griezmann chez les Colchoneros et combine plus facilement au sol avec ses partenaires. Tout en étant un bon joueur de tête, en particulier grâce à son sens de l'anticipation, le Carioca de naissance a la possibilité, avec sa mobilité et sa technique, de se déplacer sur la largeur du terrain et d'ouvrir l'axe à ses coéquipiers. Une caractéristique qu'ont moins Costa ou Alvaro Morata, qui sont avant tout des points de fixation centraux. Autre point positif pour Rodrigo : il possède l'arme du tir de loin, qui avait tant manqué à la Roja pendant le Mondial et qui fait défaut à ses deux concurrents précédemment cités. Titulaire lors des trois premiers matchs de l'Espagne en Ligue des Nations, avant le déplacement en Croatie jeudi (20h45), il a déjà affiché une complicité intéressante avec ses compères du secteur offensif, que ce soit Isco, Marco Asensio ou Iago Aspas.

Un seul Espagnol à plus de 20 buts sur une saison depuis cinq ans


Mais il ne faut pas s'attendre toutefois à ce que Rodrigo solutionne tous les soucis de la Roja. Il a inscrit deux buts en Ligue des Nations ? Il en compte seulement trois en 14 sélections. Il n'a même trouvé le chemin des filets qu'une fois cette saison avec son club de Valence. En 15 matchs toutes compétitions confondues, ça fait très peu, surtout que ça tranche avec 2017-18, où il avait terminé avec 19 réalisations au compteur. Ce manque d'efficacité, qui n'est pas une nouveauté chez Rodrigo (seulement deux saisons à plus de 10 buts en championnat), est aussi un problème récurrent des attaquants espagnols. Sur les cinq dernières saisons, il n'y a qu'un seul international à avoir dépassé les 20 buts sur un exercice en championnat : Iago Aspas (Diego Costa et Aritz Aduriz avaient atteint pile ce total). Tant que l'Espagne n'aura pas déniché ce buteur fiable, elle sera limitée sur la scène internationale. En attendant, elle fait avec ce qu'elle a sous la main. Et avec ses spécificités, Rodrigo n'est certainement pas la plus mauvaise solution pour faire la rustine.

Vos réactions doivent respecter nos CGU.