Ligue des Nations : Cristiano Ronaldo, le Portugal et les Pays-Bas à l'heure de la belle

Ligue des Nations : Cristiano Ronaldo, le Portugal et les Pays-Bas à l'heure de la belle©Media365
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Julien Pereira, publié le dimanche 09 juin 2019 à 07h46

Cristiano Ronaldo a emmené son Portugal jusqu'en finale de la Ligue des Nations. Face aux Pays-Bas, il peut atténuer toutes les frustrations qu'il a cumulées en sélection face à l'un de ses meilleurs ennemis à l'échelle internationale.

La carrière de Cristiano Ronaldo est déjà immense mais on n'en connaît pas encore sa limite. Son palmarès long comme le bras et ses 34 ans bien tassés n'ont pas encore coché tous les défis. Ce dimanche, le quintuple Ballon d'Or va en relever un nouveau, un grand, peut-être bien plus grand qu'il n'y paraît. Car la rencontre opposant son Portugal aux Pays-Bas n'a beau être « qu'une » finale de la jeune Ligue des Nations - dont le prestige est encore à construire - elle renferme tout de même des enjeux capitaux à ses yeux et à cette espèce de machine qu'il est.

CR7 abhorre l'échec et n'en serait pas là si son aversion pour la défaite n'était pas plus excessive que pour le commun des sportifs. Peut-être par opposition, la superstar lusitanienne n'aime rien de plus que la revanche ou qu'un succès capable d'effacer toutes les désillusions qui l'ont amené. Le voici dans son contexte préféré, son péché-mignon, comme il l'avait sous-entendu après avoir désagrégé la Suisse (3-1) à lui-seul en demi-finale - et avant de connaître l'identité de l'autre finaliste. « L'Angleterre ou les Pays-Bas ? Quiconque nous rejoindra nous opposera une grande guerre », avait-il confié, avec le ton de celui qui en salive d'avance.

Ronaldo et le mauvais souvenir néerlandais

Lui n'est pas tout à fait du genre à avoir la mémoire courte. Il avait déjà réfléchi à la question bien avant d'en donner la réponse. Il savait. Il savait qu'affronter l'Angleterre aurait été particulier pour lui, tant il doit une partie de sa carrière au Royaume. Il avait aussi conscience que les Pays-Bas sont à l'échelle internationale ce que le Barça est pour lui à l'échelle des clubs. Un ennemi, un vrai. Avec toute l'histoire, la petite et la grande, que cette opposition implique, dans un contexte sportif que Cristiano Ronaldo considérera comme une finale de Coupe du Monde ou de Ligue des Champions. Et qu'il abordera avec des souvenirs. Son carburant à lui.

Certains sont douloureux et peuvent enfin être effacés, au moins en partie. Il y a quinze ans, déjà, le quintuple Ballon d'Or avait bouclé sa première épopée en sélection en larmes, abattu par une finale perdue contre la Grèce, dans son pays et devant son peuple. Deux ans plus tard, au Mondial, il avait quitté précocement le huitième de finale dans le même état. Sa sortie sur blessure, conséquence d'un attentat de Khalid Boulahrouz dès la 7eme minute, avait amorcé ce qui est finalement devenu la « bataille de Nuremberg », comme beaucoup l'ont surnommé ensuite. A ce jour, cette rencontre demeure la plus violente de l'histoire de la Coupe du Monde, avec quatre cartons rouges et seize jaunes distribués.

Pour Ronaldo, la belle des belles

A l'époque, Ronaldo n'était pas encore ce qu'il est aujourd'hui mais il était déjà le joyau, celui que l'équipe portugaise voulait protéger. Et celui que l'adversaire voulait détruire. « Il y a eu un contrat sur ma tête », avait-il lamenté. Depuis, la rivalité entre la Seleção das Quinas et les Oranje a pris une tout autre tournure. Elle était encore montée d'un cran lors de la confrontation suivante, à l'Euro 2012, lors de la « finale » de la poule B : les Néerlandais avaient malmené puis mené, avant que Cristiano Ronaldo n'acte leur élimination par un doublé. Sa revanche personnelle. Même si le Portugal était déjà sorti vainqueur de la boucherie, six ans plus tôt. Dimanche, il y aura l'enjeu du titre, bien sûr, mais aussi celui d'une opposition que CR7 aura à cœur de faire pencher en sa faveur. Définitivement. A Porto, un succès atténuerait aussi la petite amertume de 2016, où il avait quitté la finale de l'Euro sur blessure. Ce soir-là, il avait pleuré en mondovision avec le maillot de son pays pour la troisième fois. Depuis, ses larmes ont séché. Mais il ne les a certainement pas oubliées. Les Pays-Bas sont prévenus.

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