Real : Le récital tactique de Zidane

Real : Le récital tactique de Zidane©Media365

Rémi Farge, publié le mercredi 07 mars 2018 à 11h05

Finalement, il ne surjouait pas. Il était vraiment « tranquille ». A force, on aurait dû s'en douter. Un 8eme de finale, même contre le PSG, c'est finalement assez banal pour Zinedine Zidane.

L’événement, le match pour l’histoire, c’était un concept très français ou parisien mardi soir. Il n’y a qu’à voir la joie retenue des Madrilènes au coup de sifflet final. Une formalité. Une étape de plus dans un chemin qui n’est pas encore terminé. C’est la force de ce très grand club, et le caractère de Zizou colle parfaitement à cette image imperturbable. Après deux premières années couronnées des plus beaux succès sur le banc du Real Madrid, on en trouvait toujours pour minimiser le rôle du champion du monde 1998. Il est vrai que Zinedine Zidane avait sous la main ce qui se faisait de mieux, tant collectivement qu’individuellement : le meilleur joueur du monde du moment, l’une des meilleures paires de milieux, le meilleur défenseur central, le meilleur arrière gauche… Et cette saison, quand le Real a flanché en Espagne, on a compris que l’entraîneur français allait enfin passer à l’épreuve du feu.

Le Parc des Princes en était une, assurément. Il en est sorti sans même le début d’une brûlure. Car le succès merengue mardi soir, c’est en grande partie celui de son coach. Ce n’est pas face au Real Madrid que le PSG s’est incliné en donnant l’impression de ne pas pouvoir rivaliser. C’est contre un Real sans Toni Kroos, sans Luka Modric et sans Gareth Bale. Au coup d’envoi, Zinedine Zidane avait choisi (volontairement ou forcé par la forme physique de chacun) de se priver de trois de ses meilleurs joueurs. D’envoyer au feu des joueurs sans grande expérience des matchs de Ligue des Champions, comme Lucas Vazquez et Matteo Kovacic. Le résultat ? Une réussite sur toute la ligne. Son changement de système, avec ce passage en 4-4-2 à plat, a décontenancé les Parisiens. « En mettant Lucas (Vazquez) et Marco (Asensio) le but était d’avoir deux lignes de quatre avec deux joueurs sur les côtés pour défendre. Ils ont aidé les latéraux et l’ont bien fait », a expliqué ZZ en conférence de presse mardi soir. Non seulement, le Real Madrid est parvenu à réduire les espaces, mais en plus il a su faire bloc et donner une impression de force collective insubmersible. Kylian Mbappé et Angel Di Maria n'ont quasiment jamais pu se retrouver en un contre un dans leur couloir. Or le jeu parisien en dépend largement. « Tactiquement on a fait ce que j’attendais. A l’arrivée, ce sont les joueurs qui sont convaincus de ce qu’on peut faire pour gagner le match. La clé de tout cela, c’est croire en ce que nous faisons. »

Et tout était minutieusement préparé. Depuis le 8eme de finale, sans Modric et Kroos coincés à l’infirmerie, le double champion d’Europe en titre a répété ses gammes en 4-4-2. Avec Matteo Kovacic titulaire trois fois sur quatre. Pour monter en régime, prendre de l’assurance, et s’assurer de la fiabilité de l’ancien Milanais. Se rend-on compte de ce que représente pour un entraîneur d’envoyer Kroos, Modric et Bale sur le banc pour le match le plus important de sa saison jusqu’à présent ? Ne faut-il pas là une aura exceptionnelle pour se permettre ce genre de choix ? Zinedine Zidane a pour lui cette capacité à prendre n’importe quelle décision sans qu’elle ne se transforme en fronde de vestiaire. Cet homme-là a une bonne étoile, c’est évident. Mais il n’y a pas que ça.

Vous êtes responsable des propos que vous publiez.
Merci de respecter nos CGU