PSG : Tuchel craint un surplus de confiance

PSG : Tuchel craint un surplus de confiance©Media365

Rédaction , publié le mardi 05 novembre 2019 à 17h30

A la veille de la réception du Club Bruges, Thomas Tuchel a évoqué la situation parisienne en Ligue des Champions. L'entraîneur du PSG a voulu nuancé le statut de favori de sa formation pour éviter un surplus de confiance qui pourrait faire des dégâts.



Thomas Tuchel, avez-vous débriefé la défaite du PSG à Dijon vendredi (2-1) avec vos joueurs et surtout avec Leonardo, qui paraissait très agacé après la rencontre ?

Ce n'est pas possible de trouver une personne dans le bus ou dans l'avion qui n'était pas déçue. Si on perd un match comme ça contre le dernier, c'est toujours très difficile à accepter. C'était nécessaire de prendre deux jours. On a parlé avec les joueurs, tactiquement et de la mentalité, comment on a commencé ce match. En jouant deux mi-temps différentes comme ça, on a donné l'occasion que les choses puissent se passer comme ça. Mais nous ne sommes pas la première équipe à perdre un match en étant favoris, ni la dernière. Ça peut se passer dans le football, mais ça ne se serait pas passé si on avait joué tout le match comme la deuxième période. On déteste perdre, nous n'y sommes pas habitués. Mais on est aussi une équipe qui peut perdre contre Dijon un vendredi soir. On doit s'améliorer et apprendre. C'était nécessaire d'en parler de manière critique, et honnêtement. C'est notre responsabilité. C'est peut-être une autre bonne leçon pour nous.


Avec une victoire mercredi contre Bruges, le PSG serait déjà qualifié pour les 8emes de finale de la Ligue des Champions. Est-ce une formalité pour vous ?

On a eu des difficultés avec Bruges pendant la première période avec leur pressing très haut et avec le jeu qu'ils ont produit. Ils ont joué avec beaucoup de courage, très agressifs. On a eu besoin de beaucoup de temps pour s'adapter. C'était une victoire méritée à la fin, extraordinaire avec cinq buts. C'est un match pour s'améliorer demain (mercredi). J'espère que nous sommes préparés. On a fait une réunion tactique et un entraînement pour être prêts pour toutes les situations. Si nous sommes capables de montrer notre mentalité, on a la possibilité de gagner et la conséquence peut être que nous serons qualifiés. On peut seulement contrôler notre performance.

Tuchel : « On doit respecter le jeu et l'adversaire »

Vous attendez-vous à une équipe de Bruges aussi ambitieuse qu'à l'aller ?

J'ai vu Bruges à Madrid, ils étaient très courageux et très hauts pour récupérer le ballon dans le camp adverse, ils ont marqué deux buts, c'était très impressionnant. C'était plus courageux et agressif contre nous à Bruges. On a eu la capacité de s'adapter, de mettre cinq buts. C'est une équipe très courageuse. C'est leur style de faire un pressing très haut sur le terrain. Je m'attends à ce qu'ils essayent demain, parce qu'ils n'ont rien à perdre, au moins quelques minutes. Ce n'était pas possible de le faire 90 minutes à Santiago-Bernabéu. Ça dépend de notre qualité, de notre précision. On doit être très attentifs, préparés pour toutes les situations. C'est une équipe très agressive. Ils sont un peu fous, un peu bizarres, pas complètement structurés avec le ballon. Mais parfois ils jouent en un-contre-un sur tout le terrain, c'est extraordinaire. On doit prendre des décisions très vite.

Le risque n'est-il pas justement de la démobilisation après le carton du premier match ?

Si on joue avec trop de confiance, comme s'il ne pouvait rien se passer, tout peut se passer. J'ai toujours confiance en mon équipe parce qu'elle a montré maintes fois qu'elle est capable de jouer sérieusement à un niveau très haut. Si tout le monde regarde seulement le résultat, c'était 5-0, mais on a eu beaucoup de difficultés, c'était très compliqué pendant quelques minutes. Bruges a un style vraiment particulier, c'est difficile de s'y adapter, pour contrôler le match et les contre-attaques. Il faut être vraiment intelligent. Je suis convaincu que nous en sommes capables. On doit respecter le jeu et l'adversaire. On doit le faire dans chaque compétition, sans doute en Ligue des Champions.

Tuchel : « 'Fideo' doit avoir une relation proche »

Angel Di Maria est un joueur particulièrement sensible, avec qui vous entretenez une relation particulière pour qu'il donne sa pleine mesure...

Je connais beaucoup de joueurs qui sont comme ça. Il y a des joueurs qui n'ont pas besoin d'un coach très proche, qui jouent avec beaucoup de confiance presque tous seuls. « Fideo » doit avoir une relation proche où il peut vraiment sentir la confiance et après il est capable de faire des choses décisives pour nous. Ce n'est pas ma responsabilité, c'est son crédit. Il était professionnel, extraordinaire, toujours prêt pour travailler pour les autres, super fiable lors des premiers entraînements avec nous. C'est plus facile après de pousser et de donner des responsabilités à un joueur. C'est aussi possible de le critiquer s'il fait des choses qu'on n'aime pas.

Quel regard portez-vous sur la relation technique en constant développement entre Di Maria et Kylian Mbappé ?

Ce sont des joueurs extraordinaires et ils peuvent toujours jouer ensemble. Il y a un gaucher et un droitier. Ils ont joué ensemble beaucoup, ils se sont toujours entraînés ensemble. C'est le défi pour les deux de créer des choses ensemble. Ils aiment jouer dans des demi-espaces, côte à côte. S'ils marquent beaucoup, s'ils font beaucoup de choses décisives, s'ils se trouvent beaucoup, c'est bien pour l'équipe. C'est aussi nécessaire qu'ils s'adaptent au style de notre équipe.

Tuchel : « Je perds le sommeil quand nous jouons mal »

Avec les soucis rencontrés par les grands clubs européens, vous dites-vous que c'est la bonne saison pour remporter la Ligue des Champions ?

Chaque saison est idéale pour la gagner (sourire). C'est novembre. Aucune équipe n'a gagné la Ligue des Champions en novembre. Le Real Madrid a fait beaucoup de choses en Ligue des Champions, mais ne l'a jamais gagnée en novembre ou en décembre. On doit rester sur le terrain, modestes, et ne pas trop penser à gagner. Pour nous, c'est un grand défi de gagner le groupe.

Vous gagnez beaucoup d'argent et avec cela va de grandes responsabilités, à savoir gagner la Ligue des Champions. Arrivez-vous à trouver le sommeil la nuit ?

Je sais que je gagne beaucoup d'argent et c'est un grand privilège, de travailler dans le football. Le jeu est l'un de mes meilleurs amis. C'est un grand cadeau. Ne le dites pas, mais peut-être que je travaillerais gratuitement. Il y a beaucoup d'attentes, mais nous devons aussi faire attention. Pas pour nous protéger, mais si chacun s'attend à gagner la Ligue des Champions, ça fait beaucoup de déçus, il n'y en a qu'un chaque année. Je perds le sommeil quand nous jouons mal, quand je cherche une solution. C'est important de le faire étape par étape et de ne pas mettre la plus grande pression sur notre équipe. Il faut avoir de la chance, avoir le momentum, une décision arbitrale, comme Manchester City contre Tottenham, avec un hors-jeu d'une dizaine de centimètres. C'est parfois dur à accepter, mais il y a une part de chance.

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