Non, le Celtic Glasgow n'est plus un ogre européen

Non, le Celtic Glasgow n'est plus un ogre européen©Media365

Geoffrey Steines, publié le mardi 12 septembre 2017 à 08h52

De prime abord, le déplacement du PSG au Celtic Park mardi pour y défier le sextuple champion d'Ecosse en titre a tout du piège pour les Parisiens. Mais il y a bien longtemps que les Bhoys ne font plus trembler grand monde sur la scène européenne, même à domicile.

Le PSG n'arrive pas en terrain conquis et il l'a bien fait sentir. Il faut dire que six mois après l'impensable « remuntada » subie à Barcelone, les Parisiens ont certainement retenu la leçon d'humilité. Alors la traditionnelle conférence de presse de veille de match de Ligue des Champions a donné l'occasion à Unai Emery et Thiago Silva de faire profil bas avant d'affronter le Celtic Glasgow mardi (20h45) pour l'entrée du club de la Capitale dans l'édition 2017-18 de la compétition. « Un match difficile », « une grande équipe habituée à gagner », « un beau défi », « beaucoup de respect », « le Celtic très fort à domicile » : l'entraîneur du PSG et son capitaine ont multiplié les courbettes à destination de leur hôte de la semaine. Mais les Bhoys, comme ils sont surnommés, vivent surtout sur leur réputation et celle de leur Celtic Park, antre aussi bouillante que bruyante où les soirées européennes prennent un relief unique.
Deux victoires de prestige qui masquent mal le désert
Parce que depuis des années, le sextuple champion d'Ecosse en titre ne rivalise plus avec les meilleurs. Il a bien réussi des coups en phase de groupes, comme quand il a terrassé à la dernière minute un Milan AC champion d'Europe en titre en 2007 (2-1) ou réussi le hold-up parfait face au FC Barcelone en 2012 malgré moins de 30% de possession de balle (2-1). Mais ce sont de beaux arbres qui cachent une forêt aride, quasi désertique. Vainqueur de la Coupe d'Europe des clubs champions en 1967 contre l'Inter Milan (2-1), le Celtic n'a jamais atteint ne serait-ce que les huitièmes de finale de sa version moderne. Pour retrouver trace d'un quart européen, il faut remonter à 2003-04 et une élimination contre Villarreal en Coupe UEFA, un an après une défaite en finale de cette même compétition face au FC Porto (2-3). Depuis, c'est le néant, ou presque. Pour preuve, il n'a remporté qu'un seul de ses 14 derniers matches de Ligue des Champions (3 nuls, 10 défaites), en octobre 2013 contre l'Ajax Amsterdam (2-1).
Même Rodgers n'y arrive pas en C1
Même le Celtic Park n'est plus une citadelle imprenable, loin de là. Les locaux n'y ont plus gagné une rencontre européenne hors des tours préliminaires depuis 2014-15, et des succès poussifs contre le Dinamo Zagreb (1-0) ou l'Astra Giurgiu (2-1) en phase de groupes de la Ligue Europa. Mais les Ecossais, qui restent sur 19 sorties sans clean-sheet en Ligue des Champions (43 buts encaissés sur la période), veulent croire en leur chance. « C'est une question d'attitude et de mentalité, a soufflé lundi en conférence de presse Brendan Rodgers, qui n'a gagné qu'un seul de ses 12 matchs de groupe de Ligue des Champions disputés comme entraîneur. Il faudra mettre autant de pression que possible, être très bien organisé et ne pas être intimidé. (...) Si vous n'élevez pas votre niveau face à des joueurs de première classe, ils vous montreront pourquoi ils sont en première classe. (...) Les yeux du monde entier seront tournés vers nous. J'ai hâte d'y être. » Au-delà de détonner dans l'histoire récente du Celtic, l'exploit aurait en effet une résonance internationale, pour la première de Kylian Mbappé et Neymar en Ligue des Champions avec le PSG.
Dani Alves a connu le Celtic-Barça de 2012
Surtout que le Brésilien a pris l'habitude de martyriser les Bhoys, auxquels il a passé quatre buts et six passes décisives en seulement quatre confrontations. Mais ce statut de « bête noire » et celui de joueur le plus cher de l'histoire du football mondial ne lui seront d'aucun secours une fois sur le terrain. « Mais peu importe combien tu coûtes, nous sommes tous égaux sur le terrain », a souligné Olivier Ntcham. Le milieu français a d'ailleurs une petite idée derrière la tête sur la façon de faire mal aux Parisiens. « Pour moi, ils sont exceptionnels quand ils ont la balle. Mais on pourra les contrer à la perte. » Exactement ce que le Celtic avait fait pour venir à bout il y a cinq ans du grand Barça de Lionel Messi, Andrés Iniesta ou Xavi. Il y avait aussi Dani Alves sur le terrain ce soir-là. Il le sera encore mardi, sous le maillot du PSG. Une caution pour éviter de revivre pareil désagrément, tant il ferait tâche dans un été parisien jusque-là parfait.

Vous êtes responsable des propos que vous publiez.
Merci de respecter nos CGU