Monaco : Kovac et Aguilar reviennent sur les cris racistes à Prague

Monaco : Kovac et Aguilar reviennent sur les cris racistes à Prague©Media365
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Thomas Siniecki, Media365 : publié le mercredi 04 août 2021 à 17h21

Aurélien Tchouaméni a été la cible d'insultes racistes mardi, après avoir marqué le premier but monégasque sur la pelouse du Sparta Prague (0-2, troisième tour préliminaire aller de C1). Que s'est-il réellement passé ?



La victoire de l'AS Monaco, mardi sur le terrain du Sparta Prague pour le compte du troisième tour préliminaire aller de Ligue des Champions (0-2), a malheureusement été marquée par des cris racistes à l'encontre d'Aurélien Tchouaméni, lorsque celui-ci a ouvert le score en fin de première période. Et rebelote au coup de sifflet final... "Nous sommes tous abattus de constater qu'au 21eme siècle, ce genre d'événement arrive encore sur un terrain de football ou dans la société, regrettait, dépité, le coach Niko Kovac en conférence de presse. On est tous égaux et tous là pour jouer au football, je suis très fier de mes joueurs car on a eu la bonne réaction. Je leur ai dit qu'on était là pour jouer, qu'ils étaient heurtés et que c'était très difficile à comprendre, que c'était irrecevable, mais qu'on devait continuer."

Après le but, les Monégasques sont allés au centre du terrain, vers leur coach, afin de demander l'arrêt du match. Visiblement, l'arbitre M. Oliver leur a signifié qu'il enclenchait la procédure, à savoir la diffusion d'un message sur les écrans géants et l'arrêt de la rencontre en cas de récidive. Ruben Aguilar a relayé son point de vue (sur le site du club) : "Il y a eu des cris. Immédiatement, il a compris. Ce n'était pas le seul. Il est allé voir le banc et s'est plaint. On était tous solidaires. Ces choses nous touchent tous. Elles n'ont rien à faire dans le sport et dans la société. A la mi-temps, les esprits se sont calmés. Le coach a parlé. Il a dit que la meilleure façon de répondre était sur le terrain, comme on l'a fait. Mais je suis attristé que des choses comme ça se passent de nos jours."

Aguilar : "On a souhaité rendre fier notre coéquipier"

L'international français estime qu'il est "compliqué d'arrêter un match", en tout cas dans la situation précise de l'ASM mardi soir : "On a souhaité continuer et rendre fier notre coéquipier, qui a activé le mode machine pour leur répondre de la meilleure des façons. Je le félicite. Il est jeune et a montré tout son talent par une prestation énorme. Chapeau à lui et à l'équipe. On a tous été solidaires. C'est une bonne chose. A la mi-temps, c'était compliqué. Les mots du coach ont pesé. On est restés solidaires. On s'est tous poussés vers le haut."

"On a gagné sur le terrain, mais également contre le racisme, poursuit Niko Kovac. C'est le message le plus important, tout comme il est aussi important de rappeler que ce n'est qu'une minorité qui est coupable. On a discuté à la mi-temps avec l'arbitre et le coach du Sparta, je lui ai dit qu'il n'était pas responsable mais qu'on méritait du respect. J'espère que ça n'arrivera plus jamais."


Le technicien croate a enfin parlé de son discours à la pause : "J'ai le devoir, en tant que coach et être humain, de calmer l'atmosphère et les esprits dans le vestiaire. On était vraiment très tristes, les joueurs discutaient entre eux. Il n'y a rien de plus blessant que les mots ou ces cris, ça peut faire plus mal qu'un coup au visage... Un coup, ça fait mal une journée, mais les mots restent longtemps, comme une cicatrice. J'aimerais savoir ce que ces personnes ressentiraient si elles subissaient la même chose. Les joueurs ont vraiment été admirables."

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