Lyon bête noire des gros ? A Barcelone, cet argument ne comptera pas

Lyon bête noire des gros ? A Barcelone, cet argument ne comptera pas©Media365

Arthur Merle, publié le mercredi 13 mars 2019 à 08h00

Lyon se déplace au Camp Nou mercredi soir, en huitième de finale retour de Ligue des Champions, avec le légitime espoir de créer un nouvel exploit, après le nul (0-0) du match aller. Mais dans l'antre du Barça, l'OL part de beaucoup plus loin encore que face à Manchester City ou au PSG.

Une victoire sur la pelouse de Manchester City (2-1) en septembre. Puis un match nul contre les Citizens (2-2) en novembre. Et, comme si cela ne suffisait pas, un succès de prestige face au PSG (2-1) - la première défaite du club francilien en Ligue 1 cette saison - en février. Lyon est une véritable machine à exploits. Une réputation façonnée depuis plusieurs saisons, à défaut de s'améliorer dans la régularité sous Bruno Genesio. Mais au moment d'aborder le déplacement au Camp Nou mercredi soir, en huitième de finale retour de Ligue des Champions, les Gones ont certainement conscience qu'il leur faudra un peu plus - voire beaucoup - pour éliminer le Barça chez lui. Du moins, on l'espère pour eux. Car à force de rabâcher que « Lyon est fort contre les gros », les hommes de Bruno Genesio pourraient peut-être être tentés d'y croire un peu trop. Mais ce serait oublier que le club catalan n'est pas un gros comme les autres.

Le faux exemple du match aller contre le Barça

Le match nul (0-0) obtenu au Groupama Stadium lors du premier acte de ce huitième de finale fait, à juste titre, partie des résultats mis en avant pour y croire entre Rhône et Saône. Après tout, on ne force pas les Blaugrana à rester muets tous les week-ends. Mais il ne faudrait pas trop vite oublier le contenu. Jamais les Rhodaniens n'avaient subi autant de tirs (25) lors d'une affiche de gala cette saison. Si Ousmane Dembélé ou encore Luis Suarez n'ont pas trouvé la faille, cela a parfois relevé du miracle, même si l'OL aussi a eu les occasions pour marquer. Dans le jeu, les hommes de Genesio ne pourront pas se permettre de laisser autant d'espaces à leur adversaire, ni d'être aussi fébriles dans les transitions défensives. Cela passera notamment par des ajustements dans l'entrejeu, grâce au choix du système, des hommes (Tousart titulaire ?) ou des deux. Les hommes, d'ailleurs, ne seront pas tout à fait les mêmes du côté du Barça. Si Dembélé pourrait déclarer forfait, Arthur va lui retrouver sa place dans l'entrejeu, où il sera sans aucun doute plus influent que Sergi Roberto.

Le Camp Nou ne réussit (vraiment) pas à l'OL

Un entrejeu qui, sur la grande pelouse barcelonaise, aura la mainmise sur cette rencontre, certainement plus qu'au match aller. Sans une prestation XXL, les Gones pourraient vite se retrouver étouffés. C'est l'histoire qui le dit. Au Camp Nou, ils n'ont trouvé la clé ni en poules, en 2001 (2-0) et 2007 (3-0), ni en huitièmes de finale retour en 2009 (5-2) après un encourageant 1-1 à Gerland. Les Gones ont même très peu eu le temps d'y croire lors de ces trois rencontres, ayant pris au moins un but dans la première demi-heure lors de leurs deux derniers déplacements en Catalogne. Et puis, comment ne pas évoquer Lionel Messi ? Moins influent qu'à l'accoutumée au match aller, du moins aux abords de la surface d'Anthony Lopes, l'Argentin n'a pas pour habitude de se faire discret durant deux matchs de suite. On pourrait repasser en revue toutes ses qualités. Mais quel intérêt ? Se dire qu'il sera là est suffisant. La Pulga, trois buts contre Lyon en carrière, sera le facteur X - et bien plus encore - que Manchester City ne possède pas vraiment, et dont Paris était en partie privé avec la blessure de Neymar.

Lyon devra compter sur l'irrationnel

Il n'est évidemment pas question d'enterrer avant l'heure une formation lyonnaise disposant de grands talents à toutes les lignes. Collectivement, il n'est d'ailleurs pas si risqué d'avancer que le club du président Jean-Michel Aulas sera capable de rivaliser sur 90 minutes ou plus. Mais il faudra ce gros plus pour réaliser l'exploit. Il pourrait être d'ordre individuel - Nabil Fekir est attendu comme le héros rhodanien. Il pourrait également résider dans l'irrationnel. Celui qui avait permis à l'AS Rome de refaire son retard en quart de finale retour (1-4, 3-0) la saison dernière. Car oui, le Barça d'Ernesto Valverde est loin d'être le plus redoutable de l'histoire du club. À Lyon de s'engouffrer dans la moindre brèche, comme il l'avait fait face au Real Madrid en 2010 (1-0, 1-1)...

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