Ligue des Champions : Sous-coté et pourtant talentueux, Heynckes sera regretté

Ligue des Champions : Sous-coté et pourtant talentueux, Heynckes sera regretté©Media365

Geoffrey Steines, publié le mardi 01 mai 2018 à 08h55

Jamais Jupp Heynckes n'est cité parmi les meilleurs entraîneurs d'Europe. Parce qu'il sort d'une retraite de plus de quatre ans et qu'il y retournera à l'issue de la saison, pour de bon cette fois.

Parce qu’il ne laissera pas une grande trace dans l’évolution du jeu et s’est démarqué davantage par son pragmatisme que par ses innovations tactiques. Aussi parce que sa carrière de technicien n’a rien d’un long fleuve tranquille. Elle s’assimile davantage à une litanie de petits boulots dans des grands clubs, où il passait rarement plus de deux saisons d’affilée, quitte à y revenir plusieurs fois (quatre passages au Bayern Munich, deux au Borussia Mönchengladbach ou à l’Athletic Bilbao). Il avait pourtant passé huit ans sur le banc du Borussia Mönchengladbach à ses débuts, enchaîné sur quatre saisons consécutives au Bayern. Mais Heynckes s’est durci avec l’âge. Il a gagné en intransigeance et en exigence ce qu’il a perdu en patience, probablement.

Deux triplés de suite pour Heynckes ?Il n’est pas homme à bâtir, à construire sur le long terme. A l’instar d’un José Mourinho, il veut des résultats, tout de suite, et ne s’embarrasse de rien qui pourrait entraver sa mission. Une méthode qui fonctionne à merveille, comme il l’a encore prouvé cette saison. Il a redressé une équipe en plein doute au début de l’automne et un vestiaire miné de l’intérieur pour en faire un demi-finaliste de Ligue des Champions, vainqueur de la Bundesliga à cinq journées de la fin et finaliste de la Coupe d’Allemagne. Il pourrait ainsi devenir le tout premier entraîneur de l’histoire du football européen à enchaîner deux triplés Coupe-Championnat-C1, même s’ils seraient en fait séparés de cinq ans. Un exploit majuscule, quand Carlo Ancelotti, triple vainqueur de la Ligue des Champions comme coach, avait perdu la main sur le groupe. « Tous les joueurs l’aiment, soufflait le président Karl-Heinz Rummenigge en janvier au sujet d’Heynckes. L’ambiance au club est sereine. Nous serions très mal inspirés de le laisser partir sans nous battre. »

Quatre finales en quatre participations à la Ligue des Champions ?Le vieux sage de bientôt 73 ans ne s’est pas laissé tenter par la perspective de rempiler pour une saison de plus et cédera sa place sur le banc à Niko Kovac pendant l’intersaison. Avant cela, il a un dernier défi à relever : renverser le Real Madrid en demi-finale retour de la Ligue des Champions mardi (20h45) et disputer une quatrième finale dans la compétition… en autant de participations comme entraîneur ! Heynckes l’a remportée en 1998 avec les Merengue et en 2013 avec le Bayern, finaliste l’année précédente. Il détient même le record de victoires consécutives en Ligue des Champions, avec 12 à cheval sur la saison 2012-13 et celle en cours. Et pourtant, il reste cet entraîneur sous-coté, dont personne ne parle ou presque, loin des stars médiatiques que sont devenus les coachs de la nouvelle génération. Le secret le mieux gardé du Bayern, il est ainsi sur son banc. Le problème, c’est que ce n’est pas un secret pour le Real.

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