Ligue des Champions - Real Madrid : Fragile en Liga, impérial en Coupe d'Europe... Les deux facettes du Real

Ligue des Champions - Real Madrid : Fragile en Liga, impérial en Coupe d'Europe... Les deux facettes du Real©Media365
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Julien Pereira, publié le mercredi 25 avril 2018 à 08h49

Fragile en Liga, où il n'est que troisième, le Real Madrid est pourtant le favori à sa propre succession en Ligue des Champions. Comment expliquer cette nuance ? Tentatives de réponse.

Parce que le Real Madrid a perdu la Liga très tôtLe Real Madrid a vite compris qu'il ne pourrait pas conserver son titre en Liga. Parce qu'il a très mal débuté l'exercice, d'abord, en concédant deux nuls face à Valence (2-2) et Levante (1-1) lors des trois premières journées, et en s'inclinant très vite, à domicile (0-1) face au Betis Séville, lors de la cinquième manche. Ensuite parce qu'il s'est laissé distancé par le FC Barcelone, dans des proportions gigantesques. Au soir du Classico, perdu lourdement au Bernabeu (0-3) face au FC Barcelone, le 23 décembre dernier, les Merengue accusaient déjà 14 points de retard sur son ennemi catalan. Un débours qui, même s'il n'avait pas été jugé irréversible à ce moment-là, a très vite convaincu Zinédine Zidane et sa direction de concentrer les forces sur la Ligue des Champions.Parce que Zinédine Zidane joue avec un groupe restreintTout a été dit ou presque sur les qualités managériales de Zinédine Zidane. Mais elles n'ont pas toujours été mises en perspective. Car si le technicien français est un formidable meneur d'hommes, c'est aussi parce qu'il se concentre sur un noyau restreint. Voilà pourquoi, au XXIeme siècle, le Real Madrid n'a jamais aussi peu recruté que depuis son arrivée. Voilà pourquoi les départs de joueurs importants comme Alvaro Morata, James Rodriguez ou Pepe n'ont été compensés que par des solutions internes ou à moindre coût. Cette saison, seulement 15 Madrilènes ont cumulé un temps de jeu supérieur à 1000 minutes en Liga. A titre de comparaison, le Bayern en compte 18 et Liverpool 19.Parce que Cristiano Ronaldo doit s'y concentrerIl a beau être un bourreau de travail, avoir le physique d'un joueur de 23 ans, un indice de masse grasse dépassant à peine 7% et une masse musculaire atteignant les 50% -comme l'ont révélé des tests médicaux effectués par les médecins du Real Madrid- Cristiano Ronaldo ne peut rien contre l'usure liée au poids des années. Pour endiguer le problème, Zinédine Zidane a décidé de trancher dans le temps de jeu qu'il lui a accordé en Liga, puisque CR7 n'y a joué que 25 des 33 journées. Ce choix a permis au Portugais d'entamer le printemps européen dans sa meilleure forme, et, par effet papillon, a renforcé son leadership. Ainsi surmotivé, le quintuple Ballon d'Or est capable de porter son équipe à bout de bras, comme il l'a fait en huitième de finale face au Paris Saint-Germain ou au tour suivant face à la Juventus.Parce que c'est son ADNTout n'est pas quantifiable, et le football est aussi animé par des exploits basés sur une part de mémoire, d'histoire, de mysticisme. C'est probablement la seule et unique manière de justifier l'étroit lien qui unit le Real Madrid à la Ligue des Champions, si durable mais surtout si solide, même lorsque La Casa Blanca n'est pas la meilleure équipe d'Europe. Les Merengue ont décroché la timbale à 12 reprises. Un total qui est aussi la somme des couronnes décrochées par les deux autres équipes qui suivent le mastodonte espagnol au palmarès, à savoir le Milan AC (7) et le Bayern Munich (5). Avec tous ces sacres, le Real a appris et surtout retenu les différentes façons d'aborder et de jouer des rencontres à très fort enjeu.Parce qu'il peut écrire une nouvelle page d'histoireLa saison dernière, le Real Madrid a décroché un deuxième titre européen consécutif et c'était un véritable exploit. Pourquoi ? D'abord parce qu'un tel parcours réclame une réussite sportive rarissime, ensuite parce qu'il demande énormément d'exigence mentale. Beaucoup d'équipes dominantes sur des périodes plus ou moins longues n'ont jamais réussi à doubler la mise. Le FC Barcelone en est un exemple récent. Ces échecs ont souvent été justifiés par un manque de volonté. Lorsqu'une équipe atteint le sommet de l'Europe, qui lui est impossible d'aller plus haut, il lui est difficile de trouver la motivation et les ressources psychologiques nécessaires pour rééditer l'exploit la saison suivante. C'est la raison pour laquelle le Real a peut-être fait le plus dur en 2017. Car cette saison, l'inspiration est toute trouvée : depuis que la Ligue des Champions est ainsi nommée, aucune équipe n'a réussi à aligner trois sacres. En C1, seules trois équipes restées dans la mémoire collective y sont parvenues : le Real Madrid de Di Stefano et Kopa (1956 à 1960), l'Ajax de Cruyff et le Bayern Munich de Beckenbauer.

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