Ligue des Champions - PSG : Layvin Kurzawa, sur un air de revanche

Ligue des Champions - PSG : Layvin Kurzawa, sur un air de revanche©Media365
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Geoffrey Steines, publié le mercredi 01 novembre 2017 à 08h30

Layvin Kurzawa est devenu mardi contre Anderlecht le premier défenseur à claquer un triplé en Ligue des Champions (5-0). Une performance nourrie par un orgueil touché par les récentes critiques et possiblement un premier pas vers la rédemption au sortir d'une mauvaise passe.



DE NOTRE ENVOYE SPECIAL AU PARC DES PRINCES

Layvin Kurzawa était d'humeur boudeuse mardi. Les trois premiers buts de sa carrière en Ligue des Champions, contre Anderlecht (5-0), le latéral du PSG les a fêtés avec une pensée pour ses détracteurs plutôt que de les savourer pleinement. Un doigt posé sur la bouche, une danse avec le poteau de corner, un retour direct dans son camp : ses célébrations ont donné le sentiment qu'il avait un message à faire passer. Comme son passage éclair par la zone mixte du Parc des Princes après la rencontre, sans même un regard pour les journalistes qui attendaient avec délectation d'entendre les mots du héros du soir. Seul beIN Sports a eu ce plaisir  : « Tout le monde peut être content ce soir (mardi). On a gagné 5-0, on a fait un gros match devant nos supporters. A nous de continuer comme ça. Je marque un triplé, grâce à mes coéquipiers. Je suis très content, j'ai repris un peu de confiance et j'espère que ça va continuer. » 30 secondes chrono, plus de temps de parole pour la journaliste en deux questions que pour Kurzawa en deux réponses : le principal intéressé a expédié sa communication.
Areola : « Il répond très bien »
L'international français, touché dans son orgueil, n'avait pas envie d'en rajouter, contrairement à plus tôt sur le terrain. Pas une première pour lui, après l'épisode suédois avec les Espoirs. « On est contents pour lui, parce qu'il se fait beaucoup critiquer, a lancé Alphonse Areola. Il répond très bien. » « C'est bien pour lui, a confirmé Adrien Rabiot. Ça fait un moment qu'il n'avait pas marqué, ça prouve qu'il y a un gros potentiel offensif dans cette équipe. Un latéral qui marque trois buts dans un match, ça n'arrive pas tous les jours. » Mieux que ça, ça ne s'était jamais produit dans l'histoire de la Ligue des Champions. Quelques instants après le coup de sifflet final, Kurzawa a couru récupérer le ballon du match, comme le veut la tradition après un hat-trick, non sans avoir profité de la communion avec des supporters visiblement épargnés par son courroux. Ils ne s'étaient pourtant pas privés de le conspuer à son remplacement par Yuri Berchiche contre Lyon à la mi-septembre (2-0). L'ancien Monégasque était alors dans le dur, enchaînant les prestations indigentes en club comme en sélection.
Marqué par les départs de Matuidi et Aurier
Il n'était plus lui-même. Il était plus dilettante défensivement, tout en peinant à faire fructifier ses nombreux débordements à force de centres ratés et de gestes sans conviction. Il était comme éteint, sans joie. Marqué par le départ cet été de Blaise Matuidi et de Serge Aurier, deux de ses grands potes dans le vestiaire parisien, Kurzawa semblait ne prendre aucun plaisir sur le terrain et n'en procurait pas davantage. Mais il était métamorphosé mardi. Déjà à Marseille il y a une dizaine de jours (2-2), il avait fait partie de la petite colonie de Parisiens à avoir surnagé dans le marasme. Il avait bien tenu son couloir face à Florian Thauvin, était apparu concentré comme rarement depuis le début de la saison et s'était projeté avec gourmandise. Résultat, il s'était procuré des occasions à foison et s'était rendu décisif en initiant l'action de l'égalisation conclue par Neymar. Avec le Brésilien justement, sa complicité s'affine de match en match et a sauté aux yeux mardi face à Anderlecht, particulièrement en première période. Elle passe néanmoins au second plan, loin derrière son improbable triplé.
Sur la sellette pour se remettre sur le bon chemin
Kurzawa est certes un défenseur qui a pour habitude de marquer régulièrement (18 réalisations en 157 matchs pros). Mais il l'avait perdue, après avoir bluffé son monde en marquant trois buts lors des trois premiers matchs officiels dirigés par Unai Emery au PSG. Le technicien basque devait alors être l'homme qui allait permettre au numéro 20 parisien de franchir un cap, de s'installer pour de bon dans le couloir gauche des Bleus. Une pubalgie et Benjamin Mendy étaient ensuite passés par là, un vrai passage à vide aussi. Si Kurzawa a reconnu qu'il avait « repris de la confiance », c'est qu'il avait bien conscience qu'il y avait un souci quelque part. Le renouveau reste à confirmer, mais il arrive au moment où la concurrence de Berchiche menaçait sa place de titulaire et son statut chez les Bleus était remis en cause. Peut-être que Kurzawa avait besoin de ça, de se sentir sur la sellette, d'être animé par un sentiment d'urgence et par une soif de revanche sur les critiques. Ce sont des carburants comme les autres. Le PSG et l'équipe de France ne s'en plaindront pas s'ils le remettent sur le bon chemin.
 
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