Ligue des Champions - PSG / La question brûlante : Ce PSG a-t-il perdu toute crédibilité ?

Ligue des Champions - PSG / La question brûlante : Ce PSG a-t-il perdu toute crédibilité ?©Media365

Rédaction , publié le mercredi 07 mars 2018 à 00h15

Le PSG n'a jamais entretenu sur le terrain mardi contre le Real Madrid (1-2) l'engouement qu'il avait fait en sorte de créer ces derniers jours. Un rendez-vous manqué de plus pour le club version QSI. Celui de trop ? C'est la question brûlante de Foot365.

A force, il n'y aura plus personne pour y croire. Le PSG débute chaque saison européenne depuis six ans dans la peau d'un outsider crédible, prêt à se faire une place parmi le gratin avec un grand parcours en Ligue des Champions. Histoire de s'imposer pour de bon parmi les clubs qui comptent. La litanie dure depuis 2012 et le retour en C1, mais personne ne voit rien venir. Trop, c'est trop. Le crédit parisien est épuisé et remettre une pièce dans la machine, ou même un gros chèque, ne suffira pas. Ça ne suffira plus. Quand le projet devrait monter en puissance, après avoir dépensé 400 millions d'euros l'été dernier pour recruter un potentiel futur Ballon d'Or et la nouvelle pépite du football mondial, la réalité est toute autre. Ce n'est même pas qu'il n'avance plus, il recule, saison après saison, avec une deuxième élimination de suite en 8emes de finale de Ligue des Champions.Une leçon gênante pour le PSGL'arbitrage la saison passée, le tirage au sort cette fois-ci : il y a toujours une bonne excuse. La vérité, c'est que le PSG est encore loin du niveau de ceux qu'il veut concurrencer à terme. Très loin même, et à tous les niveaux. Sur le terrain, et c'est ce qui reste le plus important. Il y avait un gouffre physique, technique et tactique entre le PSG et le Real Madrid ce mardi (1-2). Un écart abyssal inimaginable après le match aller, qui avait fait naître les espoirs les plus fous. Bien évidemment, l'absence de Neymar a pesé, certainement plus que ce que la forme d'Angel Di Maria et la réussite de Kylian Mbappé jusque-là en Ligue des Champions ne laissaient supposer. Mais Paris a pris une leçon d'une telle ampleur que c'en était gênant. A part un quart d'heure au carrefour des deux périodes, jamais le PSG n'a su comment imposer une quelconque pression à un double champion d'Europe en titre qui a joué dans un fauteuil.Un mal profond dans le vestiaireEmballer le match était le minimum requis, surtout après avoir fait la température avec une communication tapageuse qui avait fait en sorte de créer un engouement. Le soufflet est trop vite retombé, malgré le concours d'Ultras qui ont rempli leur mission, en dehors d'un craquage massif de fumigènes qui a peut-être tué dans l'œuf le seul temps fort parisien. Les Parisiens ont encore failli mentalement, quand l'approche du match devait être tellement plus simple que la saison dernière, quand ils avaient quatre buts d'avance et réussi l'exploit de les dilapider. Mais le mal est profond dans ce vestiaire qui donne le sentiment de ne plus croire en lui-même, de ne plus avoir les ressorts pour réagir quand les premières difficultés de la saison se présentent. Les mêmes causes produisent les mêmes effets depuis trois ans, il est temps pour le PSG de s'en rendre compte et de mettre en place les conditions pour inverser cette tendance.Al-Khelaïfi et Emery, les fusibles prêts à sauterPar ricochets, la responsabilité de Nasser Al-Khelaïfi est engagée dans ce fiasco. Le licenciement de Laurent Blanc quelques mois après l'avoir prolongé pour lui verser des indemnités de départ monstrueuses ? C'est lui. Le choix d'un Unai Emery dont l'incapacité à faire passer un cap à ce groupe est maintenant établie ? C'est lui. Les cafouillages dans la communication, l'institution bafouée sans réaction, les joueurs mis sur un piédestal, la porte ouverte à des agents et des intermédiaires ? C'est encore lui. Forcément, il fait partie des fusibles qui devraient sauter d'ici la saison prochaine, comme Emery. Antero Henrique et Maxwell, dont l'impact reste flou, peuvent encore incarner l'avenir, quand les deux autres ont désormais deux échecs consécutifs trop lourds à porter pour poursuivre leur mission.Repartir de zéro, une nécessitéIl faut un grand coup de balai, pour ouvrir un nouveau chapitre d'une histoire dont le cours ne va plus dans le bon sens. En l'état actuel, ce PSG n'a tout simplement plus de crédit, surtout qu'Al-Khelaïfi avait annoncé en 2011 vouloir conquérir la Ligue des Champions « dans les cinq ans ». Il n'en a jamais semblé aussi loin que mardi. C'était impensable en 2013, quand il avait mis le FC Barcelone dans l'embarras et fait la promesse que les vingt minutes qui lui avaient manqué au Camp Nou allaient être comblées rapidement. Cinq ans plus tard, ses vingt minutes sont devenues une éternité et c'est un immense gâchis, vu les moyens quasi illimités mis à la disposition du club. C'est tout l'échec de ce PSG, qui doit repartir de zéro pour se racheter une crédibilité, et pas seulement avec des millions. Tant que ce ne sera pas le cas, il ne bernera plus personne.

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