Ligue des Champions - Manchester City : Leroy Sané, nouveau prototype de Pep Guardiola

Ligue des Champions - Manchester City : Leroy Sané, nouveau prototype de Pep Guardiola©Media365

Julien Pereira, publié le mercredi 07 mars 2018 à 07h37

Parce qu'il a des qualités de percussion que peu d'autres ont et qu'il a tout pour appliquer les idées de jeu de son entraîneur Pep Guardiola, Leroy Sané jouit d'un statut particulier au sein de l'effectif de Manchester City.

Pep Guardiola a fait de Manchester City une équipe qui lui ressemble, elle-même composée de joueurs adoptant, digérant et appliquant ses idées de jeu. Parmi eux, Leroy Sané : l'Allemand n'est pas une exception, dans le sens où il s'est lui aussi fondu dans le moule du technicien espagnol. Disons plutôt qu'il est une particularité. Au contraire de Bernardo Silva ou Kevin De Bruyne, l'ailier n'avait pas la fibre innée - celle consistant à faire briller les autres avant soi-même - qui l'aurait immédiatement rapproché de son entraîneur.

Leroy Sané doit devenir le Messi de CityVoilà pourquoi le joueur et son nouveau mentor ont fait des étincelles, et en font encore. Les deux n'avaient, à l'origine, pas la même façon d'appréhender le jeu : « Dès que je suis arrivé ici, il m'a tout de suite critiqué. Il m'a montré où je pouvais m'améliorer, a récemment confié le prodige d'Essen à Sky Sports. Il rend le jeu simple et c'est plus facile pour vous de garder la balle, pour voir où sont vos coéquipiers, ce que vous pouvez faire avec eux et comment vous pouvez les aider ». Grosso modo, avant d'apprendre du Catalan, Sané faisait tout ce que Guardiola rejette avec les qualités qu'il recherche.

Aujourd'hui, c'est tout ce qui fait la dangerosité de l'international de la Nationalmannschaft. Il apprend à être un soliste au service du collectif. Autrement dit, et toutes proportions gardées, le coach de 47 ans cherche à en faire le Lionel Messi de City. Et il y arrive déjà. Un peu. Voire de plus en plus : pour sa deuxième année d'évolution, Sané dribble aujourd'hui comme aucun autre à City. Il en a réussi 67 sur les 101 qu'il a tentés. C'est beaucoup plus que Sergio Agüero (56/84) ou De Bruyne (49/63). Il est aussi le deuxième meilleur passeur de l'effectif (11 offrandes) derrière l'intouchable meneur belge (14).

Dans le vestiaire, il ne subit pas le même traitement que les autresPuisque l'Allemand bénéficie du statut unique de joueur hybride, Guardiola lui impose un niveau d'exigence bien supérieur à celui qu'il applique à tous ses coéquipiers. Six jours après avoir précipité son retour à la compétition malgré une déchirure du ligament contractée le 28 janvier dernier, l'Espagnol avait passé la quasi intégralité de la mi-temps d'une rencontre de FA Cup face à Wigan (défaite 1-0 des Citizens) à lui souffler dans les bronches, comme l'avait rapporté The Telegraph. Le vestiaire en était resté bouche bée, abasourdi pas tant d'agressivité face à une prestation plus banale que scandaleuse.

Il avait immédiatement été remplacé par Kyle Walker. Le tout pour des « consignes non respectées », ou, autrement dit, un excès d'individualisme. La grosse piqûre de rappel a été bénéfique, l'ancien joueur de Schalke 04 ayant depuis livré trois prestations de très haut-vol, collectivement parlant, face à Arsenal (deux fois et deux victoires 3-0) et devant Chelsea (1-0). « J'aime délivrer une bonne passe, a-t-il confié à Sky Sports. J'aime aussi dribbler un joueur et donner le ballon à l'un de mes coéquipiers pour que quelqu'un marque ». La leçon a été retenue.

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