Ligue des Champions : Le FC Barcelone est redevenu une machine de guerre, mais Ernesto Valverde peine toujours à faire l'unanimité

Ligue des Champions : Le FC Barcelone est redevenu une machine de guerre, mais Ernesto Valverde peine toujours à faire l'unanimité©Media365
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Rémi Farge, publié le mercredi 01 mai 2019 à 07h50

Bien qu'en lice pour un triplé cette saison, le FC Barcelone d'Ernesto Valverde a du mal à séduire les socios catalans, très sévères avec un entraîneur dont le style ne plait pas. Avant la demi-finale aller de Ligue des Champions contre Liverpool, nous avons tenté de comprendre pourquoi.


Valverde est l'exact opposé de Guardiola

Sur le banc depuis bientôt deux ans, Ernesto Valverde rencontre le succès depuis son arrivée à Barcelone. A son actif, deux titres de champion d'Espagne, une Coupe du Roi (et peut-être bientôt une deuxième) et une demi-finale de Ligue des Champions (en espérant mieux). Mais sa recette est très différente de celle de Pep Guardiola, qui reste une référence aux yeux des socios barcelonais. Pourtant réputé pour faire pratiquer un jeu chatoyant à ses équipes avant d'arriver en Catalogne, Valverde est un modèle de pragmatisme depuis un an et demi. Le dogme est à la mode, mais les supporters du Barça ont du mal à s'y faire. C'est pourtant peut-être ce dont le club avait besoin pour digérer les départs de Xavi et Iniesta, qui incarnaient justement le beau jeu prôné par Guardiola. Les amateurs de comparaison y verront peut-être une ressemblance avec la situation de Bruno Genesio à Lyon.

Une Masia de moins en moins utilisée

Il y a toujours Messi, Busquets ou encore Sergi Roberto. Mais les anciens élèves de la Masia sont des cadres du Barça depuis déjà pas mal d'années. Et sous Ernesto Valverde, on pioche de moins en moins dans le réservoir du centre de formation barcelonais pour alimenter l'équipe première. Depuis son arrivée sur le banc, l'ancien coach de l'Athletic Bilbao a lancé neuf jeunes de la Masia. Mais hormis Carlos Alena, tous possèdent un temps de jeu famélique (moins de 200 minutes). Pire. On va chercher les jeunes ailleurs. Pas toujours avec succès, comme le montrent les cas Malcom et Yerry Mina par exemple. Notons tout de même que les cas Clément Lenglet et Arthur récompensent cette stratégie, poussée à son paroxysme avec la récente signature de Jean-Clair Todibo, à peine majeur.

Des matchs moins emballants

C'est un constat implacable : on ne saute plus au plafond devant un match du Barça. Ou alors moins souvent qu'avant. Et quand on y parvient, c'est souvent (voire uniquement) grâce à Lionel Messi. A part l'international argentin, il faut compter sur les rares coups d'éclat de Luis Suarez, Ousmane Dembélé ou Philippe Coutinho. Le match du titre, le week-end dernier contre Levante (1-0), est une parfaite synthèse de cette observation : le Barça est efficace, gagne, mais n'emballe plus vraiment. Il n'y a qu'à regarder dans le rétroviseur pour s'en convaincre avec le 8eme de finale aller de Ligue des Champions à Lyon (0-0) ou le quart aller à Manchester United (0-1). Quand l'enjeu est immense, priorité est donnée à la défense. Avant même la fin de la saison, le FCB a déjà bouclé 18 rencontres en ne marquant qu'un but (ou moins). Ce qui ne lui ressemblait pas.

Et pourtant, Valverde a été prolongé...

En dépit des contestations chez les socios et certains spécialistes, le FC Barcelone continue de croire qu'Ernesto Valverde est l'homme de la situation. Avec lui, les Blaugrana sont d'ailleurs en lice pour le troisième triplé de leur histoire. Tant que les résultats seront aussi bons (au moins sur la scène nationale), il y a fort à parier que la direction du club catalan ne lâche pas son coach. En février dernier, au plus fort de la contestation, elle a d'ailleurs prolongé le contrat de Valverde d'une année supplémentaire, alors que son précédent bail s'achevait en juin 2019. Pourquoi ? Parce qu'au-delà des résultats, le successeur de Luis Enrique a le soutien du vestiaire. Ou au moins des cadres que sont Gérard Piqué et Lionel Messi. Et l'influence de ce dernier sur les décisions prises par le board barcelonais n'est plus à démontrer...

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