Ligue des Champions (demi-finale aller) : Derrière l'inattendue AS Rome, la surprise Eusebio Di Francesco

Ligue des Champions (demi-finale aller) : Derrière l'inattendue AS Rome, la surprise Eusebio Di Francesco©Media365

Arthur Merle, publié le mardi 24 avril 2018 à 08h53

Derrière la surprise de voir l'AS Rome rejoindre le dernier carré de la Ligue des Champions se cache l'ascension encore plus inattendue d'Eusebio Di Francesco, entraîneur sans référence au très haut niveau devenu coach à la mode en Italie et en Europe.

Qui aurait imaginé, en début de saison, l'AS Rome en demi-finale de Ligue des Champions ? Certainement pas grand monde. Mais entre-temps, la Louve a réalisé une solide phase de poule dans un groupe relevé, s'est sortie du piège tendu par le Shakhtar Donetsk en huitièmes de finale, avant de signer une retentissante « Romatada » contre le FC Barcelone en quarts de finale. Le tout sous la houlette d'un coach très peu connu du grand public et plutôt inattendu à ce niveau : Eusebio Di FrancescoDi Francesco, habitué de la maison sans grandes référencesAu sortir d'une saison 2016-2017 qui avait vu la Roma terminer deuxième de Serie A et être éliminée en huitièmes de finale de Ligue Europa contre Lyon après avoir été reversé de son groupe de Ligue des Champions, Luciano Spaletti avait, comme prévu, rejoint l'Inter Milan. En laissant derrière lui un club directement qualifié pour la Coupe aux grandes oreilles et un bilan de plus de 68% de victoires en un an et demi. Pour le remplacer, le club du président James Pallotta a alors opté pour un nom beaucoup moins clinquant sur le papier : celui d'Eusebio Di Francesco. Comme joueur, l'homme de 48 ans a pour lui un titre de champion d'Italie avec l'AS Rome et douze sélections avec l'équipe d'Italie comme références principales. Comme coach, sa montée en Serie A avec Sassuolo est jusque-là sa plus grande réussite, en plus d'une qualification pour la Ligue Europa avec cette même écurie. Un travail qui lui a permis de commencer à être reconnu dans le Championnat italien. Avec lui, les Gialorrossi ont fait le choix de la nouveauté pour accompagner un club ambitieux dans un nouveau cycle.Culture de la gagne et travail acharnéDix mois plus tard, le bilan du technicien italien est très bon, et même certainement supérieur aux attentes. Dans le contenu, la Roma produit un jeu plutôt attractif tout en étant l'une des meilleures défenses du Championnat italien et en n'ayant encaissé aucun but en C1 à domicile cette saison. Dans les faits, elle est troisième de Serie A et demi-finaliste de Ligue des Champions. Mais la patte Di Francesco se situe aussi dans la mentalité transmise à ses troupes. Une philosophie de la gagne dont l'entraîneur était particulièrement fier après l'héroïque quart de finale retour face au Barça : « Aujourd'hui c'est un grand moment mais on ne doit pas s'en contenter. On doit viser Kiev (la finale). Pourquoi ne pas croire à quelque chose d'encore plus grand après un match pareil ? C'est ça qu'on doit faire (...) L'expression "on n'a rien à perdre", je déteste ça. On a préparé ce match de façon exceptionnelle au plan mental. C'est comme ça qu'on bat le Barça », avait-il lâché, avouant avoir travaillé sur cette rencontre jusqu'à 5h du matin le dimanche précédent. « J'avais besoin d'une équipe européenne et je l'ai eue. Je suis content d'avoir réussi à transmettre une certaine mentalité au groupe ». Une mentalité qui s'est donc ressentie contre les Blaugrana, mais aussi au moment de renverser la vapeur en huitièmes de finale, ou encore en poules contre Chelsea (3-3 après avoir été mené 2-0).Di Francesco a replacé la Roma sur la carte de l'EuropeDi Francesco est ambitieux et ne s'en cache pas. S'il n'est évidemment pas question de trop s'enflammer, le technicien veut encore moins jouer le faux-modeste. Joueur, manager et désormais entraîneur de la Louve, celui qui est aussi passé par le banc de Lecce a suffisamment côtoyé le club romain pour connaître son manque de titres. Les prochaines semaines diront s'il a réussi le pari fou d'en décrocher un majeur pour sa première saison, mais le simple fait d'atteindre le dernier carré de la Ligue des Champions est déjà un sacré exploit. D'abord parce que pour en arriver là, la formation italienne a dû emprunter un véritable parcours du combattant (l'Atlético Madrid et Chelsea en poules, notamment). Mais aussi parce qu'elle n'avait pas atteint les quarts de finale de C1 depuis 10 ans, et le dernier carré depuis 34 ans, année de finale perdue.Di Francesco a intégré la catégorie des jeunes coachs très prometteursCe n'est donc évidemment pas que la Roma qui a changé de dimension. Di Francesco fait désormais partie de cette catégorie de jeunes entraîneurs courtisés par des top clubs européens, comme l'est par exemple Paulo Fonseca, sa victime en huitièmes de C1 cette saison. Selon la presse italienne, le coach italien figure d'ailleurs dans les petits papiers de Roman Abramovich, propriétaire de Chelsea, pour compenser le probable départ d'Antonio Conte. Sous contrat jusqu'en 2019, l'ancien international italien est cependant au cœur d'un nouveau cycle dans la capitale italienne. Avec, certainement, la volonté de le marquer de son emprunte en remportant ou plusieurs titres. L'histoire serait belle pour l'ancien coéquipier de Francesco Totti, avec qui il avait remporté le dernier Scudetto du club...

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