Ligue des Champions - Besiktas : Pour Anderson Talisca, le maillot du BJK est trop étroit

Ligue des Champions - Besiktas : Pour Anderson Talisca, le maillot du BJK est trop étroit©Media365

Julien Pereira, publié le mardi 20 février 2018 à 08h57

Joueur aux qualités hors norme, Anderson Talisca fait, malgré lui, la pluie et le beau temps au Besiktas Istanbul. Le Brésilien a tout pour affoler les grands d'Europe. Il pourrait finalement filer en Chine.

Respectons le Besiktas : se payer le champion de France, s'amuser avec le vice-champion d'Allemagne et en planter trois à Porto dans son antre réputée imprenable n'a rien d'anodin. Le club turc est là où il mérite d'être, récompensé d'une politique à vision courte et astucieuse, où les joueurs de qualité mais à bout de souffle -Adriano, Pepe, Quaresma, Babel, Negredo...-  y retrouvent un contexte qui a tout pour plaire. En cela, Anderson Talisca est l'exception de l'effectif. Il n'est ni un cador en fin de vie, ni un pari local. Son talent est remarquable. Son potentiel est gigantesque. Disons-le : sa place est ailleurs. S'il y avait un parallèle à faire, on dirait que l'aventure de Talisca à Istanbul est celle de Ronaldinho à Paris. Le Brésilien n'a pas le style de son illustre compatriote et ne partage même pas une technique aussi pointue que l'ancien Barcelonais. Mais il donne, lui aussi, l'impression d'y être pour un coup de vent, comme si le maillot des Aigles Noirs était déjà trop étroit pour lui. Prenez ses statistiques : en 58 matchs disputés avec le BJK, le joueur de 24 ans a inscrit 29 buts. Soit une réalisation toutes les deux rencontres en moyenne. Pour un milieu de terrain, c'est inouï.Au Besiktas, Talisca fait ce qu'il veut, quand il veutEn Ligue des Champions, cette saison, il est même le meilleur artificier de son équipe en ayant marqué quatre fois, soit autant que l'ancien buteur attitré, Cenk Tosun. Deux joueurs, deux univers. L'attaquant, parti à Everton depuis, est tout ce que Talisca n'est pas : un redoutable travailleur sans véritable magie. Sans la même conception du foot non plus. La saison dernière, l'international turc l'avait publiquement descendu : « Parfois, nous attendons, démarqués, le champ libre, mais il ne nous donne pas la balle. Il essaie toujours de frapper. Mais ici, ce n'est pas un cirque. C'est le Besiktas ». Aujourd'hui, le joueur formé à Bahia y fait encore ce qu'il veut, mais plus personne ne lui reproche. Parce qu'il réussit aussi là où les autres échouent. En début d'année, lors d'un déplacement à Antalyaspor où le BJK a vite été mené, il a pris ses responsabilités et plié la rencontre avec un doublé en 25 minutes. Cinq jours plus tard, bis repetita : face à Kasimpasa, il a bouclé le match en inscrivant deux nouveaux buts entre le premier quart d'heure et la demi-heure. Mieux, ou pire selon la période, Talisca est devenu un baromètre. Quand il n'a pas envie, comme à Bursaspor (2-2) ou Konyaspor (1-1), le Besiktas décline. Quand il s'amuse, comme il l'a fait devant Karabukspor avec un troisième doublé en trois semaines, son équipe s'éclate (5-0).Le Benfica Lisbonne rate des occasions de le vendreS'il est encore dans un bon jour, ce mardi soir (20h45), lors du 8eme de finale de Ligue des Champions face au Bayern Munich, Il devrait donner l'impression d'être du mauvais côté du terrain. En réalité, le Brésilien a atterri à Istanbul sans réellement le vouloir. En 2016, il est entré dans la politique de dépôt-vente du Benfica Lisbonne, club avec lequel il est encore sous contrat aujourd'hui. Luis Filipe Vieira, patron lisboète, avait personnellement fait le voyage jusqu'en Angleterre pour conclure un deal juteux avec Wolverhampton, entité entièrement contrôlée par Jorge Mendes. Le transfert avait capoté et Talisca avait été envoyé d'urgence en Turquie pour un prêt de deux ans. Depuis ? Le champion du Portugal ne cesse de recevoir des offres à hauteur de la clause libératoire qu'il a fixée à 25 millions d'euros. En début d'année, le journal A Bola assurait même qu'un club chinois, le Changchun Yatai, avait transmis une offre avoisinant les 30 millions d'euros. Mais à chaque fois, le SLB a échoué en tentant de négocier un dédommagement supplémentaire pour convaincre les Aigles Noirs d'envisager un départ anticipé. Et on les comprend.

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