Ligue des Champions - Bayern Munich : Plus qu'un test, Ancelotti joue sa crédibilité contre le PSG

Ligue des Champions - Bayern Munich : Plus qu'un test, Ancelotti joue sa crédibilité contre le PSG©Media365

Alessandro Pitzus, publié le mercredi 27 septembre 2017 à 09h30

Critiqué depuis le début de saison, l'entraîneur du Bayern Munich Carlo Ancelotti va passer un test ce mercredi contre le PSG, son ancienne équipe.

Carlo Ancelotti n'est pas du genre à criser à la première critique qui vole. Même quand les sceptiques n'y vont pas par le dos de la cuillère, le technicien italien ne perd jamais son flegme. Mais ça n'empêche pas le Transalpin d'avoir de la mémoire ainsi qu'un humour qu'il conserve en toute circonstance : « Je n'ai pas à répondre à mes détracteurs, a commencé l'ancien entraîneur de l'AC Milan récemment en conférence de presse. Beaucoup d'entre eux me donnent des conseils sur comment je dois gérer mon équipe. Je veux leur dire merci et je promets d'organiser une grande fête avec eux à la fin de la saison où chacun pourra parler de tactique et de football. Il y aura du bon vin et de la nourriture. » Imperturbable Carlo Ancelotti. Sauf peut-être quand un homme qu'il respecte par-dessus-tout, Arrigo Sacchi (mentor et ancien coach d'Ancelotti), pense que le Bayern devrait se séparer de lui car le club aurait perdu « son enthousiasme » et Ancelotti « sa passion ». Le coach bavarois ne compte pas s'abaisser au niveau de ses détracteurs, mais il va devoir trancher dans le vif et faire des choix payants pour éviter que les polémiques s'accumulent.
Une défense qui vacille
Cela faisait bien longtemps que le Bayern n'avait pas connu un début d'exercice aussi poussif. Pas de quoi s'alarmer (4 victoires, 1 nul, 1 défaite en 6 matchs de Bundesliga) non plus, mais le club allemand a donné l'impression de ne pas autant maîtriser que la saison précédente lors de ses premières sorties. Même quand ils gagnent, les Bavarois manquent de mordants, de flamboyance et de solidité. Les absences de Jérôme Boateng et de David Alaba ne sont sûrement pas étrangères à cette fragilité défensive. Le défenseur central allemand, pilier du Bayern, n'a disputé que deux matchs de Bundesliga et n'est entré en jeu que treize minutes (une passe décisive) lors du premier match de C1 contre Anderlecht (3-0). L'ancien joueur de City est fragilisé par des soucis musculaires depuis la fin de la saison dernière et peine à retrouver une forme convenable. Javi Martinez, pas toujours favorisé dans la hiérarchie des centraux, assure un intérim convenable aux côtés de Mats Hummels malgré son profil beaucoup moins mobile et similaire à l'ancien défenseur du BvB. A droite, si Kimmich assume brillamment la succession de Philipp Lahm, la gauche n'est plus tellement caviar depuis la blessure de David Alaba en septembre avec sa sélection (cheville droite). L'Autrichien, qui a repris l'entraînement collectif samedi dernier, manque de rythme pour enchaîner en Ligue des Champions. Rafinha (32 ans), son remplaçant désigné dans le système d'Ancelotti, latéral droit de formation, a pas mal souffert sur le flanc opposé. Deux problèmes défensifs qui handicapent forcément l'équilibre du Bayern depuis plusieurs semaines. Et Ancelotti n'a toujours pas trouvé la bonne formule.
Qui pour entourer Lewandowski ?
Si les Munichois devraient évoluer en 4-2-3-1 au Parc des Princes contre le Paris Saint-Germain, reste à savoir qui seront les joueurs choisis par Carlo Ancelotti pour orchestrer le collectif. Si Thiago Alcantara sera, à coup sûr, dans le onze de départ (dans un poste de meneur de jeu), ce n'est pas évident d'y voir plus clair dans l'entrejeu. Malgré des performances en dents de scie, Arturo Vidal apparaît incontournable pour tenter de remporter la bataille du milieu. La dimension physique et l'intensité mise en place par le Chilien sont trop importantes pour s'en passer. Corentin Tolisso, débarqué durant l'été en provenance de Lyon, pourrait être titularisé dans le cœur du jeu. Sa polyvalence et son adaptation express ont fini de convaincre tout le monde au Bayern. Mais le casse-tête d'Ancelotti commence au moment où il doit cocher les noms des trois joueurs censés épauler Robert Lewandowski. L'Italien a une multitude de choix.
Ribéry et Robben ne sont plus intouchables
Si Alcantara semble intouchable dans son rôle de 10, Franck Ribéry (34 ans) et Arjen Robben (33 ans) ne peuvent plus vraiment en dire autant. Le Français a vu sa relation se refroidir avec Ancelotti depuis qu'il s'est permis un geste d'humeur (jet de maillot) quand son coach l'a sorti en cours de match contre Anderlecht il y a deux semaines. Depuis, l'ancien Marseillais n'a été titularisé qu'à une reprise, contre Wolfsburg le week-end dernier, et il n'a guère été brillant. L'ancien Parisien Kingsley Coman pourrait lui souffler sa place de titulaire même si ce dernier manque toujours de lucidité dans les derniers gestes.Puis, il y a le cas de Robben. Le rendement du Néerlandais n'est pas remis en cause, mais l'émergence de James Rodriguez fait douter Ancelotti. L'Italien adore le profil du Colombien, créateur génial et capable de déstabiliser une arrière garde entière, comme à Schalke la semaine dernière. Robben, Ribéry et Müller seraient donc susceptibles de démarrer sur le banc mercredi soir. Ce n'est pas des expérimentations, ça s'appelle faire des choix. Et Ancelotti sait que ses détracteurs ne le louperont pas si son navire se retourne une nouvelle fois.

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