Ligue des Champions - Bayern Munich : James Rodriguez, ex-Real Madrid, regretté nulle part mais libre avant tout

Ligue des Champions - Bayern Munich : James Rodriguez, ex-Real Madrid, regretté nulle part mais libre avant tout©Media365
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Julien Pereira, publié le mercredi 25 avril 2018 à 09h38

James Rodriguez a quitté le Real Madrid alors qu'il n'y était pas vraiment indésirable et a rejoint le Bayern Munich alors qu'il n'y était pas vraiment désiré. Mais il s'est rendu important aux yeux de Jupp Heynckes grâce à la liberté que le technicien lui a accordée.

L'économie du foot professionnel a créé des cases pour réguler le marché ou, au moins, ralentir sa transformation. C'est ce qui fait qu'un « indésirable » coûtera toujours moins cher qu'un « indispensable », qu'importe son talent, son âge ou sa marge de progression. Mais certains joueurs demeurent des exceptions, puisqu'ils n'entrent, à un instant T, ni dans une catégorie, ni dans l'autre. Et ceux-là constituent, souvent, les meilleures affaires. Et James Rodriguez en est probablement le plus bel exemple.James Rodriguez, un casse-tête en moins au Real, un caprice au BayernLorsque le Real Madrid a accepté de le céder en prêt au Bayern Munich, l'été dernier, il n'avait alors rien d'encombrant. Au contraire. Il avait disputé plus d'un tiers de la saison en Liga en s'offrant le rendement -8 buts et 6 passes décisives- le plus intéressant de l'effectif. Il était même devenu un casse-tête pour Zinédine Zidane et c'était probablement là son plus grand tort. Plutôt que de s'entêter avec une équation impossible à résoudre pour un entraîneur préférant tirer toutes les ressources d'un groupe restreint à 14 ou 15 hommes, La Casa Blanca a noué un deal rarissime pour joueur de ce statut.Avec le champion d'Allemagne, la direction Merengue s'est alors accordée sur un prêt de deux ans, dont le coût a été fixé à 13 millions d'euros, assorti d'une option d'achat établie à 42 millions d'euros. Au total, le double champion d'Europe a donc récolté 55 millions d'euros pour un joueur qu'il avait arraché à Monaco pour 20 millions de plus, trois ans plus tôt. Plus simplement, le club madrilène a bouclé une opération qui n'était ni bonne financièrement, ni mauvaise sportivement. Le Bayern aussi : à l'époque, Karl-Heinz Rummenigge avait avancé ce transfert pour répondre au caprice de son coach : « L'engagement de James Rodiguez était l'un des plus grands souhaits de notre entraîneur », avait confié, dans un communiqué, le président du conseil d'administration bavarois. La différence ? Sa liberté, dans la tête comme sur le terrainEt maintenant ? Le Colombien n'a jamais été source de remords à Madrid, où ZZ galère désormais à trouver une place à Isco, et n'a pas donné beaucoup plus de regrets à la superpuissance munichoise, où Jupp Heynckes en a fait un « indiscutable », case essentiellement créée pour y ranger les joueurs n'entrant pas dans les autres. « Quand je suis arrivé au Bayern, le 7 octobre, James était un peu déprimé, a confié le technicien allemand. Il n'était pas en grande forme. J'ai alors beaucoup parlé avec lui. Et il a gagné en confiance. Désormais, il est plus ouvert, plus libre ». Et cette humeur-là a fait toute la différence. Parce que le milieu de terrain de 26 ans fait partie de ces créateurs dont l'inspiration est autant liée au corps qu'à l'esprit.Comprenez : le prodige de Cucuta avait tout pour briller au sein du dispositif tant apprécié d'Heynckes, à savoir le 4-3-3 -qui s'apparente plus à un 4-1-4-1, tant le rôle des joueurs de couloirs est lié à celui des axiaux, puisque le Bayern crée la plupart de ses décalages offensifs en sautant la dernière ligne défensive adverse, soit par des centres, soit par des passes lobées délivrées depuis l'axe. Et à ce petit jeu, James Rodriguez est, lorsqu'il se sent « libre », techniquement comme mentalement, l'un des plus brillants au monde. « Pour son intégration, c'était la clé », a d'ailleurs rappelé le coach de 72 ans. Voilà pourquoi la demi-finale de Ligue des Champions opposant son ancienne maison à son club actuel ce mercredi soir (20h45), est bien plus une question de liberté que de revanche.

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