Ligue des Champions : Aucun club français en 8eme de finale, la crainte du scénario du pire

Ligue des Champions : Aucun club français en 8eme de finale, la crainte du scénario du pire©Media365

Rémi Farge, publié le vendredi 09 novembre 2018 à 12h20

A deux journées de la fin de la phase de poules de la Ligue des Champions 2018-19, aucun club français n'est en ballottage très favorable pour se qualifier pour les 8emes de finale. Le scénario du pire, jamais vu depuis seize ans, pourrait causer beaucoup de tort au football hexagonal.

Qui se souvient de l'édition 2002-03 de la Ligue des Champions ? A l'époque, le Milan AC était encore un grand d'Europe. Les Rossoneri avaient d'ailleurs dominé la Juventus Turin dans une finale 100% italienne, à l'issue d'une séance de tirs au but marquée par le raté de David Trezeguet, déjà. Bien avant le sacre milanais, les clubs français avaient fait pâle figure cette année-là. Ni Auxerre, ni Lens, ni Lyon n'était parvenu à sortir de la phase de poules, à une époque où les matchs à élimination directe ne démarraient qu'au stade des quarts de finale. Depuis, un club français a toujours rallié les huitièmes.


Du jamais vu depuis 16 ans ?


16 ans après, le football français a rarement été aussi en danger. Si Lyon, 2eme à deux journées de la fin, et le PSG, 3eme, ont encore leur destin entre leurs mains, le scénario du pire n'est pas à écarter (Monaco est déjà éliminé). Il faut dire qu'avec 17% de victoires cette saison en Ligue des Champions (2 sur 12), les clubs français ne font rien pour se rendre la tâche facile. Un tel pourcentage, c'est du jamais vu depuis le début des années 1970 en Coupe d'Europe ! « Je pense que le talent technique, athlétique, il est là, a analysé Patrick Vieira il y a quelques jours. Les équipes françaises et les joueurs doivent progresser au niveau mental, sur la préparation, sur comment se sacrifier pour l'équipe. Voir collectif plutôt qu'individuellement. »

Un Top 4 qui s'éloigne de nouveau


Le danger est-il si grand en cas d'annus horribilis ? A court terme, pas tellement. A long terme, un peu plus. 5eme au coefficient européen, la France n'est pas encore inquiétée par la Russie et le Portugal, qui suivent au classement. Les deux clubs russes engagés en C1, le Lokomotiv Moscou et le CSKA Moscou, ne seront d'ailleurs pas au rendez-vous des 8emes de finale. En revanche, le fossé va se creuser avec le Top 4 européen. Dommageable, d'autant plus que la France avait refait une partie de son retard sur l'Allemagne la saison dernière, en grande partie grâce à la finale de Ligue Europa de l'OM. Or avec les récentes réformes du mode de qualification pour la Ligue des Champions, s'éloigner de ce Top 4 est un problème pour le football français. Avec la perspective toujours grandissante de l'arrivée d'une Superligue fermée, ne pas réussir à se montrer sous son meilleur jour est également la pire des stratégies à employer.

Une perte économique considérable ?


Financièrement, les conséquences sont aussi nombreuses. En Ligue des Champions, chaque participant avait reçu 12,7 millions d'euros de la part de l'UEFA la saison dernière. La prime de victoire s'élevait alors à 1,5 M€, et les primes grandissaient sérieusement en sortant des poules. 6M€ pour une qualification en huitièmes, 6,5 M€ en quarts, 7,5 M€ en demies, et jusqu'à 15,5 M€ pour le vainqueur de la compétition. Une manne financière à laquelle devrait par exemple renoncer le PSG pour la première fois de son ère qatarie, en cas d'échec en phase de groupes cet automne. Or à l'heure du fair-play financier, toutes les sources de revenus sont bonnes à prendre pour le club de la Capitale.

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