Le Barça favori en C1 ? Ça ne répond qu'à la logique de l'histoire

Le Barça favori en C1 ? Ça ne répond qu'à la logique de l'histoire©Media365

Geoffrey Steines, publié le mardi 19 février 2019 à 08h50

A chaque début de saison en Ligue des Champions, le FC Barcelone figure parmi les clubs cités comme candidats crédibles à la victoire finale. Un statut qui ne colle pourtant à la courbe de résultats déclinante des Catalans.

Le FC Barcelone a ce privilège réservé aux géants. Peu importe ce qu'il fait, peu importe ses résultats et sa dynamique, il fait peur. Il est craint de par l'Europe, en partie parce qu'il a déjà quatre Ligue des Champions au XXIeme siècle. La présence de Lionel Messi, candidat plein d'arguments pour le titre subjectif de « meilleur joueur de l'histoire », aide à ancrer la terreur dans l'esprit des adversaires des Blaugrana, dont le prochain sera Lyon mardi en 8eme de finale de la Ligue des Champions (21h00). Fin novembre, Massimiliano Allegri en faisait même « le favori numéro 1 » à la victoire finale dans la compétition. « Derrière eux, il y a trois clubs, dont nous, qui espèrent remporter la Ligue des Champions, avait soufflé le coach de la Juventus Turin, dans une déclaration qui ressemble à un stratagème pour décharger une partie de la pression pesant sur son équipe pour la reporter sur le Barça. C'est comme ça chaque saison. Rien n'a changé comparé aux dernières années. »

Depuis trois ans, c'est à peine mieux que le PSG

Rien, vraiment ? Pas même le fait que les Catalans restent sur trois éliminations consécutives dès les quarts de finale de la Ligue des Champions ? Ils n'ont plus atteint le dernier carré depuis 2015, année où ils avaient soulevé le trophée avec Messi, Luis Suarez et Neymar dans leurs rangs. Ce n'est pas bien mieux que le PSG, pour ne citer que cet exemple. Ils se sont fait sortir successivement par l'Atlético Madrid, la Juventus Turin et l'AS Rome. Les deux premiers étaient des futurs finalistes malheureux face au Real Madrid, quand le dernier se ferait éliminer dans la foulée par Liverpool. Sans une improbable « remuntada » contre Paris, le FC Barcelone n'aurait même pas franchi les 8emes de finale en 2017. Pendant ce temps-là, le Real Madrid, la Juventus ou même le Bayern Munich montrent une toute autre régularité au haut niveau européen.

La difficulté de se renouveler

Outre cette anomalie face aux Parisiens, le Barça n'a dominé sur une double confrontation depuis trois ans qu'un Arsenal à la peine sur la scène européenne et un Chelsea futur 5eme de Premier League. Ça fait peu de références. Le club parait toujours coincé entre deux générations, les trentenaires qui font de la résistance (Messi, Suarez, Sergio Busquets, Gerard Piqué, bientôt Jordi Alba) et la relève qui pousse. C'est le renouvellement parcellaire sans la révolution et ça donne l'impression d'une stagnation voire d'une régression. La plupart des recrues souffre même pour s'intégrer et apporter une vraie plus-value, à l'image de Philippe Coutinho, dont la première année en Catalogne relève du mystère. Le Brésilien symbolise à lui seul la difficulté de ses dirigeants à remplacer Neymar, parti contre leur volonté à l'été 2017.

« Més que un club », mais jusqu'à quand ?

Sur le banc, Ernesto Valverde n'a pas une immense expérience de la Ligue des Champions (31 matchs dirigés) et n'a jamais vu plus loin que les quarts. Le Barça souffre aussi de l'apport devenu négligeable de la Masia, qui n'a plus fait éclore un titulaire en puissance de l'équipe première depuis des années, en dehors peut-être de Sergi Roberto. Avec son talent et ses moyens démesurés (plus grosse masse salariale du monde pour un club de foot), il continue d'engranger les titres en Espagne (3 des 4 derniers championnats, 4 Coupes du Roi de suite). Mais il n'est plus cette machine implacable qui avait atteint 8 fois sur 10 au moins les demi-finales de la Ligue des Champions entre 2006 et 2015. C'est cette histoire récente, en plus de celle qui s'écrit depuis 1899 pour qu'il revendique être « més que un club », qui continue de faire du FC Barcelone un candidat crédible à une victoire finale. Mais ce statut, il ne fait plus grand-chose sur le terrain pour mériter.

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