Thomas Siniecki, Media365 : publié le lundi 11 août 2025 à 20h39
En attendant PSG - Tottenham mercredi soir (à Udine), retour sur le bien funeste précédent de l'hiver 1997.
Depuis le 31 mai, le Paris Saint-Germain est devenu le seul club français à avoir remporté deux Coupes d'Europe. Et comme la première, en 1996, était la Coupe des Coupes, le club de la capitale a déjà disputé une Supercoupe d'Europe - celle-ci, jusqu'en 2000, opposait le vainqueur de la Ligue des champions à celui de la C2, avant d'être remplacé par celui de la C3 (Coupe de l'UEFA puis Ligue Europa) à partir de 2000 quand la Coupe des Coupes a été supprimée. Et le moins qu'on puisse dire, c'est que la compétition a imprimé une tache sacrément tenace dans les mémoires.
Il y a près de 30 ans, cette Supercoupe d'Europe se disputait sur deux matchs et au coeur de la saison. Ainsi, c'est plus de huit mois après le 8 mai 1996, jour de la victoire des Parisiens coachés par Luis Fernandez sur le Rapid Vienne (1-0 à Bruxelles sur un but de Bruno Ngotty), que ceux-ci retrouvent la Juventus qui a dominé l'Ajax aux tirs au but en finale de Ligue des champions 1996 (1-1 a.p., tab : 4-2). Et la vérité du mois de janvier, surtout au PSG à l'époque, n'était définitivement plus celle du mois de mai...
Un cauchemar absolu, 0-4 dès la mi-temps
Le 15 janvier 1997, ce n'est rien de moins qu'un des pires matchs de son histoire, surtout dans son jardin du Parc, que livre le Paris Saint-Germain en étant laminé 6-1 par les Bianconeri. Ricardo a remplacé Luis Fernandez sur le banc, Youri Djorkaeff ou Daniel Bravo sont également partis et le PSG peine à tenir le rythme de Monaco en championnat. Une élimination prématurée en Coupe de la Ligue, 2-1 à Guingamp dès le mois de décembre, fait les choux gras de Canal+, pourtant actionnaire du club mais qui ne manque pas une occasion de se payer le club et son président Michel Denisot dans ses fameux Guignols de l'info (même si ce sera bien pire les années suivantes). Alors, ce 6-1 tombe bien mal...
C'est un cauchemar absolu avec un 0-4 dès la mi-temps : après la rapide ouverture du score du défenseur Sergio Porrini (5e), un doublé de Michele Padovano (22e, 40e) et un autre but de Ciro Ferrara (36e) lancent la douloureuse comme il se doit. Rai sauve bien l'honneur sur penalty au retour des vestiaires (1-4, 53e) mais les locaux, réduits à dix à la suite de l'expulsion de Laurent Fournier peu après l'heure de jeu (64e), boivent le calice jusqu'à la lie en fin de rencontre avec deux réalisations coup sur coup d'Attilio Lombardo (1-5, 83e) et Nicola Amoruso (1-6, 89e).
Loko : "On a pris ça comme un match amical"
Dans le froid polaire de Paris, le réveil est brutal après le retour de stage de la Réunion et l'île Maurice. Un vrai choc thermique, même, au propre comme au figuré, face à des Turinois où ni Zinedine Zidane, ni Alessandro Del Piero (tous les deux titulaires) n'ont eu besoin de marquer. Didier Deschamps, également dans le onze de départ, non plus, mais c'était plus habituel. Avec le recul, Patrice Loko se veut honnête (pour So Foot) : "On a pris ça comme un match amical, pas assez au sérieux. On prenait le bouillon et on a eu affaire à une véritable démonstration de réalisme et d'efficacité. Après le premier but, on avait déjà la sensation que l'on ne pouvait rien faire."
Dans ce contexte, qu'attendre du match retour à Palerme (une délocalisation alors classique et choisie par la Juventus, en raison de ses trop faibles affluences dans son stadio delle Alpi) ? "Quand tu te prends une telle claque au match aller face à une équipe aussi solide, tu sais très bien que ça va être impossible d'inverser la tendance. Mais on est allés en Italie dans l'optique de gagner, de montrer que ce n'était qu'un accident. Malheureusement, ils étaient encore une fois trop forts." Leonardo est de retour au côté de Rai, qui marque un nouveau penalty cette fois pour égaliser à 1-1 à la 64e minute. Derrière, l'apocalypse est moins totale pour le gardien Bernard Lama et son défenseur Paul Le Guen : l'addition s'arrête à 3-1, donc 9-2 au total, sur un doublé de Del Piero (36e, 70e) et un dernier but de Christian Vieri (90e+3). Avant 2025, il s'agissait de la seule Supercoupe d'Europe disputée par un club français, l'OM ayant été suspendu par l'UEFA en 1993 après l'affaire VA - OM.













