L1 - Reims / David Guion : " L'idée sera toujours d'essayer d'aller marquer " [Exclu365]

L1 - Reims / David Guion : " L'idée sera toujours d'essayer d'aller marquer " [Exclu365]©Media365

Arthur Merle, publié le jeudi 09 août 2018 à 10h30

Nommé meilleur entraîneur de Ligue 2 la saison dernière, à l'issue d'un exercice qui a vu le Stade de Reims tout écraser sur son passage, David Guion se veut prudent au moment d'aborder cette nouvelle saison de Ligue 1. Mais si la priorité est au pragmatisme et à l'efficacité, le technicien de 50 ans ne veut pas oublier ses principes de jeu et compte bien « exister » dans l'élite.

David Guion, vous sortez d'un superbe exercice de Ligue 2 (deuxième meilleure attaque, meilleure défense, record de points, titre de champion) : dans quel état d'esprit abordez-vous cette saison de Ligue 1 ?

On sait très bien que c'est un nouveau livre qui va s'écrire. Donc bien sûr, on va se servir de ce qui a bien marché la saison dernière, mais là, ce n'est pas la même équipe, pas le même groupe, pas le même environnement et pas le même contexte. Donc inévitablement, il faudra aller chercher encore d'autres valeurs pour exister.

Il y a une volonté de poursuivre ce qui a été fait la saison dernière ?

Il ne faut surtout pas oublier ce que l'on a fait la saison dernière. Il faut s'appuyer sur ce qui a bien marché, notamment sur notre état d'esprit tout au long de la saison. Je pense que c'est grâce à cet état d'esprit-là que les garçons se sont aperçus qu'ils pouvaient faire de grandes choses. Donc il faut s'appuyer sur ce qui a été bien fait et ce qui a fait notre force, tout en y ajoutant des ingrédients qui vont nous permettre d'exister dans un environnement de Ligue 1.

Votre titre de meilleur entraîneur de Ligue 2 est-il une petite pression supplémentaire ou un moteur ?

Ce n'est pas une pression. C'est juste une récompense qui me permet de me dire qu'on travaille bien avec l'ensemble de mon staff, avec mes joueurs. Cela nous incite à continuer à bien travailler, à progresser. C'est plus un encouragement qu'une pression.

Guion : « La base du projet sportif est la relation humaine »


Après cette descente cruelle en 2016 (David Guion avait pris en main l'équipe lors des trois dernières journées de Ligue 1), cette remontée est-elle une revanche personnelle ?

Non, je ne le prends pas du tout comme ça. C'était un autre contexte. Il y a deux ans, j'ai pris un groupe pendant 21 jours, pour trois matchs, dans un esprit commando, avec des joueurs que j'ai appris à connaître en trois semaines. Donc c'est complètement différent. Là, c'est un groupe que j'ai commencé à bâtir la saison dernière, avec ses caractéristiques et ses valeurs. L'idée est de continuer le travail au plus haut niveau. Ce n'est pas du tout le même état d'esprit.

Qu'est ce qui change dans une préparation d'avant saison lorsqu'on monte d'un étage ?

Nous, on a rajouté une semaine par rapport à la saison dernière, en sachant que c'était une année de Coupe du Monde. J'ai mis quatre adversaires de Ligue 1, et je voulais finir par trois adversaires de L1 pour que les garçons puissent vite apprendre à travers ces rencontres. Après, le contenu de la préparation au niveau athlétique est le même. Selon les joueurs que j'ai eu pendant la préparation, j'ai préparé mes principes de jeu pour les mettre en valeur, et pour que ce soit transposable à la Ligue 1.

On vous entend souvent évoquer l'importance de l'humain dans un groupe. C'est la base du projet sportif ?

Pour moi, la base du projet sportif est en effet la relation humaine. Je veux vraiment que l'on continue à avancer sur ce que l'on a développé la saison dernière en termes de relations. Avec mes joueurs, avec mon staff, entre les joueurs, entre les membres du staff. Parce que cette relation-là est primordiale dans un club comme Reims. Nous, on n'a pas le talent, la qualité des quatre gros. Donc si on ne met pas la qualité humaine au cœur du projet, on sera en grosse difficulté.

Guion : « J'ai des jeunes qui sont à l'écoute, qui progressent »


Concernant votre effectif, attendez-vous encore des renforts dans ce Mercato ?

Oui, j'attends encore des renforts avant le début du Championnat ou la fin du Mercato. On n'a pas fini. J'attends encore de la qualité et de la quantité, car on est encore un peu juste. Je sais que ma direction travaille pour me satisfaire donc j'ai bon espoir que, tout doucement, on y arrive.

Vous avez un groupe relativement jeune. Est-ce que cela vous fait peur ?

Non, pas du tout. Un club comme Reims est obligé de faire confiance à sa jeunesse et son centre de formation, sinon il n'y a aucun intérêt à travailler avec les jeunes. J'ai des jeunes qui sont à l'écoute, qui progressent. Ce qui me plaît aussi, c'est que j'ai des garçons à côté d'eux pour les encadrer, les rassurer et leur parler. Alaixys Romao (34 ans) va avoir un rôle important, comme Marvin Martin (30 ans) et Pablo Chavarria (30 ans). Ce sont des garçons qui ont de la bouteille, qui ont connu la Ligue 1. Donc ils vont avoir un rôle essentiel.

En tant que coach, comment vivez-vous cette période de Mercato, qui se décante parfois tardivement ?

J'ai les idées plutôt claires parce qu'en quantité, on n'est pas très nombreux. Donc il y aura plutôt des arrivées que des départs. C'est déjà ça d'intégré. Après c'est vrai que comme tous les entraîneurs, pour en avoir discuté avec certains, j'aimerais avoir mon groupe le plus tôt possible. C'est tellement difficile de créer des automatismes. Il faut tellement de temps et d'entraînements. J'aimerais avoir mon effectif au complet dès à présent mais il faut qu'on s'adapte à cette période où on sait très bien que tout peut bouger très rapidement ou un peu plus lentement.

Guion : « Le football est un spectacle, l'idée est là »


Pour revenir au jeu, y-a-t-il une équipe dont vous aimeriez vous inspirer, un exemple de montée bien gérée ?

Non, je ne suis pas trop là-dedans. Mon idée, c'est surtout de savoir comment mettre mes joueurs le plus en valeur possible tout en respectant la difficulté et toutes les problématiques de la Ligue 1. C'est clair qu'on n'appréhende pas la même chose quand on rencontre les équipes du « Big four » que les autres. C'est surtout être en capacité de mettre mes joueurs dans les meilleures dispositions. Donc il n'y a pas une équipe en particulier, chaque contexte est unique. C'est à moi de trouver la bonne alchimie.

Dans le même ordre d'idée, il y a un entraîneur auquel vous vous identifiez plus qu'un autre ?

Non, je l'ai déjà dit plusieurs fois : nous sommes tous des copieurs. Je m'inspire de plusieurs entraîneurs qui font plein de choses. Ce qui m'intéresse, c'est surtout de voir comment les entraîneurs managent leur équipe, la font jouer selon les joueurs qu'ils ont. Il y a des choses très intéressantes, que ce soit sur du football de possession, de transition. Il y a des entraîneurs très compétents dans ces deux domaines, mais avoir un entraîneur référent... Je n'ai jamais eu photos dans ma chambre (rires), de posters de qui que ce soit quand j'étais joueur pro. Donc c'est un peu la même chose avec les entraîneurs. Je lis, je regarde, je dissèque, et je picore à droite et à gauche.

Du coup, comment avez-vous construit votre propre philosophie, jusqu'à vous dire « je veux jouer comme cela » ?

Parfois, j'aimerais jouer autrement mais le contexte est à appréhender. C'est vrai que quand on a le choix, qu'on peut mettre les joueurs qu'on veut pour imposer soi-même son jeu, c'est un grand privilège. Mais il y a très peu d'entraîneurs en France qui peuvent faire ça. Il faut être en capacité d'avoir un gros pouvoir d'adaptation. L'idée sera toujours d'essayer d'aller marquer, qu'on s'entende bien. C'est indéniable. Le football est un spectacle, l'idée est là. Mais comment on fait pour aller marquer en tenant compte de ses joueurs et de l'adversaire...

Guion : « J'ai envie que mon équipe existe »


Quand on sort d'une telle saison, on a envie de marquer les esprits dans le jeu, de dépasser l'idée de pragmatisme, en plus de la délicate mission du maintien ?

Non, je ne suis pas là pour séduire l'extérieur. Je suis là pour être efficace et pragmatique, en l'occurrence. Je veux aller là où je sais que mes joueurs peuvent aller. Ne pas me tromper et faire progresser, mais surtout être efficace, trouver la bonne organisation, le bon équilibre pour gagner les matchs. C'est surtout ça que je veux. Je ne suis pas dans l'idée de « on a fait un énorme Championnat de Ligue 2 et on va vous faire voir ce qu'on sait faire ». Ce n'est ni dans mon caractère, ni dans ce que j'ai envie de véhiculer auprès de mes joueurs.

Cette idée-là est peut-être encore plus vraie quand on affronter Nice et Lyon lors des deux premières journées...

On va rencontrer d'entrée du lourd, mais on a travaillé depuis dix mois pour ça, on attend ces matchs-là. On a fait beaucoup d'efforts pour arriver à jouer ces matchs. Mais on va les jouer avec beaucoup d'humilité parce que ce sont des cadors du Championnat, mais aussi avec beaucoup d'ambition car j'ai envie que mon équipe existe. Cela colle aussi au Stade de Reims. On se doit d'être ambitieux.

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