Coupe de la Ligue : Trois mois après, quel visage pour le Lorient de Landreau ?

Coupe de la Ligue : Trois mois après, quel visage pour le Lorient de Landreau ?©Media365
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Rémi Farge, publié le mardi 24 octobre 2017 à 09h37

Alors que Lorient reçoit Caen ce mardi en seizièmes de finale de la Coupe de la Ligue, décryptage du coaching de Mickaël Landreau, l'ancien gardien international français, trois mois après ses débuts sur le banc des Merlus.

Un jeu de possession assumé
Formé à l'école nantaise, Mickaël Landreau aime le « beau jeu ». Il ne pouvait donc pas en être autrement à la tête d'une équipe professionnelle : Lorient base son jeu sur la possession, fait circuler le ballon, et subit le moins possible. Il n'est pas rare de voir les Merlus avoir plus de 60% de possession au cours d'un match en Ligue 2. « Lorient, techniquement, c'est l'équivalent d'une équipe de Ligue 1. Dans la possession de balle, c'est bien au-dessus de la plupart des formations de notre championnat », relevait d'ailleurs Denis Renaud, l'entraîneur de Niort, récemment. Très efficace en début de saison, ce mode de fonctionnement montre ses limites depuis quelques semaines. Face à des adversaires qui se livrent moins et qui accentuent l'intensité physique, les Lorientais sont plus à la peine, leur jeu de possession ayant tendance à devenir somnolant. Les limites de l'ambition de jeu en L2.

« Niveau collectif, c'est plutôt posé avec un plan de jeu de possession, et ça veut passer par les côtés assez souvent, analyse Philippe Dejter, journaliste chez MaLigue2.fr. Landreau a un schéma de jeu assez ambitieux en ce sens. Malheureusement pour lui, je ne vois pas d'évolution positive depuis le début du championnat. Concrètement, il n'y a pas eu de nets progrès et les adversaires ont bien étudié le truc. » Ces dernières années, hormis Jean-Marc Furlan avec Troyes ou Olivier Dall'Oglio avec Dijon, les coachs ambitieux dans le jeu ont souvent eu du mal à s'imposer en deuxième division. « Cela ressemble beaucoup au jeu de possession d'Alain Casanova avec Lens la saison dernière, explique Laurent Mazure, journaliste chez MaLigue2.fr. Le problème, c'est qu'en Ligue 2 la possession ne fait pas tout, au contraire. Si l'adversaire mise sur le duel, le physique, Lorient souffre. »

Des individualités très fortes
Cet été, malgré la relégation, Lorient a réussi à conserver pas mal d'individualités à fort potentiel dont la place, sur le papier, n'est clairement pas en Ligue 2. Jimmy Cabot, Sylvain Marveaux et Denis Bouanga en sont les meilleurs exemples. Mais les latéraux Steven Moreira et Vincent Le Goff sont aussi montés en puissance depuis le début la saison et montrent un niveau au-dessus la moyenne. Cabot et Bouanga ont fait très forte impression sur les premières semaines de compétition. La vitesse du premier et les qualités de frappe et de placement du second ont donné du fil à retordre à bien des défenseurs. « Je trouve que c'est l'équipe de Ligue 2 qui a les plus grosses individualités devant. En Ligue 2, personne n'a autant de joueurs pour faire la différence si facilement », relève Philippe Dejter.

Le problème, c'est qu'après douze journées de championnat, aucun joueur de Lorient ne figure dans le top 20 du classement des buteurs, ni même dans le top 20 du classement des passeurs. La faute à un essoufflement du duo Cabot-Bouanga depuis la mi-septembre. Lors de la dernière journée de championnat, l'ancien Troyen a même débuté sur le banc. « Cabot a plus de mal, en effet, mais ça reste un mec au-dessus du lot, nuance Laurent Mazure. Bouanga est un peu seul en ce moment et a parfois tendance à vouloir faire la différence tout seul. Mais à leur meilleur niveau, il n'y a pas mieux en Ligue 2. » Il faut dire que les blessures de Sylvain Marveaux et Gaëtan Courtet, les deux chaînons manquants du secteur offensif lorientais, pèsent beaucoup dans la perte de Cabot et Bouanga. Le capitaine n'a joué que deux matchs depuis fin août, quand l'ancien Rémois est absent depuis trois semaines. Des pépins qui correspondent aux moins bons résultats des Merlus.

Un entraîneur très actif
On connaissait Mickaël Landreau le joueur, le consultant mais pas encore l'entraîneur. En dehors du terrain, l'ancien gardien présente le profil d'un coach intransigeant sur tout ce qui touche à la discipline et à la vie de groupe, comme il l'expliquait dans les colonnes de France Football le mois dernier. « Je suis intransigeant sur les règles de vie en commun : horaires, attitudes, usage du portable, etc. L'impact de ces contraintes extérieures constitue le grand changement dans le football des dernières années. Il faut protéger le cœur de notre métier », confiait-il alors. Une rigueur et un charisme qui lui ont permis de s'imposer tout de suite à la tête d'un effectif mixant jeunes (Conte, Guendouzi, Wadja, Bouanga, Cabot) et anciens (Saad, Lemoine, Danic).

En situation de match, on a découvert un Mickaël Landreau très, très actif. Souvent debout dans sa zone technique, l'ancien international français parle beaucoup, replace ses joueurs et... discute les décisions arbitrales. C'est une facette du personnage que beaucoup ont relevé en Ligue 2 : la propension un peu trop systématique du coach lorientais à se plaindre de l'arbitrage. « Quand j'ai commencé ce métier d'entraîneur, je m'étais dit que parler de l'arbitrage, quel que soit le résultat, n'est pas positif. Mais vivre le match, ça l'est. Je suis un compétiteur, ça ne changera pas », avait-il reconnu en conférence de presse après la victoire de Lorient à Lens début septembre.

 
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