L1 - Strasbourg : Meinau, Liénard, folie... Un maintien " à l'image de la saison "

L1 - Strasbourg : Meinau, Liénard, folie... Un maintien " à l'image de la saison "©Media365
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Geoffrey Steines, publié le dimanche 13 mai 2018 à 08h26

Strasbourg a décroché officiellement son maintien samedi au bout d'une folle soirée, ponctuée d'une victoire contre Lyon (3-2). Un épilogue qui résume bien la saison du Racing, faite de coups et portée par une forte identité club, symbolisée aussi bien par le Meinau que par Dimitri Liénard, héros du jour.

Toute la Meinau avait bien conscience de ce qui se jouait devant ses yeux à ce moment de la soirée samedi. 93eme minute, balle de match contre Lyon et surtout de maintien en L1 sur un coup-franc à l'entrée de la surface après une faute sur Nuno Da Costa. La position du ballon, excentrée sur la gauche, n'était a priori pas idéale pour Dimitri Liénard. « A la base, c'était un coup-franc pour un droitier, a-t-il lui-même reconnu au micro de beIN Sports après la rencontre. Je ne suis pas un Beckham non plus, je me suis dit que j'allais le laisser pour un droitier. Mais 'Gonç' (Anthony Gonçalves) m'a dit : 'Je te sens'. Je lui ai dit que je tirerais côté gardien alors et il m'a dit que j'allais la mettre. C'est parti comme ça. » Et c'est arrivé dans la lucarne opposée de Mathieu Gorgelin, terrassée comme l'OL, qui menait encore à la 88eme minute avant d'encaisser deux buts dans le money-time (3-2).Liénard, comme un symboleC'est à croire qu'il fallait une soirée irrationnelle pour conclure en beauté la saison de Strasbourg. Elle a réuni tous les ingrédients des grands succès du RCSA : un stade qui joue son rôle de 12eme homme, une envie débordante et des héros quasi inconnus du grand public en début de saison. Cette fois, c'est Nuno Da Costa, transfuge de Valenciennes l'été dernier, et surtout Liénard qui ont endossé ce costume. Tout un symbole pour le second, Alsacien pur jus qui a tout connu avec le club depuis son arrivée en 2013, encore en CFA, et qui découvrait l'élite cette saison. Il y a montré qu'il y avait toute sa place, avec 6 buts et 5 passes décisives au final. Mais le natif de Belfort, dont le destin est proche de celui de Jérémy Grimm, aussi excellent samedi, est à l'image de la troupe de Thierry Laurey, il s'est construit dans la difficulté. Et ce depuis cette défaite inaugurale à Lyon qui annonçait un championnat compliqué, ce que les deux premiers mois avaient confirmé (5 points pris sur les 8 premières journées). Et puis la magie de la Meinau a opéré, avec déjà un grand Liénard, pour passer tout près d'une victoire contre l'OM après la trêve internationale d'octobre (3-3).A partir de la mi-février, le doute s'est installéLe coup d'envoi d'un automne de rêve, pour atteindre 24 points à l'issue de la phase aller, avec en point d'orgue l'incroyable succès contre le PSG, battu pour la première fois de la saison à Strasbourg (2-1). 11eme à la trêve, le Racing semblait avoir fait le plus dur dans sa quête de maintien. Laurey avait dégagé une équipe-type, dans son système préférentiel en 4-4-2 losange. Des joueurs se révélaient au haut niveau, comme Jean-Eudes Aholou ou Martin Terrier, transféré de Lille à Lyon pendant le Mercato hivernal contre 15 millions d'euros (hors bonus). Mais l'état de grâce s'est estompé en même temps que l'attaquant international Espoirs français a disparu de la circulation à force de blessures à répétition. A partir de la mi-février, le doute s'est emparé de tout un club, en particulier après le coup d'arrêt de l'élimination à Chambly en quarts de finale de la Coupe de France (1-0), quand le tirage au sort laissait entrevoir une belle épopée.« Le maintien me fait plus 'jouir' que la montée »L'infirmerie n'a jamais désempli, les contre-performances se sont accumulées (11 matchs sans victoire avant samedi), les têtes et les corps ont flanché, à l'image de tous ces matchs où le Racing a ouvert le score sans parvenir à tenir jusqu'au bout. A coup sûr, le spectre d'une relégation sur le même modèle que la dernière en 2007-08, avec 11 défaites consécutives pour finir, a ressurgi du côté de la Meinau. Sauf que le public n'a jamais lâché, contrairement à il y a dix ans. Ce maintien, auquel il a participé par son soutien encore constant samedi, c'est en grande partie le sien. « On s'est mis face à nos responsabilités, a soufflé Gonçalves. Quand on a un public et un peuple comme ça... Ils sont 25 000 là, mais il y a toute l'Alsace derrière, et bien plus encore. On se devait de le faire, même si c'est facile de le dire après. Le faire comme ça, c'est magnifique. » « C'est extraordinaire, le maintien me fait plus 'jouir' que la montée en L1. Ça a été tellement dur d'aller le chercher », a résumé Liénard. Qui a décidément le verbe aussi juste que le pied gauche.

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