Platini, Larqué, Le Graët... Ils réagissent au décès de Robert Herbin

Platini, Larqué, Le Graët... Ils réagissent au décès de Robert Herbin©Panoramic, Media365
A lire aussi

Mathieu WARNIER : publié le mardi 28 avril 2020 à 11h05

Décédé ce lundi de complications cardiaques et pulmonaires à l'âge de 81 ans, l'ancienne légende de Saint-Etienne Robert Herbin aura marqué tout une génération de joueurs et de dirigeants. Nombre d'entre-eux ont partagé leur peine et leurs souvenirs du « Sphynx ».


Michel Platini (déclaration à l'AFP)

« Nous avons vécu ensemble de très belles aventures dans ce club qui ne ressemble à aucun autre. De ces aventures qui marquent toute une carrière et fabriquent de magnifiques souvenirs comme le titre de champion de France en 1981. J'ai aussi une pensée affectueuse pour la communauté des supporters de l'ASSE qui viennent de perdre l'un des plus grands entraîneurs de l'histoire du club. »

Jean-Michel Larqué (propos recueillis par RMC)

« C'est un entraîneur qui avait amené des méthodes nouvelles dans le travail la préparation des équipes. J'ai passé des années avec Robert en tant que joueur puis avec lui en tant qu'entraîneur, je ne l'ai jamais entendu élever la voix. C'était un homme compliqué, mais c'est ce qui faisait son charme. Il avait tellement de qualités à côté de ses addictions qu'on aurait mieux fait d'en parler avant qu'il soit parti. On se souvient de Robert comme entraîneur d'une équipe qui a gagné trois titres d'affilée, mais on oublie que quand il a repris l'équipe, elle était en totale reconstruction en 1972. Il a fait jouer plein de jeunes. Les Dominique Rocheteau et Patrick Revelli, ils avaient à peine 19 ans quand Robby leur a donné leur chance. C'est un entraîneur qui a formé des joueurs et les a amenés au plus haut niveau. Nous, les Verts de 76, on sait tous ce qu'on lui doit. »

Dominique Bathenay (propos recueillis par RMC)

« C'était mon entraîneur, celui qui m'a fait débuter en professionnel. Il a beaucoup apporté au foot français et à Saint-Etienne bien sûr. C'est vrai que Robby parlait très peu. Il pesait ses paroles. On n'avait pas tellement de relations, si ce n'est qu'il nous appelait dans son bureau de temps en temps. Il m'avait appelé une fois pour me dire qu'il y avait plein de choses bien, mais il ne m'avait pas mis dans l'équipe. Il était un peu imprévisible. Il savait motiver ses joueurs sans trop parler. Il était dans le travail, dans tout ce qu'on faisait à l'entraînement. Il y avait une alchimie autour de Robby. Il était emblématique. Il avait porté les couleurs de l'ASSE, il avait été champion de France avec l'ASSE. Il a apporté quelque chose de nouveau dans l'entraînement. Il aurait été en difficulté aujourd'hui avec les médias, les réseaux sociaux, mais c'était sa façon d'être et ça lui a pas mal réussi. Il a beaucoup plus parlé après sa carrière d'entraîneur que pendant. Mais c'était sa logique et son respect du jeu. Il nous a beaucoup apporté. Je l'appréciais beaucoup. »

Laurent Paganelli (propos recueillis par Le Parisien)

« C'était mon père quand j'étais joueur, il est mon entraîneur pour la vie. Il compte beaucoup, beaucoup : on aimait les mêmes choses : Brassens, Brel, la grande musique. Je lui donne tout mon amour. »

Noël Le Graët (propos recueillis par LCI)

« C'est un décès qui nous peine parce qu'il avait à la fois quelque chose de remarquable, de discret et de fort. Il était passionné par son équipe. Il savait faire jouer au football avec beaucoup de discrétion. Robert Herbin, c'est un monument du football. C'était quelqu'un de sérieux, rigoureux, un entraîneur hors-pair, quelqu'un de respecté et de respectable. »

Jean-François Larios (propos recueillis par L'Equipe)

« J'avais trois papas : mon père biologique, mon grand amour, Monsieur Jean Larqué et lui. Ces gens ont fait du bien à tout le monde. Voilà. J'ai perdu mon père. Un homme intelligent, affectueux, humain, respectueux, mélomane et philosophe. Quand j'ai appris cette triste nouvelle, j'ai dit à mon fils : 'C'est toute ma vie qui part'. Mais pas seulement. C'est pratiquement toute l'AS Saint-Étienne qui part avec lui, après Roger Rocher (le président) et Pierre Garonnaire (le directeur sportif). Il ne restera qu'une légende. Parce que pour moi, c'est lui qui incarnait le mieux les Verts. Il adorait le club et il lui est resté fidèle. N'oubliez pas que Robert Herbin a été d'abord un grand joueur de l'AS Saint-Étienne. Son palmarès parle pour lui. Et vous savez, ce n'est jamais facile d'entraîner un club après en avoir été le joueur. Il y est pourtant magnifiquement parvenu. C'est rare, de voir un grand joueur devenir un grand entraîneur. J'espère que "Robby" n'a pas souffert. »

Ivan Curkovic (propos recueillis par Le Parisien)

« Herbin ne parlait pas beaucoup déjà, mais cela ne me gênait pas vu que je ne comprenais pas encore le français. Ce n'est pas forcément avec lui que j'allais progresser dans votre langue. En fait, je faisais chambre commune avec Aimé Jacquet qui a été mon premier professeur de français. C'était un homme qui montrait l'exemple. La réussite des Verts était liée au fameux trio Roger Rocher - Pierre Garonnaire et lui. Maintenant, les trois sont morts et c'est terrible. La prochaine fois que je pourrai venir à Saint-Étienne, je lui rendrai l'hommage qu'il mérite. »

Pierre Repellini (propos recueillis par France TV Sport)

« Je suis très ému. C'est une lourde disparition. J'étais très proche de Robert Herbin, et je le voyais à chaque fois que je venais à Saint-Etienne. Je l'avais vu récemment. Je suis très touché. C'est quelqu'un qui est arrivé avec des idées nouvelles, qui nous a permis de faire tout ce qu'on a réalisé par la suite. Il a surtout amené un changement au niveau des entraînements, avec des séances de physique pur, avec pratiquement pas de ballon, le mercredi. C'était très intense. Mais il a apporté par sa qualité footballistique, car avant d'être l'entraîneur il a été joueur de l'ASSE, dans une équipe mémorable avec Bosquier, Carnus, Keita... C'était un joueur d'exception. Ensuite, il a été l'entraîneur novateur. Il était très proche des joueurs, et il n'avait pas besoin de beaucoup parler pour nous faire comprendre quel était notre intérêt, celui des joueurs et de l'équipe. On a adhéré à sa philosophie et on a fait ce bout de chemin ensemble. »

Didier Deschamps (déclaration à l'AFP)

« Evoquer Robert Herbin, c'est évoquer la légende des Verts, l'un des plus beaux chapitres de l'histoire du football français. Je veux saluer la mémoire de cette très grande personnalité de notre sport, disparue hier (lundi) à Saint-Etienne, une ville qu'il avait inondée de bonheur et de fierté. Je n'avais que sept ans, en mai 1976, lorsque l'AS Saint-Etienne s'est inclinée à Glasgow en finale de la Coupe d'Europe des Clubs Champions, l'équivalent, alors, de la Ligue des Champions, après un parcours qui avait passionné la France entière. Comme beaucoup de Français, j'ai gardé en mémoire quelques souvenirs de cette épopée, le défilé sur les Champs-Elysées le lendemain de la finale perdue notamment. Saint-Etienne avait alors gagné le cœur du pays. »

Claude Puel (propos recueillis par Le Figaro)

« Robert Herbin faisait partie du patrimoine de l'AS Saint-Étienne, il est aujourd'hui entré dans la légende. Il est l'entraîneur, un des éléments majeurs de l'histoire des Verts et de sa renommée. Je n'ai pas eu le privilège de le rencontrer, d'échanger avec lui et de lui témoigner tout mon respect. Je le regrette profondément. Robert Herbin est une mémoire vivante, présente dans le cœur des Verts, partout en France. Il m'a ouvert au football, moi né au Pays de l'Ovalie, gamin suivant l'épopée verte et vibrant comme tout un chacun aux exploits de ses acteurs. Hier (lundi) soir, le Peuple Vert a perdu un membre emblématique de sa famille. Je lui présente mes plus sincères condoléances. »

Vos réactions doivent respecter nos CGU.