Juba Touabi, Media365 : publié le vendredi 28 mars 2025 à 08h44
Le Paris Saint-Germain se retrouve au cœur d'un scandale de grande envergure.
Selon des révélations de Complément d'enquête, l'émission de France 2, le club parisien aurait mis en place, pendant plusieurs années, une opération de manipulation numérique visant à défendre son image en ligne, quitte à harceler ses détracteurs. Au centre de ce dispositif, une équipe d'environ soixante personnes basée en Tunisie, employée par l'agence UReputation. Cette "armée numérique", selon les termes utilisés en interne, aurait agi sur commande du club pour mener des campagnes de dénigrement sur les réseaux sociaux. Objectif : museler toute voix critique.
Les cibles ? Elles vont des journalistes aux supporters opposés à certaines décisions du club, en passant par des figures médiatiques... et même des joueurs, ou leurs proches. Kylian Mbappé et Adrien Rabiot figureraient parmi les victimes de ces attaques numériques, menées via de faux comptes, notamment à travers le pseudonyme collectif Paname Squad, utilisé comme vitrine de ces opérations. Un rapport interne de 50 pages, transmis à la direction du PSG, dévoile les rouages de cette stratégie de communication agressive. Loin d'un simple écart, le document révèle une logique d'infiltration et de neutralisation de la critique, avec la participation active de la cellule communication du club.
« Une volonté qu'on parle toujours bien du PSG »
Des éléments accablants mettent en cause plusieurs hauts responsables. Le président Nasser Al-Khelaïfi aurait été informé de l'existence de cette campagne et aurait validé son financement. Des échanges WhatsApp évoquent même une rencontre directe avec le dirigeant de l'agence tunisienne. À ce jour, aucune procédure judiciaire ne vise toutefois le patron du PSG. Autre figure centrale du système : Jean-Martial Ribes, ancien directeur de la communication du club. Il est accusé d'avoir orchestré personnellement une opération de harcèlement contre un supporter rennais, à la suite d'un incident impliquant Neymar.
Dans un témoignage accordé à France 2, un responsable au sein de l'agence UReputation dira : « Il y avait une volonté qu'on parle toujours bien du PSG. Si un compte influent parlait mal du PSG, ils voulaient le dégommer. » Les méthodes déployées, création de faux profils, diffusion de messages violents, pressions psychologiques, dessinent les contours d'une stratégie délibérément offensive, aux antipodes des pratiques de communication classiques. Alors que le club reste silencieux face aux révélations, l'affaire interroge sur la gouvernance du PSG et les dérives d'un marketing devenu, selon certains observateurs, toxique.













