Paris : A Nkunku de jouer !

Paris : A Nkunku de jouer !©Media365
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Geoffrey Steines, publié le vendredi 08 septembre 2017 à 09h15

C'est avec l'esprit « titi » que le PSG se rendra à Metz vendredi (20h45). Quatre joueurs formés au club pourraient être alignés d'entrée : Areola, Kimpembe, Rabiot et Nkunku, dont ce serait la première titularisation de la saison.

Le natif de Lagny-sur-Marne n'a même pas foulé une pelouse de L1 en 2017-18 et s'est contenté d'une petite minute au Trophée des Champions. Il apparaît pourtant comme l'un des gagnants du Mercato estival du PSG. Les dirigeants parisiens ont concentré leurs efforts de recrutement sur les latéraux et le secteur offensif, sans parvenir à attirer la sentinelle qu'ils désiraient. Dans le même temps, ils ont montré la sortie à Blaise Matuidi (Juventus) et Grzegorz Krychowiak (WBA), appauvrissant la rotation au milieu jusqu'à contraindre le staff à y intégrer Javier Pastore, avant Giovani Lo Celso, voire Angel Di Maria. Une aubaine pour Nkunku, qui a tout pour être, à bientôt 20 ans (il les fêtera le 14 novembre), le prochain produit du centre à se faire sa place dans le groupe pro.

Il en avait quasiment disparu il y a un an. Il avait payé le changement d'entraîneur et l'arrivée d'Unai Emery sur le banc à la place de Laurent Blanc. L'ancien sélectionneur de l'équipe de France l'avait aligné à cinq reprises en L1 sur les deux derniers mois d'une saison 2015-16 où le PSG avait marché sur le championnat et où il était plus facile d'intégrer des jeunes à la rotation. Le technicien basque n'a pas eu ce luxe, avec des débuts compliqués et une adaptation progressive à son effectif. « Ça n'a pas été simple, reconnait José-Karl Pierre-Fanfan, agent de Nkunku interrogé par Foot365. Christopher était en confiance avec l'ancien staff. Quand Emery est arrivé, il a fait confiance aux plus titrés. C'était un jeune qu'il ne connaissait pas, surtout que Christopher était parti avec l'équipe de France U19 pour disputer l'Euro (ndlr : il avait été convoqué dans une liste élargie de 22, avant d'être coupé du groupe définitif de 18) et il avait loupé une partie de la préparation. C'est petit à petit que le staff a appris à le découvrir. »
Nkunku a gagné la confiance du nouveau staff
Il a fallu un déplacement à Montpellier en fin d'automne, sans Marco Verratti, Thiago Motta et Adrien Rabiot, pour que le numéro 24 du PSG ait sa chance. La lourde défaite concédée par Paris à la Mosson (3-0) aurait pu sceller son sort. Mais Nkunku avait surnagé dans le naufrage parisien et tapé dans l'œil d'Emery. Il a ainsi enchaîné les apparitions pour finir à huit en championnat, avec un temps de jeu supérieur à la saison précédente (397 minutes). Il a même joué un rôle prépondérant dans le parcours du PSG en Coupe de France, débutant toutes les rencontres jusqu'aux quarts de finale, et a même disputé vingt minutes du huitième de finale aller de Ligue des Champions contre le FC Barcelone (4-0). « Nous sommes très contents de lui, soulignait Emery en janvier. Il fait ce qu'on lui demande, il écoute tout le monde. On lui dit de jouer à gauche, il joue à gauche. Il s'adapte à la façon dont l'équipe a besoin de lui. »

Sélectionneur national de la génération 1997 chez les U19 et chez les U20, Ludovic Batelli emboîte le pas au coach du PSG. « Il a un profil bien à lui, nous assure-t-il. Il a beaucoup de qualités, un bagage technique largement au-dessus de la moyenne. Il a un sens du jeu collectif, c'est un garçon qui élimine beaucoup par la passe et il a une grosse frappe. » Celle qui lui a permis d'inscrire deux buts de l'extérieur de la surface la saison dernière avec le PSG et de totaliser 9 réalisations en 17 matchs de Youth League. Des statistiques solides pour un milieu de terrain aux points faibles bien identifiés. « Il va falloir qu'il progresse sur la puissance, l'impact, sa capacité à récupérer les ballons et à aller au contact, pour étoffer sa palette, nous détaille Batelli. Ça se travaille à l'entraînement, mentalement aussi, avoir envie d'aller là où ça fait mal, de chercher des ballons dans les pieds, d'être très combatif dans les duels. C'est un état d'esprit, il faut qu'il le développe. Quand il aura ça, je n'ai pas de doute, ce sera un très bon joueur. »
Emery veut s'appuyer sur les jeunes
« De prime abord timide et introverti », de l'aveu de Batelli, Nkunku doit maintenant se faire violence et Pierre-Fanfan abonde dans ce sens. « Il y a un travail mental à faire, il faut assumer ses qualités. Au PSG, personne ne le connait encore réellement. On a vu qu'il était capable de fulgurances la saison dernière et ça a surpris beaucoup de monde. Mais c'est son jeu. C'est un garçon pétri de talent et il n'a pas encore tout démontré. » L'ancien défenseur central du club parisien a un exemple à suivre en tête : celui de Presnel Kimpembe. « Dès l'instant où il joue, il montre qu'il est capable d'être plus qu'un numéro 3, à tel point qu'il fait partie du groupe France, sans avoir 300 matchs de L1. On n'a pas l'impression que c'est un jeune, on voit un défenseur solide et mature. C'est ce que doit dégager Christopher. » Surtout que le parallèle est tout trouvé entre les deux hommes. Kimpembe a profité du départ non-compensé de David Luiz dans les dernières heures du Mercato l'été dernier pour grimper de facto dans la hiérarchie des défenseurs centraux. Une situation qui rappelle étrangement celle de Nkunku actuellement.

D'autant que Pierre-Fanfan envisage 2017-18 comme une « saison charnière ». « Il est en fin de formation, il va avoir 20 ans, enfonce Batelli. Il faut jouer à cet âge-là pour savoir si on a toutes les capacités à basculer dans le très haut niveau. » A en croire Pierre-Fanfan, son poulain poursuit sa croissance à l'entraînement, où il côtoie des références à son poste, et cela lui convient pour l'instant. « Partout ailleurs en France, il aurait plus de temps de jeu. Mais il est en progression, il ne stagne pas, il apprend toujours au quotidien. Christopher ne perd pas son temps. » Il a ainsi écarté les sollicitations de « différents clubs, en France ou à l'étranger ». En sus, « le club n'avait pas spécialement l'envie de le prêter, en tout cas pas dans l'immédiat. On aura peut-être un autre discours en janvier ». En attendant cette échéance, Unai Emery a ouvert en grand la porte mercredi en conférence de presse. « On devra composer sur tous les tableaux, et j'ai envie de suivre cette idée : faire jouer les jeunes talents dès qu'ils méritent d'avoir du temps de jeu. » Comme un appel du pied à Nkunku. Il ne lui reste plus qu'à saisir sa chance. Parce qu'elle ne se représentera probablement pas à Paris.

 
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