L1 - PSG : Unai Emery a 17 jours, pas un de plus, pour faire basculer son destin

L1 - PSG : Unai Emery a 17 jours, pas un de plus, pour faire basculer son destin©Media365

Geoffrey Steines, publié le samedi 17 février 2018 à 07h54

Unai Emery s'avance vers deux semaines qui marqueront à coup sûr un tournant dans sa vie d'entraîneur. Le coach du PSG devra remettre de l'ordre dans son vestiaire tout en préparant le match retour contre le Real Madrid, qui déterminera quel sera son avenir à Paris. Et bien plus encore...

« Mon futur, c’est le présent, penser à bien préparer le prochain match. Aussi le retour contre le Real Madrid. » En quelques mots, Unai Emery a rappelé vendredi en conférence de presse toute l’ambivalence de sa situation. Entrainer le PSG a ceci de particulier qu’il faut concilier l’obligation constante de résultats avec la fixette que fait tout un club sur un objectif précis : remporter la Ligue des Champions. Cette ambition a pris du plomb dans l’aile après la défaite à Santiago-Bernabéu en 8eme de finale aller (3-1). Les Parisiens ont ainsi pris un retard conséquent avant le match retour, mais rien d’insurmontable, et Emery en est le premier convaincu. « Je suis sûr que l’équipe va passer », a-t-il même lancé. Méthode Coué ou pas, il est clair que le technicien basque jouera sa place sur le banc du PSG le 6 mars prochain au Parc des Princes. Mais les 17 jours qui le séparent de cette échéance seront au moins aussi importants que cette deuxième manche en elle-même.

Un vestiaire forcément marqué par Madrid

Parce que pour que la mission parisienne soit un succès au retour, il va falloir qu’Emery réussisse à remobiliser un vestiaire forcément marqué, si ce n’est fracturé, par ce qu’il s’est passé à Madrid. Sur le terrain d’abord, avec un énième échec européen qui a convoqué une énième fois les démons de la « remuntada » et rappelé tout ce qu’il manquait actuellement au club pour devenir un candidat crédible à la victoire finale en Ligue des Champions. En dehors ensuite, avec des choix forts du staff technique, entre la non-titularisation de Thiago Silva au profit de Presnel Kimpembe, le remplacement d’Edinson Cavani par Thomas Meunier et l’absence d’Angel Di Maria sur les 90 minutes. Emery a déjà commencé l’opération déminage vendredi, pour réaffirmer sa confiance en son « grand capitaine » et assurer que l’Argentin était un « joueur important ». « C’est l’Angel que nous voulons, avec cette performance », a-t-il même expliqué au sujet du « Fideo ».

Après Emery le coach, au tour d’Emery le psychologue

Toujours est-il qu’il a sciemment choisi de se passer des services de l’indéboulonnable capitaine du PSG depuis six ans et du joueur le plus décisif d’Europe en 2018, sans oublier un Thiago Motta surpris d’être resté à Paris. Le tout pour ramener une défaite de son déplacement à Madrid, un résultat dont il a assumé pleinement la responsabilité ce vendredi. Il n’est pas certain que cela suffise pour apaiser les premiers concernés et tout l’enjeu sera de les garder sous pression pendant les trois semaines à venir. Il doit leur inoculer l’idée qu’ils ont encore un coup à jouer pour le retour afin de maintenir une concurrence primordiale pour la performance, tant en match qu’à l’entraînement. Si Emery s’est probablement trompé comme coach cette semaine, il va maintenant devoir faire appel à ses qualités de manager et de psychologue pour gérer des egos monstrueux, meurtris par l’épisode madrilène. Ceux des déçus et ceux des battus, qu’il faut une nouvelle fois rassurer sur leur capacité à viser plus haut que les quarts, voire même les huitièmes, en Ligue des Champions.

Un calendrier plus clément qu’avant le match aller

C’est en ça que l’enchaînement qui arrive en dira davantage sur le cuir dont est fait l’ancien entraîneur du FC Séville ou de Valence, qui a un motif d’espoir à trouver dans le calendrier à venir. Si le PSG avait dû enchaîner quatre déplacements avant de se rendre dans la Capitale espagnole, il devra faire face à un menu moins indigeste cette fois, avec trois rencontres à domicile de suite (Strasbourg puis Marseille deux fois) avant de se rendre à Troyes. Il aura même droit à huit jours consécutifs sans match, ce qui ne lui est plus arrivé depuis la trêve hivernale. Bien évidemment, avant de partir en reconquête contre le Real, il ne faudra pas tomber dans le piège d’un promu ou, pire encore, perdre au Parc son invincibilité contre le rival marseillais qui dure depuis novembre 2011. Mais le rendez-vous qui dira vraiment ce que sera l’avenir d’Emery, à Paris ou ailleurs, tant il jouera sa réputation avec le meilleur groupe qu’il n’ait jamais coaché qualitativement, il est programmé pour dans 17 jours. Pas un de plus.

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