L1 - PSG : Pourquoi Paris ne parvient pas à placer l'institution au-dessus des joueurs ?

L1 - PSG : Pourquoi Paris ne parvient pas à placer l'institution au-dessus des joueurs ?©Media365

Julien Pereira, publié le samedi 10 mars 2018 à 08h30

Logiquement éliminé par le Real Madrid en Ligue des Champions, le Paris Saint-Germain a démontré qu'il n'avait toujours pas réussi à placer l'institution au-dessus des individualités. En réalité, il paie aussi la stratégie appliquée depuis l'arrivée de QSI. La preuve.

Parce qu'il cède aux capricesMarco Verratti est à l'image du projet parisien : plein de promesses, vide de certitudes. Il est aussi l'une des causes de son balbutiement. Parce qu'il a multiplié les caprices. Et la direction parisienne s'est pliée devant chacun d'entre eux. Depuis son arrivée en 2012, l'Italien a vu son salaire revalorisé à quatre reprises, grâce notamment à l'insupportable communication de son ex-agent Donato Di Campli. En décembre dernier, nos confrères de L'Equipe annonçaient un nouvel accord entre le « Petit Hibou » et le club pour prolonger son contrat et rehausser son salaire à 12 millions d'euros par an. Il ne s'élevait « qu'à » 850000 euros il y a cinq ans. Aux caprices financiers du milieu de terrain s'ajoutent aussi ceux de Thiago Motta ou encore d'Adrien Rabiot, qui avait, un temps, répété à l'envie qu'il n'appréciait guère évoluer en sentinelle. Curieusement ou non, ces trois-là n'ont absolument pas été au niveau mardi, face à la Casa Blanca. Sportivement comme économiquement, le club de la Capitale n'a jamais dit non à ses protégés. Et il le paie. Encore. Mais d'une autre façon.Parce qu'il n'accorde pas assez d'importance aux joueurs valeureux Le PSG se laisse malmener par les joueurs versatiles. Mais il ne garde pas la même marge de manœuvre pour des joueurs moins exigeants mais tout aussi importants. Vendredi, nos confrères du journal Le Parisien ont révélé le spleen d'Edinson Cavani, l'Uruguayen n'appréciant pas le rôle de faire-valoir qu'il a endossé vis-à-vis de Neymar et la relation qu'il entretient avec le Brésilien. Malgré la solidité de sa saison -24 buts en 25 matchs de Ligue 1- les dirigeants parisiens ne seraient pourtant pas décidés à le retenir contre vents et marées. Pire, Antero Henrique aurait même tenté de le proposer au championnat chinois l'été dernier. Thiago Silva, qui souffre d'une réputation à moitié erronée, entre dans la même catégorie que l'Italien. Ils comptent pourtant, l'un comme l'autre, parmi les joueurs dont le comportement est irréprochable. Ils sont si rares à Paris.Parce que sa communication est trop protectrice Jusqu'à présent, Julian Draxler n'avait jamais affronté, publiquement, son supérieur hiérarchique. Mardi, après la défaite face au Real Madrid, l'Allemand s'est finalement ajouté à une liste devenue trop longue, où figurent certains joueurs ayant manifesté, d'une manière ou d'une autre, leur mécontentement concernant les choix de leur entraîneur. Sur ce point précis, le Paris Saint-Germain n'est pas une exception. Mais sur la gestion de ces cas, il en est une. L'année dernière, lors de la mi-temps de la finale de la Ligue des Champions, Leonardo Bonucci s'était, par exemple, opposé à Massimiliano Allegri et une partie de ses coéquipiers. La nouvelle a fuité quelques jours plus tard. La Juve a immédiatement mis son défenseur sur le marché. Lorsqu'il a été interrogé, en conférence de presse, sur les déclarations de son joueur, Emery a évoqué une rencontre avec Antero Henrique et Maxwell et avancé une « mauvaise interprétation » de ses mots. Ils étaient, pourtant, on ne peut plus clairs.Parce que son entraîneur n'est pas assez influent Emery a probablement des torts. Mais rappelons-le encore : ses connaissances tactiques, qui l'ont mené aux succès à Séville, ne reposent pas sur du vent. Et finalement, sa responsabilité sur les récents échecs parisiens ne dépendait peut-être pas que de lui. Face à la pléiade de stars, le technicien a probablement eu les épaules trop frêles pour mener un vestiaire aussi costaud. « Un entraîneur doit être suivi par son équipe, a justement confié Arrigo Sacchi à nos confrères de L'Equipe. Quand je vois l'attitude de Verratti l'autre soir... Non, à certains niveaux, on ne peut pas se comporter de telle façon. Et s'il le fait, c'est qu'il y a un problème ». Certains entraîneurs, comme José Mourinho ou Diego Simeone, ont bâti la plupart de leurs succès sur leur leadership. Mardi, jamais les joueurs du PSG n'ont donné l'impression qu'ils étaient prêts à aller à la guerre avec leur coach.

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