L1 - Kool Shen : " Avant le remuntada, le PSG marchait sur l'eau "

L1 - Kool Shen : " Avant le remuntada, le PSG marchait sur l'eau "©Media365
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David HERNANDEZ, publié le lundi 29 mai 2017 à 08h21

Pour beaucoup, il est le membre d'un des plus grands groupes de rap français, NTM. Pourtant, Kool Shen, de son vrai nom Bruno Lopes, a réussi à se faire un nom dans le monde du poker. Présent à Marrakech pour le « Sismix Winamax » qu'il avait remporté en 2016, ce fan du PSG s'est confié, en toute décontraction, pour Foot365 sur sa passion qu'est le football et son regard sur le club de la Capitale.

Bruno Lopes, il y a Kool Shen le joueur de poker, Kool Shen le rappeur, mais il y a eu aussi Kool Shen le footballeur...
C'est vrai que je suis un accro au foot depuis tout petit. J'ai joué en club au Racing, j'étais plutôt bon comme joueur. J'avais fait un test au RC Lens pour intégrer le centre mais au final, je ne me sentais pas prêt à quitter ma famille et tout le reste. J'avais dit à mon père : « On s'en fout, on va y arriver ». Bien sûr, il y avait l'aspect financier qui pouvait entrer en jeu, mais quand je regarde le chemin parcouru, je me dis que j'ai bien fait de continuer sur le rap, ça m'a plutôt pas mal réussi. Mais je reste un spectateur assidu, surtout que je rencontre des personnalités du foot dans les tournois de poker.

Comment expliquez-vous que les anciens footballeurs soient de plus en plus nombreux dans les tournois de poker ?
Tout le monde a eu un petit peu cet engouement quand le poker est arrivé, vers 2007. Tout le monde a voulu tester entre amis. Les sportifs sont des compétiteurs. Ils sont plus attirés par les tournois où il y a un vrai enjeu. Le « cash game » les intéresse moins parce que tu viens, tu perds, tu peux remettre de l'argent. Dans un tournoi, on arrive tous avec le même nombre de jetons et c'est bagarre jusqu'à la fin. C'est ce côté compétition qui les attire.

Ça vous arrive de croiser des joueurs actuels ?
Pas vraiment, non. Je vois régulièrement Camel Meriem (ancien international français passé par Marseille et Bordeaux notamment), c'est un bon petit qui sait manier les cartes. Je l'ai vu à Las Vegas, il est là sur les gros événements. Il y a également Bernard Mendy (ancien joueur du PSG et de l'équipe de France), qui est au Sismix aussi. Après des joueurs actuels, j'ai croisé Neymar à Barcelone. Mais c'est seulement parce qu'il est sponsorisé par une marque de poker et qu'il est footballeur. Je ne suis pas sûr qu'il y comprenne grand chose au poker. C'est comme (Rafael) Nadal, c'est avant tout marketing, ils ont autre chose à faire que de se prendre la tête.
Kool Shen : « Le PSG de Laurent Blanc était un régal à regarder »
Vous avez dit en préambule que vous restez un spectateur assidu du foot, notamment du PSG. Quel regard portez-vous sur la saison votre club de cœur ?
C'est dur, on a souffert. Après, il ne faut pas tout jeter. Tout allait bien jusqu'à Barcelone. On était encore en course pour le titre et on fait un match incroyable à l'aller au Parc des Princes contre le Barça (4-0). C'est le match parfait, en plus derrière, on met une fessée au Vélodrome (victoire 1-5 contre l'OM). On marchait sur l'eau. J'ai clairement pris une claque avec le 6-1. Avant de me relever, il va en falloir du temps, donc c'est forcément négatif par rapport aux années précédentes.

Etait-ce mieux avec Laurent Blanc ?
Avant, on gagnait tout sauf la Ligue des Champions. Oui, il fait sa tactique foireuse contre Manchester City avec son 3-5-2, mais il nous manque (Marco) Verratti, (Blaise) Matuidi. Donc tu craches sur Blanc parce que tu perds contre City, mais tu ne regardes pas qui il manque aussi. Ce n'était pas le (Edinson) Cavani de cette année non plus. Il lui fallait huit occasions avant d'en mettre une. C'est du foot, donc tu peux gagner avec de la chance, mais ça ne marche pas à chaque fois. La critique de Laurent Blanc, je ne comprends pas. Le mec a gagné presque tous les titres possibles, mais vu qu'il n'a pas gagné la Ligue des Champions, c'est un entraîneur nul ? Je pense que vous avez compris que j'aimais bien Laurent Blanc. A une époque, c'était un régal de voir jouer le PSG et il ne faut pas me dire que c'était la Ligue 1, parce qu'on voit le résultat cette année.

C'est aussi une équipe composée de stars. Il faut savoir être pédagogue, voire même ravaler sa fierté, quand on est coach, non ?
Ça doit être dur à gérer au quotidien, surtout au moment où il y avait Zlatan (Ibrahimovic). Je l'adore comme joueur, c'est un phénomène, il a un putain de charisme. Mais tu sais que tu ne peux rien lui dire. Les autres, ce ne sont pas des demi-stars non plus. Donc si tu fais un passe-droit à lui mais pas à l'autre, c'est tout bon pour foutre la merde.
Kool Shen : « Je préfère jouer avec Ronaldinho plutôt que de le citer dans une chanson »
Le meilleur exemple pour le PSG reste l'affaire Aurier, qui ressemble clairement à un passe-droit offert par le club. Qu'en avez-vous pensé ?
Les mecs sont tout le temps à poil en train de faire des snapchats, donc c'est aussi à eux de se protéger. On peut prendre l'exemple de Serge Aurier. Je n'ai rien contre lui, c'est un très bon footballeur, très fort, mais sur le coup de son Periscope, le mec a craqué et ne se protège pas assez. C'est un peu le problème avec ces réseaux sociaux.

Les réseaux sociaux ont aussi permis à la culture du rap et du foot de se mélanger. On a pu voir Blaise Matuidi avec Niska ou MHD. Malgré votre amour du ballon rond, vous ne vous êtes jamais affichés avec des footballeurs à l'époque de NTM...
Si à l'époque il y avait eu les réseaux sociaux, on aurait su que Robert Pirès écoutait du NTM. Je me souviens qu'une fois, il avait dit qu'il nous écoutait, mais ça s'est arrêté là. Avec Twitter ou Facebook, tu fais une interview, tu mets des hashtags et tout de suite, tu demandes à être ami. A l'époque, on ne pouvait pas faire ça, je n'avais pas le numéro de Pires pour lui dire : « Sympa, tu as parlé de nous ». On était encore au téléphone avec des fils ! (rires).

Ca ne vous est jamais arrivé de faire des titres avec des références au foot ?
Je ne vois pas le rapport entre le foot et le rap. Si c'est pour mettre « comme un dunk de LeBron James » ou « comme un crochet de Ronaldinho », je n'en vois pas l'utilité. Avec Joey, on écrivait des textes, pas des titres à punchlines ou pour faire de la pub. Donc c'est bien que Ronaldinho fasse des crochets, mais j'aurais préféré jouer un match avec lui plutôt que de le mettre dans une chanson.

Pour terminer, quelle a été votre plus grande joie footballistique ?
Le choix est dur, mais je pense que la victoire en 98 dépasse tout. J'étais au Stade de France. Il y a aussi des victoires quand tu es gamin, que tu te qualifies pour la finale du Val d'Oise, tu es comme un fou, c'est ta Coupe du Monde à toi. Mais pour le symbole, ça reste 98 car c'est en France, c'est chez moi à Saint-Denis. Depuis que je suis petit, je veux faire du foot et je me retrouve au Stade de France à Saint-Denis pour un France - Brésil ! On me l'écrit, je ne crois même pas que c'est possible !

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