L'âme de ce Paris, c'est Cavani

L'âme de ce Paris, c'est Cavani©Media365
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Geoffrey Steines, publié le lundi 23 octobre 2017 à 11h40

Le destin envoie des signes qui ne trompent pas. Sans l'expulsion de Neymar quelques minutes plus tôt, Edinson Cavani n'aurait probablement pas tiré ce coup-franc de la 92eme minute dimanche à Marseille. Il n'aurait pas eu la chance d'envoyer un délicieux tir enroulé frapper la barre de Steve Mandanda et retomber dans le but de l'OM, pour éviter au PSG une première défaite toutes compétitions confondues cette saison (2-2), qui plus est dans un Clasico.

DE NOTRE ENVOYE SPECIAL A MARSEILLE

Il fallait un coeur gros comme ça et une paire bien accrochée d'un autre mot qui commence par un c pour sortir ce geste-là à ce moment-là. « C'est un but important parce que le match commençait à passer, on était dans les dernières minutes et on en avait besoin, a soufflé Cavani au micro de Canal+ juste après le coup de sifflet final. C'est un point et c'est tout. » « On s'en sort sur un bel exploit d'Edi, a reconnu Kylian Mbappé dans la zone mixte de l'Orange Vélodrome. On était dos au mur et Edi a réussi à nous sortir d'une situation périlleuse. » Jamais jusque-là l'attaquant international uruguayen n'avait réellement posé sa patte sur un Clasico.


Jamais héros d'un Clasico

Pas de manière positive en tout cas, alors qu'il avait été désigné comme le principal responsable du nul concédé au Parc des Princes l'année passée à pareille époque (0-0). Il s'était toujours effacé derrière Zlatan Ibrahimovic, l'omnipotent Suédois pendant toute sa carrière parisienne, qu'il l'était encore plus les soirs d'affrontements avec l'OM. Là encore, ce n'était pas lui qui était cité comme le principal danger pour la défense marseillaise en vue de ce week-end. Neymar et Mbappé devaient la faire exploser en morceaux. Au mieux, Cavani allait récupérer les miettes et profiter du travail de ses compères. Sauf que les artistes étaient des solistes oubliant de se mettre au service du collectif, comme trop souvent ces dernières semaines. Alors l'ancien de Palerme et de Naples s'est débrouillé tout seul pour apporter son écot. Un tir cadré sur une action à zéro passe (13eme), un centre de Layvin Kurzawa repris comme il le pouvait à bout portant (17eme), et c'est tout ce qu'il y avait en stock au rayon des occasions de but. A celui des courses défensives et des efforts sans ballon, il y avait bien plus de choix.

Avec onze Cavani, le PSG aurait répondu à l'OM

Une habitude pour Cavani, qui ne compte jamais ses replacements défensifs et court pour trois dans un trio offensif qui coupe régulièrement le PSG en deux par son inactivité à la perte du ballon. Le talent de Neymar et Mbappé ne suffit pas à faire une grande équipe, à même de prétendre remporter la Ligue des Champions en fin de saison. Il est même une menace pour l'équilibre du groupe quand il confine à la facilité et à la nonchalance, ce qui était le cas dimanche. Avec onze Cavani sur le terrain, Paris serait moins à l'aise balle au pied, mais il aurait répondu au défi physique imposé par les Marseillais et rivalisé sur le terrain vers lequel les débats ont glissé au fil des minutes. Contrairement à ses compères de l'attaque, « El Matador » a bien intégré l'importance du Clasico, pour sa cinquième saison à Paris. Comme Marquinhos, qui avait répété son appétence pour ce rendez-vous à longueur d'interviews dans la semaine et a appuyé ses dires par une prestation de patron en charnière centrale, Cavani ne disputait pas une rencontre comme les autres et il l'a démontré d'un bout à l'autre.


« Tout donner pour sortir du terrain la tête levée »

Ces deux leaders n'ont pas suffi à emmener les leurs dans leur sillage, aussi parce qu'ils n'ont pas aujourd'hui les clés du camion. Ils ne sont jamais mis en avant et restent dans l'ombre de partenaires plus brillants, au sens qu'ils attirent toute la lumière. Mais Unai Emery et le PSG devraient en faire des guides au sein d'un effectif qui manque parfois de caractère et d'esprit club. Cavani a autant à apprendre à Mbappé que Neymar, alors même que le Brésilien s'est imaginé en mentor du Français, dans le même rôle que Lionel Messi à Barcelone avec lui. Il a même quelque chose d'autrement plus important à transmettre au tout frais Golden Boy 2017, qui était bien plus garçon que doré ce dimanche. Il a cette grinta, cette façon de s'arracher sur tous les ballons, dont Mbappé aurait la bonne idée de s'inspirer, plutôt que de regarder avec envie les arabesques techniques de Neymar. « C'est le football, c'est comme ça ! Ce sont des matches difficiles, tu peux perdre ou gagner, mais tu as besoin de tout donner pour sortir du terrain la tête levée », soufflait Cavani au sortir de la rencontre. Lui le pouvait dimanche. Un mantra à diffuser désormais chez ses coéquipiers.
 
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