Dagba, le " titi " que personne n'avait vu venir

Dagba, le " titi " que personne n'avait vu venir©Media365

Geoffrey Steines, publié le samedi 23 février 2019 à 07h30

Très apprécié par Thomas Tuchel, Colin Dagba entre régulièrement en jeu depuis son retour de blessure début février. Au coup d'envoi de la saison, le latéral parisien ne faisait pourtant pas partie des « titis » les mieux placés pour bénéficier d'une place dans la rotation.


Le choix de Thomas Tuchel a marqué les esprits. Pour son deuxième changement à Old Trafford contre Manchester United en 8eme de finale aller de Ligue des Champions (0-2), l'entraîneur du PSG avait différentes options pour remplacer Angel Di Maria. Eric-Maxim Choupo-Moting s'imposait comme une évidence, avec son vécu et son expérience de la Premier League. Layvin Kurzawa avait pour lui un profil de pur gaucher, quand Moussa Diaby et Christopher Nkunku étaient les jeunes joueurs offensifs les plus utilisés depuis le début de la saison. Mais Tuchel a opté pour Colin Dagba, lancé à un poste inhabituel d'ailier gauche pour défendre le résultat sur les 10 dernières minutes. « C'était exceptionnel pour moi, a reconnu le principal intéressé en conférence de presse vendredi. Honnêtement, je ne pensais pas rentrer dans un match comme ça. » En particulier pour une toute première apparition en Ligue des Champions.

Dagba adoré par Tuchel

C'est la preuve de la confiance que voue Tuchel à Dagba, qui sort pourtant d'une première moitié de saison tronquée par des pépins physiques à répétition depuis sa blessure contre Reims fin septembre (4-1). Le technicien allemand n'a même pas cherché à masquer son admiration pour l'ancien de l'US Boulogne-sur-Mer, arrivé à Paris en 2016 : « Je ne sais pas si c'est intelligent de ma part de le dire ici, mais j'aime Colin. C'est un garçon incroyable, il est absolument fiable. Il fait l'entraînement chaque jour avec le même niveau et le même état d'esprit. C'est un top remplaçant, il est très important pour nous. Il est très fiable dans chaque position. Il a la qualité pour commencer, mais avec ses blessures musculaires sur la dernière année, je suis très prudent avec lui. Il va très vite, il est très fiable techniquement et il ne perd pas de ballons faciles. Il a une bonne lecture du jeu, il apprend beaucoup dans les jeux de possession à l'entraînement. Il a vraiment la mentalité pour apprendre, apprendre et apprendre. »

Dagba a gagné du temps de jeu grâce à sa polyvalence

D'où les dividendes qu'il reçoit actuellement suite à son investissement. Enfin débarrassé de ses soucis, Dagba reste ainsi sur quatre entrées en jeu consécutives, dans quatre rôles différents : ailier gauche donc, mais aussi milieu droit à Saint-Etienne (0-1) et relayeur contre Montpellier (5-1). Il était aussi entré à son poste de prédilection face à Bordeaux (1-0), à savoir latéral droit. Sur le papier, la présence de Dani Alves, dont il regardait des vidéos après s'être fixé dans ce rôle, et de Thomas Meunier devait le condamner à un temps de jeu très réduit, voire inexistant, pour sa première saison pleine avec le groupe professionnel. Mais le natif de Béthune gratte des minutes grâce à sa polyvalence, empiétant même sur les plates-bandes de Nkunku, qui partait avec une longueur d'avance pour ses références avec l'équipe première. Diaby et Stanley N'Soki, voire même Antoine Bernede, depuis parti rejoindre l'écurie Red Bull qui surveille aussi la situation de Dagba, avaient davantage fait parler d'eux lors de l'été.

Dagba dans la lignée des Areola, Kimpembe et Rabiot ?

Mais le numéro 31 parisien est le « titi » qui monte, qui monte, et il est ainsi récompensé de sa décision de ne pas quitter le PSG en prêt cet hiver. « Je sentais que le club avait confiance en moi, surtout le coach », a-t-il justifié, décrivant sa relation avec Tuchel comme « bonne », dans un sourire. S'il assure ne pas avoir foncièrement changé depuis son départ du centre de formation - « Je suis toujours le même joueur, sauf que maintenant, je m'entraîne avec des stars et j'en apprends tous les jours » -, Dagba laisse poindre une vraie ambition : celle de s'inscrire dans la lignée de ces joueurs du centre de formation ayant réussi à s'imposer comme des titulaires en puissance, à l'instar d'Alphonse Areola, Presnel Kimpembe ou Adrien Rabiot. « Je pense que c'est possible. Il va falloir que je sois patient et que je continue à travailler. Ce qui devra arriver arrivera, on verra plus tard. » Un discours qui ne devrait faire qu'entretenir la flamme qui brûle pour Dagba dans le cœur de Tuchel.

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