OL : Garcia n'a pas changé grand-chose...

OL : Garcia n'a pas changé grand-chose...©Media365
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David HERNANDEZ, publié le samedi 30 novembre 2019 à 08h00

Lyon continue d'alterner le bon et le moins bon avec Rudi Garcia, comme l'a encore montré la défaite de mercredi en Ligue des Champions, sur le terrain du Zenit Saint-Pétersbourg (2-0).

Durant son règne à Marseille, Rudi Garcia était souvent sorti de ses gonds pour s'en prendre à l'arbitrage, à l'adversaire ou tout simplement à ses joueurs. Depuis son arrivée à Lyon, le coach français s'était plutôt montré calme, malgré quelques tacles sur le corps arbitral. Mais il semble que la défaite en Russie en Ligue des Champions mercredi, sur la pelouse du Zenit Saint-Pétersbourg, était la goutte de trop. A la veille du déplacement à Strasbourg samedi (17h30), Garcia s'est montré dur dans ses paroles et n'a pas hésité à tancer les coéquipiers d'Anthony Lopes. « Il faut qu'il y ait une prise de conscience de la part des joueurs, savoir ce qu'ils veulent : si on veut continuer à être sur courant alternatif et être médiocre ou prendre plein de points sur les prochains matchs de championnat et se qualifier en Ligue des Champions contre Leipzig à domicile... »

L'OL n'aime même plus les gros



Pour la première fois depuis le début de son mandat, le technicien lyonnais a clairement ciblé le manque d'implication de ses joueurs. Est-ce le sentiment d'avoir une dernière cartouche face à Leipzig qui a poussé l'OL à jouer à reculons en Russie ? Peut-être, mais ce n'est clairement pas la raison principale. Oui, Lyon est une équipe qui joue sur courant alternatif et ce mal ne date pas d'aujourd'hui. Bruno Genesio n'avait jamais hésité à appuyer sur ce point durant ses trois ans sur le banc, sous-entendant que les Gones choisissaient en partie leurs matchs.

Seulement, à la différence des dernières saisons, les septuples champions de France font profil bas au moment de se frotter aux cadors de Ligue 1 ou en Ligue des Champions. Depuis le début de la saison, le club de Jean-Michel Aulas a joué quatre matchs importants, que ce soit en termes de prestige ou de résultat. Que ce soit contre le PSG (0-1), Saint-Etienne (1-0), l'OM (2-1) ou donc Saint-Pétersbourg, ça s'est soldé par des non-matchs et une défaite. « On sent l'équipe un peu fragilisée mentalement par le début de saison, il y a peut-être un manque de confiance, a concédé Lucas Tousart en conférence. On a vu qu'il y a une différence avec l'arrivée du nouveau coach. »

Toujours les mêmes problèmes



Le milieu de terrain lyonnais appelle à ne pas s'affoler, mais il y a bien urgence. 9eme du championnat, à neuf longueurs de la deuxième place, Lyon ne peut plus se permettre de laisser des points en route et d'être aussi irrégulier dans l'effort. Genesio a été pointé du doigt pendant trois ans comme le responsable du manque de régularité de l'équipe lyonnaise. Sylvinho a bien essayé de créer un bloc compact, certes poussé à l'extrême, mais a pris la porte au bout de deux mois. Garcia essaye de bousculer les habitudes, mais le mal est bien profond.

Et si finalement le véritable problème était les joueurs ? Dans la mentalité de certains, le simple talent intrinsèque devrait suffire pour faire les différences. Dans un passé pas si lointain, de nombreux matchs se sont décidés sur le talent d'un Memphis Depay ou d'un Nabil Fekir. Mais la réalité du football est toute autre. Sans collectif, l'individuel n'est rien et c'est aujourd'hui ce qui fait défaut à l'OL. Face au Zenit, la principale faiblesse de ces dernières années dans le repli défensif a de nouveau sauté aux yeux, à l'image de l'action amenant le premier but russe. « Tout le monde a du caractère, poursuit Tousart. Mais tout le monde n'a peut-être pas du caractère pour le mettre au service du collectif. » Avec trois coachs en mois de six mois, Jean-Michel Aulas a battu un record. Mais le président lyonnais se trompe peut-être de cible.

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