L1 - Lyon : Bruno Genesio est-il vraiment le seul responsable ?

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Alessandro Pitzus, publié le samedi 23 septembre 2017 à 08h02

Cible systématique des supporters de l'OL ces derniers mois, Bruno Genesio n'est pourtant pas le seul responsables des maux lyonnais. Son président Jean-Michel Aulas a aussi une grande responsabilité.

Pas un jour ne se passe sans que le nom de Bruno Genesio n'enflamme le peuple lyonnais. Sur les réseaux sociaux ou ailleurs, la mode de ces derniers mois consiste à l'ensevelir de critiques. Il est l'homme responsable de tous les problèmes de l'OL aux yeux de la majorité des supporters rhodaniens. Que lui reproche-t-on exactement ? D'être un entraîneur indigne. Grosso modo, c'est ce qu'on peut lire ici et là quand on a la chance (ou pas) de naviguer sur Twitter. Certes, le technicien de 51 ans n'est probablement pas un grand coach. Et il ne le sera sûrement jamais. Ses capacités tactiques et son analyse du jeu ont souvent montré qu'il était limité dans cet aspect. Mais si la situation perdure, si le lynchage populaire se poursuit, c'est aussi parce que Jean-Michel Aulas n'a jamais daigné changer d'entraîneur pour des raisons qui l'arrangent bien.
Le poids du président Aulas
Dans un club où les ego sont plus présents dans la coulisse que dans le vestiaire des joueurs, l'ancien formateur devenu coach fait tache dans le décor. Même s'il est estampillé « made in Lyon », sa personnalité trop lisse et son côté taiseux font de lui un intrus au milieu des Jean-Michel Aulas, Bernard Lacombe (conseiller du président) ou Gérard Houllier (conseiller extérieur du président), jamais avares de mot en tout genre et friands de polémiques. Pas facile non plus de composer dans un club où le président est omnipotent, omniprésent et concentre l'attention comme nul autre. Quand le patron de l'OL se déchaîne pour critiquer le PSG ou retweeter des messages du compte officiel pour laisser entendre que Paris serait favorisé par l'arbitrage, Bruno Genesio, lui, essaye de parler football tant bien que mal. « Je n'ai pas l'habitude de revenir sur l'arbitrage, a-t-il indiqué en conférence de presse jeudi. Les faits de match, ce sont nos mauvais choix à des moments stratégiques du match. Mon métier consiste plus à me pencher là-dessus qu'à parler d'arbitrage. » Surtout quand l'OL fait autant douter Paris au Parc des Princes alors qu'on lui promettait une valise. Cette désolidarisation n'est certainement pas anodine. Alors que JMA l'avait défendu contre vents et marées la saison dernière, ce dernier n'a pas hésité à le fragiliser après un match nul dans tous les sens du terme contre Limassol lors de la première journée de Ligue Europa (1-1) : « Il faudra que Bruno Genesio regarde précisément pourquoi, quelques fois, nous avons été faibles sur le plan technique alors que nous n'avons que des très bons joueurs ». En voulant secouer le cocotier, Aulas a apporté de l'eau au moulin des anti-Genesio.
« Pep » Genesio, la victime parfaite
Même la performance séduisante des Rhodaniens dans la capitale n'a rien changé à la situation très inconfortable de Bruno Genesio. Il y avait eu les moqueries, les « Pep » Genesio, les « Genesio démission », les chants hostiles, les sifflets, les insultes, la défiance, mais un cap a encore été franchi ces dernières semaines. Son numéro de téléphone personnel a ainsi été mis en ligne sur les réseaux sociaux par un supporter mécontent du jeu proposé par les Gones. Comme si Lyon se cherchait un bouc-émissaire à tout prix. Quand Jean-Michel Aulas provoque à tout va, dépasse les bornes, personne ne trouve rien à y redire. Mais son coach n'a pas ce totem d'immunité. D'ailleurs, aucun entraîneur n'y a eu un jour le droit à Lyon. Peu d'entraîneurs récents ont laissé de bons souvenirs. Il n'y a qu'à se remémorer les fins de cycle d'Hubert Fournier et de Claude Puel. Quand un entraîneur à poigne débarque à Lyon, cela finit toujours de la même manière : mal. Avec Genesio, Jean-Michel Aulas n'a pas eu ce genre de problème vue la passivité affichée par le Lyonnais. JMA peut bien faire son numéro devant les caméras de J+1 lorsqu'il croise Claudio Ranieri, l'entraîneur de Nantes, en lui affirmant qu'il aurait adoré travailler avec un coach comme lui. Il l'aurait fait s'il le désirait vraiment. Car le patron fait toujours ce qui lui plait. Peut-être que Genesio est plus facilement manipulable qu'un entraîneur renommé. Et cela arrange probablement beaucoup de personnes.

 
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