Bruno Genesio (Lyon) : " Je ne me voyais pas continuer dans ce contexte "

Bruno Genesio (Lyon) : " Je ne me voyais pas continuer dans ce contexte "©Media365

Raphaël Brosse, publié le jeudi 18 avril 2019 à 16h40

A l'occasion de la traditionnelle conférence de presse d'avant-match, Bruno Genesio a insisté sur l'importance de la réception d'Angers (vendredi, 20h45). L'entraîneur de Lyon a également évoqué sa décision de ne pas prolonger à l'issue de la saison.



Bruno Genesio, comment cette semaine s'est-elle déroulée ?

Nous avons eu une semaine entière pour travailler tactiquement, ce qui est appréciable vu le contexte. J'ai vu un groupe très studieux. J'ai senti beaucoup d'entrain, d'envie, de qualité. Nous avons pu mettre en place de bonnes séances de travail, aussi bien défensives qu'offensives.

Avez-vous activé des leviers particuliers afin de redonner de la confiance à votre groupe ?

Le travail d'une part, mais surtout le dialogue. Malgré leur expérience, les joueurs en ont clairement besoin. Dans ces périodes difficiles, il faut mettre l'accent là-dessus. L'idée générale n'est pas de fuir nos responsabilités ou de dédouaner qui que ce soit, c'est de trouver des solutions et de prouver que l'on peut faire beaucoup mieux.

Avez-vous eu droit à des marques de sympathie suite à l'annonce de votre départ en fin de saison ?

Certains de mes joueurs ont manifesté leur soutien. J'ai aussi reçu beaucoup de messages de la part de gens du football. Mais ce n'était pas ce que je recherchais. Je veux que l'on atteigne notre dernier objectif, qui est très important pour le club. Le reste, on en reparlera fin mai.

Genesio : « Une seule équipe est réellement menaçante pour nous »

Quand l'équipe a-t-elle perdu le fil ? Au Camp Nou ?

Non, la défaite à Barcelone n'a pas été l'élément déclencheur de notre série, c'était du bonus pour nous. Cela n'a pas eu d'influence sur notre comportement. C'est la demi-finale de Coupe de France qui nous a plombés. Cette élimination a été très traumatisante, car le match que nous avions produit quelques jours auparavant à Rennes avait été très bon. Ensuite, nous n'avons pas su redresser la barre dans un contexte délicat. Quand l'équilibre est fragile, ça peut basculer dans le mauvais sens. Mais je suis rassuré, tout le monde a bien réagi à l'entraînement cette semaine.

Appréhendez-vous la réaction du public vendredi ?

Non, absolument pas.

Derrière, deux équipes se rapprochent dangereusement de votre troisième place...

Non, il n'y en a qu'une qui est réellement menaçante (Saint-Etienne, ndlr). Il faut occulter le résultat, tout ce qui peut être véhiculé autour de nous. Nous avons toujours notre destin en mains, grâce à nos trois points d'avance. Donc si nous gagnons nos six derniers matchs, ce sera bon. Nous devons retrouver de la joie, de l'enthousiasme, car il n'y a rien de pire que de voir une équipe triste sur un terrain.

Genesio : « Il n'y a pas de fracture »

Quel regard portez-vous sur Angers, votre adversaire du week-end ?

C'est une équipe difficile à battre, qui a changé sa façon de jouer tout en gardant son organisation, sa discipline et son engagement athlétique. Ils y ont ajouté une dominante technique, ça joue bien au football. En plus, ils ont du caractère et reviennent souvent au score, comme ils l'ont prouvé ces dernières semaines. On s'attend à un match compliqué. A nous de montrer que nous avons retrouvé nos vertus.

Qu'est-ce qui a dicté votre choix de laisser Nabil Fekir et Memphis Depay sur le banc vendredi dernier ?

Tous ces choix dépendent de ce que je vois, de ce que je ressens, et me permettent aussi de protéger des joueurs. Ils sont faits dans l'intérêt de l'équipe, pour proposer ce qui me semble être le meilleur onze possible. Il n'y a pas de mise à l'écart, ni de fracture, rien de tout cela.

Il faut reconnaître que Nabil Fekir et Marcelo connaissent une période délicate...

Vous ciblez des joueurs dans vos analyses, mais ce n'est pas comme cela qu'on avance. Nous sommes tous responsables, le problème est collectif. Pour Nabil, il était nécessaire de le faire souffler sur ce match. Vendredi, il sera titulaire. C'est notre capitaine, il doit guider le navire. Il a déjà prouvé à maintes reprises qu'il savait réagir dans des situations difficiles.

Genesio : « Cette annonce ne m'a pas soulagé »

Sentez-vous les jeunes joueurs de l'effectif suffisamment matures pour assumer leurs responsabilités ?

On verra cela au cours des six matchs à venir. Attention, je ne leur demande pas de se débrouiller par eux-mêmes ! Je ne suis pas en semi-retraite, mon rôle est de les guider. Eux vont tout donner pour le club. J'attends juste qu'ils suivent mes consignes : courir et jouer simple.

Comment expliquez-vous la mauvaise passe actuelle du PSG ?

Ce n'est plus la même équipe que celle que nous avons battue. Quand sept ou huit joueurs majeurs manquent à l'appel, c'est plus compliqué, même pour un top entraîneur du calibre de Thomas Tuchel. Cela montre aussi qu'il y a de la qualité dans les autres équipes du championnat de France.

La défaite parisienne dimanche dernier à Lille (5-1) n'a pas dû arranger vos affaires...

C'est sûr que nous aurions préféré qu'ils battent le LOSC. Mais on ne peut pas déplorer un manque d'équité. Leurs meilleurs joueurs sont blessés, point. Il n'y a rien à ajouter.

Êtes-vous soulagé depuis l'annonce de votre départ à l'issue de la saison ?

Rassurez-vous : je continue de bien dormir ! Mais honnêtement, cette annonce ne m'a pas soulagé, car je ne souhaitais pas partir. J'ai pris cette décision parce que je ne me voyais pas continuer dans ce contexte là.

Vos réactions doivent respecter nos CGU.