L1 - Nice : La philosophie de Lucien Favre est-elle encore compatible avec la philosophie du club ?

L1 - Nice : La philosophie de Lucien Favre est-elle encore compatible avec la philosophie du club ?©Media365
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Julien Pereira, publié le samedi 09 septembre 2017 à 08h11

L'été niçois a peut-être démontré que Lucien Favre n'était plus tout à fait en phase avec la politique de ses dirigeants. Mais rien n'est irréversible, et quelques consensus pourraient permettre aux Aiglons de retrouver un équilibre.

L'OGC Nice n'était-il qu'un miracle ? La question a pris de l'épaisseur dans l'esprit commun ces dernières semaines : le collectif des Aiglons s'est effrité et le marché des transferts a laissé des traces indélébiles. Ce simple constat amène une autre interrogation : la philosophie de Lucien Favre, bien qu'appréciable, est-elle encore compatible avec la politique -tout aussi louable- du club azuréen ? Certains signaux, apparus ces dernières semaines, renforcent le pessimisme. D'autres laissent penser que rien n'est irrémédiable. Explications.
Balotelli divise encore
Le technicien suisse n'a pas toujours sa langue dans sa poche. Surtout quand ses joueurs ne répondent pas à ses exigences. Autant dire qu'après trois défaites en quatre matchs de Ligue 1 et une élimination en barrages de Ligue des Champions, Favre s'est souvent montré loquace en ce début de saison. Et Mario Balotelli en avait été la première victime, après une prestation famélique face au Napoli. « Quand il y en a un ou deux qui ne font rien sur le terrain, c'est impossible de gagner contre n'importe qui, même en Ligue 1, avait-il d'abord lâché, sans nommer l'Italien, avant de préciser. Mario n'était pas dans le coup, il faut appeler un chat un chat. J'aurais dû le sortir beaucoup plus vite, il a trop peu couru, il s'est trop peu investi. » La saillie n'avait rien de surprenant, « Super Mario » ayant bâti sa réputation sur ses coups de génie autant que sur ses prestations fantomatiques. Mais elle contraste, aussi, avec la récente sortie de Jean-Pierre Rivère, monté au créneau pour défendre l'attaquant face aux critiques de certains consultants de radio. « Mario est un très gentil garçon, il a un énorme talent. Je donne mon avis, il n'a peut-être pas travaillé dans les précédents clubs comme il aurait dû le faire, ou comme on aurait dû lui faire faire. Il y a un travail pédagogique qui est important », a confié le président de l'OGCN à RMC. Sur la côte d'Azur, l'un défend avant tout ses résultats sportifs. L'autre soutient sa politique. Et aucun des deux n'a tort.
Saint-Maximin, l'incarnation du débat
Le cas du buteur de Palerme est si complexe qu'il ne peut, à lui seul, témoigner d'un possible décalage entre le staff technique et la direction niçoise. Mais il existe d'autres exemples, dont l'un est particulièrement éloquent. Comme Balotelli, Allan Saint-Maximin a convaincu les dirigeants par son talent et l'opportunité qu'il représentait, puisque Leonardo Jardim ne comptait pas sur lui à l'AS Monaco. Comme l'Italien, il n'a toujours pas convaincu son entraîneur, malgré des performances encourageantes, notamment face au Napoli, où il a été l'un des seuls à créer le danger. « Il faut savoir jouer avec le collectif aussi. C'est facile de courir avec le ballon. Mais il faut jouer juste, combiner à deux ou trois joueurs. Savoir déstabiliser les autres équipes, c'est encore autre chose. Il a des qualités, mais il a énormément de boulot », avait tancé le coach, répondant à un journaliste qui vantait le dynamisme de l'ancien Bastiais. Favre est un bâtisseur, long-termiste, alors que la stratégie des dirigeants niçois rappelle les manœuvres de dépôt-vente opérées par leurs voisins monégasques. L'histoire récente a prouvé qu'elles pouvaient être fructueuses, tant sur le plan sportif qu'économique.
Sneijder et Mendy pour combler Favre
Mais l'instabilité causée par une telle approche est probablement l'une des responsables des défaillances collectives de l'OGCN, alors que l'équilibre installé par le Suisse réclame le contraire. « On veut peut-être trop, on oublie parfois quelques bases. Il faut trouver le système qui convient aux joueurs cadres, que l'on fonctionne correctement, en équipe », avouait-il récemment. Heureusement pour lui, certaines recrues ont fait consensus. Wesley Sneijder et Nampalys Mendy sont autant de paris qui ont tout pour plaire au coach de Saint-Barthélemy. C'est peut-être la raison pour laquelle le Batave, pas toujours réjouissant depuis son arrivée, bénéficie toujours de la clémence du technicien, et que Nampalys Mendy l'a enthousiasmé avant même de jouer, parce qu'il « n'est pas qu'un bon joueur, qu'il est une personne positive, qui fait avancer les choses », disait-il au moment de sa présentation. Les questions existentielles étaient peut-être un peu hâtives. Et finalement, l'obstacle de Favre est celui de tous ses confrères : suivre, du mieux possible, le cap des décideurs.

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