Quand Beckenbauer entraînait l'OM de Tapie

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Paul Rouget, Media365 : publié le lundi 08 janvier 2024 à 21h42

L'illustre Franz Beckenbauer, décédé dimanche, aura entraîné l'Olympique de Marseille de Bernard Tapie au début des années 90. Une drôle d'expérience pour le champion du monde allemand...

Décédé dimanche, à l'âge de 78 ans, Franz Beckenbauer, considéré comme le plus grand footballeur allemand de l'histoire, est aussi l'un des trois seuls, avec Mario Zagallo et Didier Deschamps, à avoir remporté la Coupe du monde en tant que joueur puis en tant que sélectionneur. Et il a bien failli avoir Deschamps sous ses ordres. En 1990, auréolé de son sacre sur le banc de la Mannschaft lors du Mondiale italien, le « Kaiser » finit par accepter la proposition de Bernard Tapie et débarque à l'OM. Il n'y restera qu'une saison (1990-1991), et n'aura pas entraîné Deschamps, alors prêté à Bordeaux. En septembre 1990, il succède à Gérard Gili sur le banc phocéen. Mais après 15 matchs (8 victoires, 2 nuls et 5 défaites), il jette l'éponge, alors que les affaires commencent à s'accumuler à Marseille.

Surpris par l'interventionnisme de Tapie

"Très vite, plusieurs affaires ont fait la une des médias français avec Tapie mêlé à plusieurs scandales. En décembre 1990, je lui ai demandé d'accepter ma démission, mais il a fini là encore par me persuader de continuer jusqu'à la fin de la saison. Non plus comme entraîneur, mais en tant que directeur technique", confiait-il à L'Equipe en octobre 2021, après la disparition de l'homme d'affaires. C'est donc en tant que directeur technique, avec le Belge Raymond Goethals, futur champion d'Europe, sur le banc, qu'il poursuit l'aventure à Marseille, jusqu'à la fin de cet exercice 1990-1991, qui verra les Provençaux être sacrés champions de France et s'incliner en finale de la Coupe de France et, surtout, de la C1, contre l'Etoile Rouge de Belgrade (0-0, 3-5 t.a.b.). Et si, humainement, Beckenbauer aura vécu une aventure "particulièrement enrichissante" à l'OM, il avoue avoir été surpris par l'interventionnisme de Tapie. "Juste avant le coup d'envoi des matchs, il changeait subitement la tactique sans me laisser le choix. Il avait le droit, car en France, le président joue un rôle plus important qu'en Allemagne et il peut tout se permettre. C'était lui le patron, quasiment le propriétaire de l'équipe. Je suis heureux d'avoir travaillé avec un personnage aussi fascinant et déroutant", racontait-il ainsi.

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