L1 - OM : Le nouveau schéma tactique de Garcia pose quelques problèmes

L1 - OM : Le nouveau schéma tactique de Garcia pose quelques problèmes©Media365
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Geoffrey Steines, publié le dimanche 01 octobre 2017 à 10h20

L'accroc de l'OM sur la pelouse du RB Salzbourg a mis en lumière certains des problèmes causés par le changement de système opéré en ce début de saison, Rudi Garcia étant passé du 4-3-3 au 4-2-3-1.

L'OM n'y arrivait pas, il lui a fallu une évolution tactique pour remettre de l'ordre dans la maison. Après deux claques à Monaco (6-1) puis contre Rennes (1-3), Rudi Garcia a abandonné le 4-3-3 pour passer à un 4-2-3-1 destiné à redonner de l'équilibre à son équipe. Mission accomplie, avec trois victoires sans prendre de but consécutives toutes compétitions confondues, jusqu'à la rechute chez le RB Salzbourg jeudi en Ligue Europa (1-0). Si la thèse de l'accident de parcours, avec une équipe remaniée, peut être retenue, l'accroc en Autriche a mis en lumière certains des problèmes causés par le changement de système opéré en ce début de saison. Il y en a d'autres plus pernicieux, qui se nicheront dans la difficile gestion de l'effectif ou dans l'acceptation philosophique de cette nouvelle donne. Bien les négocier sera l'une des clés de la réussite de l'OM de Garcia dans les prochains mois.
Un effectif construit pour le 4-3-3
Son innovation tactique, l'entraîneur marseillais l'a sorti de son chapeau deux semaines après la clôture du Mercato estival. Problématique quand la triplette qu'il forme avec Jacques-Henri Eyraud et Andoni Zubizarreta s'est efforcé de bâtir un groupe pour évoluer en 4-3-3. Un souci qui s'est vu quand Garcia a procédé à un turnover en Ligue Europa. Il manque un 6 aux Olympiens et ils souhaitent désormais en aligner deux dans un système à double pivot. La recette fonctionne bien avec Luiz Gustavo et André-Frank Zambo Anguissa, mais quelles sont les solutions de rechange à ce duo ? Morgan Sanson serait bridé offensivement, Maxime Lopez n'a pas le coffre ni le volume à la récupération, Grégory Sertic est surtout un défenseur central désormais.

Le plus à même de pallier une absence du Brésilien ou du Camerounais, c'est Boubacar Kamara, un gamin de 19 ans. Compliqué de lui filer les clés du camion à son âge, avec seulement trois matchs chez les pros dans les jambes. Autre souci : qui pour évoluer comme Dimitri Payet derrière l'attaquant ? Lopez a touché ses limites à ce poste à Salzbourg et Sanson serait encore cantonné à un rôle qui n'est pas le sien. Il y aurait bien la piste Valère Germain, travailleur sur le plan défensif et habitué à jouer avec une pointe. Mais dès lors, l'OM passerait dans un 4-4-2 qui remettrait encore en cause son équilibre. Ce n'est pas l'objectif.
Des egos à gérer
Il y a du bon à installer une équipe-type : elle a la confiance de l'entraîneur et le temps pour développer des automatismes. Mais il y a le retour de bâton à gérer : la frustration des remplaçants, dont le rôle devient quasi-permanent. Surtout que Garcia a éjecté de son onze de départ des joueurs comme Evra, Sanson, Germain ou Lopez. Le premier est censé être le patron du vestiaire et vivrait mal d'être derrière Jordan Amavi pour le poste de latéral gauche. Les deux suivants sont des recrues emblématiques de l'« OM Champions Project », avec près de 20 millions d'euros déboursés pour les embaucher. Le dernier était le « Minot », le symbole d'un centre de formation qui doit à terme renouer avec sa prospérité d'antan et sur lequel la nouvelle direction souhaite s'appuyer.

Tous autant qu'ils sont pourraient miner le vestiaire par leur envie d'obtenir davantage de temps de jeu si la hiérarchie devait se figer dans le temps. D'autant qu'ils se retrouvent tous derrière des joueurs au CV moins ronflant que le leur (Amavi, Zambo Anguissa, Ocampos, Njie). Garcia va devoir leur faire avaler la pilule, et pas seulement en les jetant en pâture, comme à Salzbourg en Ligue Europa, à l'image d'un Sanson utilisé à un poste d'ailier gauche qui n'est pas le sien. « Je manque de repères, ce n'est pas mon poste, a soufflé l'ancien Montpelliérain dans des propos rapportés par La Provence. Pour dépanner, OK. Mais on verra sur le long terme. » Comme si un mal-être commençait déjà à grandir chez lui.
Encore plus d'obligation de gagner
Bien évidemment, il y a cette prestation aboutie contre Toulouse (2-0), le match-référence de l'OM jusque-là cette saison. Mais en dehors de cette copie sans rature, les Marseillais ont toujours soufflé le chaud et le froid, même en 4-2-3-1. A vouloir équilibrer son équipe, Garcia lui a enlevé une touche technique dans l'entrejeu et cela pourrait se ressentir dans la construction. En somme, fini le romantisme, place au pragmatisme. Une option qui payera sur la Canebière si, et seulement si, la courbe des résultats connait une hausse significative.

Quand Didier Deschamps était passé derrière Eric Gerets, il avait fait passer son message en amenant son équipe au titre de champion de France dès sa première saison, en produisant un jeu plus restrictif que celui du technicien belge. Marcelo Bielsa n'a mené son équipe qu'à la quatrième place de L1 en 2014-15, mais il a acquis un statut légendaire pour avoir fait frissonner tout le Vélodrome pendant une saison. Garcia sait à quoi s'attendre : s'il était déjà sous pression après un départ moyen en championnat, elle s'intensifierait si ses choix plus frileux ne payaient pas. Parce que ça, le Vieux-Port ne le pardonnerait pas.

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