L1 - Marseille : Pourquoi Kostas Mitroglou doit désormais être titulaire

L1 - Marseille : Pourquoi Kostas Mitroglou doit désormais être titulaire©Media365
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Julien Pereira, publié le samedi 31 mars 2018 à 08h12

Rudi Garcia n'a vraisemblablement pas entamé de réflexion concernant l'attaquant qui doit être titulaire à l'Olympique de Marseille. A ses yeux, Valère Germain est toujours indéboulonnable. Pourtant, les faits et la dynamique enclenchée par Kostas Mitroglou ces dernières semaines ont de quoi lancer le débat. Voire même, faire pencher la balance en faveur du Grec.

Kostas Mitroglou, c'est peut-être Maxime Lopez qui en parle le mieux : « Quand il marque, on dit que c'est le meilleur, quand il ne marque plus, ce n'est plus le cas ». Le minot n'a pas grossi le trait. Au début de l'année, l'attaquant grec avait été conspué par l'Orange Vélodrome, au bout d'une prestation sans saveur -mais jugée « correcte » par son entraîneur- lors de la victoire de l'Olympique de Marseille face à Valenciennes en 32ème de finale de Coupe de France (1-0 ap). Deux mois et demi plus tard, dans la même enceinte, et cette fois-ci face à l'ennemi lyonnais, le mastard de Kavala a été applaudi. Entre-temps, il n'a pourtant rien fait de mémorable, si ce n'est rafler trois points en 35 secondes chrono à Toulouse (1-2), claquer un triplé sans influence à Bourg-en-Bresse (0-9), ou s'offrir le but du set devant Metz (6-3).Mitroglou est un vrai buteur, et l'OM n'a que luiAu-delà de la reconnaissance que ces réalisations lui ont permis d'obtenir, « Mitro » a surtout gagné du temps, nécessaire à ses détracteurs comme à ses soutiens, pour entamer une réflexion sur ce qu'il est. Ou plutôt, sur ce qu'il a toujours été. Techniquement, rien n'a changé : le joueur de 30 ans est toujours un buteur à sang froid, à l'opposé de son concurrent direct, Valère Germain, dont les qualités le rapprochent plus d'un meneur de jeu que d'un finisseur. Sur cette différence s'est établi le reste : lorsque l'OM se cherchait des idées, au cœur de l'automne, il était plus question de construire les occasions que de les finir. L'ancien Monégasque en avait été l'une des réponses naturelles.Plus efficace que GermainMais à l'entame du fameux « sprint final » et de la 31ème journée de L1, la problématique n'est plus du tout la même. Le milieu de terrain olympien est défini. Rôdé. Dimitri Payet est souvent brillant. Florian Thauvin aussi. Et pour avaler un calendrier favorable en championnat, où l'OM n'affrontera que des équipes en quête de maintien si l'on excepte les réceptions de Montpellier et de Nice, les Olympiens auront besoin d'efficacité avant tout. Surtout si leur printemps européen s'éternise, et qu'une gestion minutieuse des organismes s'ajoute aux tâches de Rudi Garcia. A ce jeu-là, Mitroglou est, quoi qu'on en dise, sa meilleure arme. En L1, l'ancien buteur du Benfica a inscrit 5 buts. Germain a marqué à 6 reprises, mais passé 1000 minutes de plus sur les terrains. L'équivalent de 11 matchs.Enfin débarrassé des blessuresLe rendement se lit aussi dans d'autres chiffres, du pourcentage de duels gagnés, lui aussi favorable au Grec (44% contre seulement 30% pour Germain), au nombre d'occasions créées par match, similaire entre les deux hommes. Jusqu'à présent, cet implacable constat avait été assombri par tout ce qui ne se rapporte pas à la vérité du terrain. Désormais, le buteur semble débarrassé de ses problèmes musculaires, qui avaient freiné son intégration. « On a mis à profit ce temps de blessure pour le remettre bien physiquement », a confié son entraîneur en conférence de presse. Sous-entendu, le responsable de la performance Paolo Rongoni et son staff lui ont probablement concocté un programme sur-mesure pour lui ôter les quelques kilos superflus qu'il avait amassés durant l'été, avant et après son transfert.Le plein de confiance, surtoutAujourd'hui, Mitroglou compte parmi les joueurs les plus affûtés du groupe, puisqu'il « n'a pas été entamé physiquement par le nombre de matches d'affilée joués » par ses coéquipiers, comme l'a justement souligné Garcia. Il en est, aussi, l'un des hommes ayant amassé le plus de confiance depuis le début de l'année civile. Grâce, notamment, à l'appui de ses compagnons de vestiaire : « Je me sens assez proche de lui, parce qu'on a souvent été sur le banc ensemble et qu'on a beaucoup discuté, a rapporté Maxime Lopez. C'est quelqu'un de super. Je l'apprécie beaucoup. Maintenant, même à l'entraînement, on sent qu'il est en confiance ». « Il y a eu beaucoup de relationnel avec ses partenaires, des marques de reconnaissance, d'affection, qu'ils ont pu lui porter au moment où ça n'allait pas bien, a renchéri le technicien phocéen. Kostas ne dit pas grand-chose, mais il marche à l'affect ». Mieux, l'Orange Vélodrome a aussi compris qu'il pouvait y gagner en donnant à Mitroglou. Rudi Garcia ? Pas encore.

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