L1 - Marseille : Cet OM est l'anti-OL, c'est même la clé de sa réussite

L1 - Marseille : Cet OM est l'anti-OL, c'est même la clé de sa réussite©Media365

Geoffrey Steines, publié le dimanche 18 mars 2018 à 07h30

D'un côté, il y a l'OL, capable de fulgurances et de matchs enivrants, de battre le PSG (2-1), Monaco deux fois (3-2 en L1 puis 2-3 en Coupe de France) et Marseille (2-0) ces six derniers mois, mais d'une inconstance impardonnable au haut niveau. De l'autre, il y a l'OM, qui n'a plus battu la triade PSG-ASM-Lyon depuis près de trois ans en championnat et qui est pourtant le favori pour compléter le podium, grâce à une régularité exceptionnelle, aussi démontrée en Ligue Europa. La différence entre les deux Olympiques, en préambule de leurs retrouvailles à l'Orange Vélodrome ce dimanche en clôture de la 30eme journée de L1 (21h00), elle se situe dans la tête. Là où les Lyonnais n'ont pas réussi à se souder autour de valeurs communes, les Marseillais font preuve d'un état d'esprit irréprochable, malgré une qualité de jeu pas toujours au diapason.

Cette réussite, c'est celle de Rudi Garcia, qui a su convaincre son groupe de le suivre dans cette voie. Un travail accompli en seulement 18 mois, rendu plus difficile par tous les changements ayant bouleversé la direction et l'effectif au cours de cette période. « Cette équipe a une âme et ce n'est pas facile à créer, a soufflé le coach de l'OM samedi en conférence de presse. On l'obtient aussi grâce à l'addition de joueurs avec un esprit positif. On a des jeunes et aussi des cadres qui sont formidables. Il y a une harmonie et les victoires aident à l'entretenir. On peut s'appuyer là-dessus, oui. Depuis le début de saison, on a fait preuve de caractère. » Ce n'est pas un hasard si l'OM a arraché trois points dans le dernier quart d'heure sur les deux dernières journées, contre Nantes (1-1) puis à Toulouse (1-2). Une statistique traduit la capacité des Marseillais à faire la différence en fin de match et à impliquer un maximum de joueurs dans le projet : ils ont marqué 9 buts par des remplaçants en L1 cette saison, total le plus élevé. Cela représente 15% de leurs buts (9/59).A contrario, les Lyonnais ont tendance à perdre des points dans le « money time ». Rien qu'en 2018, ce fut le cas à Monaco (3-2), à Lille (2-2) ou contre Saint-Etienne (1-1). Sur la phase aller, ils avaient aussi plongé régulièrement dans l'emballage final (Bordeaux, Dijon, Angers). Depuis l'élimination en Ligue Europa au terme d'une prestation indigente contre le CSKA Moscou dans la semaine (2-3), les langues se délient sur les egos qui minent le vestiaire et les excès d'individualisme auxquels ils conduisent. Bruno Genesio les a condamnés avec virulence et Jean-Michel Aulas lui a emboîté le pas. Au moment où l'OL est engagé dans une course-poursuite derrière l'OM pour ne pas tout perdre cette saison et continuer de rêver à une qualification pour la prochaine Ligue des Champions, c'est tout sauf anodin. Surtout que son principal concurrent a beau s'être construit dans l'urgence, il dispose d'un effectif bien plus expérimenté, qui regorge de joueurs avec du vécu.Steve Mandanda, Rolando, Adil Rami, Dimitri Payet, Kostas Mitroglou : ils ont tout connu au cours de leur carrière et pris le contrôle du vestiaire, où chacun connaît son rôle. Celui de Luiz Gustavo, c'est celui du sage. Lui sent la sérénité peu commune qui émane de l'effectif. « Je crois beaucoup à la force de cette équipe et de ce groupe, a souligné le milieu brésilien samedi. Au Bayern, quand on a gagné la Ligue des Champions (2013), la solidarité était la plus grande qualité de l'équipe. Un joueur peut être triste car il n'a pas joué, mais il doit être préparé à ça. C'est la force de ce groupe. » Conscient que le moindre grain de sable peut enrayer une machine fragile qu'est un groupe de sport collectif, Garcia appelle à la vigilance. « Il faut être capable de reproduire ça demain (dimanche). Si on gagne, on abordera la fin du championnat dans de bonnes conditions. On veut rester à quatre points de Monaco, dans la roue. Si on joue mal et qu'on gagne, ça me va bien aussi. » Du pragmatisme et un esprit de corps : la recette miracle de cet OM. L'OL aurait bien fait de s'en inspirer.

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