Achat de matchs, usage de psychotropes... Marc Fratani accable l'OM des années Bernard Tapie

Achat de matchs, usage de psychotropes... Marc Fratani accable l'OM des années Bernard Tapie©Media365

Raphaël Brosse, publié le samedi 02 mars 2019 à 15h10

Dans un entretien accordé au Monde, Marc Fratani décrit des pratiques illégales qui auraient eu cours à l'Olympique de Marseille lorsque le club phocéen était dirigé par Bernard Tapie. Matchs achetés, usage de psychotropes... les révélations sont édifiantes.

Principalement marquée par un sacre en Ligue des Champions en 1993 mais aussi par l'affaire VA - OM la même année, l'ère Bernard Tapie à l'Olympique de Marseille (1986-1994) n'a pas fini de faire parler. Marc Fratani vient d'ailleurs de souffler sur les braises. Celui qui a été attaché parlementaire de l'ancien président olympien s'est livré sans concession au Monde. Dans une interview qui paraîtra dimanche (et dont L'Equipe a relayé quelques extraits), il a assuré que les dirigeants phocéens se sont livrés à des faits de corruption. Et pas uniquement contre Valenciennes. « J'étais au courant de toutes les activités de Jean-Pierre Bernès, le directeur sportif du club, a avoué Fratani. Je les ai couvertes et il m'est même arrivé d'y participer. (...) A partir de 1988-1989, il (Bernès, ndlr) se lance avec Tapie dans une entreprise de corruption qui va durer quatre saisons. (...) Il ne s'agissait pas d'acheter tous les matchs. Ils ciblaient les adversaires principaux. Selon Jean-Pierre Bernès, l'OM a notamment volé deux titres à Monaco. »

Fratani : « L'anesthésiant était injecté à l'intérieur de bouteilles en plastique »

Les révélations de Marc Fratani (auteur de l'ouvrage Le mot d'ordre était liquidons Tapie !, publié en 2009) sont accablantes. L'ex-collaborateur de Tapie a par ailleurs avoué avoir lui-même « participé à un achat d'arbitre » dans le cadre d'un PSG - OM, et a affirmé qu'il arrivait que les adversaires des Ciel et Blanc soient drogués. « On déstabilisait aussi l'adversaire en utilisant des psychotropes : du Haddol, un anesthésiant, a-t-il expliqué. A l'aide de seringues à aiguilles ultra fines, le produit était injecté à l'intérieur de bouteilles en plastique. Tout ce qui était consommable par l'adversaire était traité. » Un témoignage édifiant, qui devrait entraîner des réactions ou démentis en provenance des parties mises en cause.

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