Aurélien Canot, Media365 : publié le mardi 12 mai 2026 à 10h55
Après avoir été élu meilleur entraîneur de Ligue 1 pour la première fois de sa jeune carrière, lundi soir lors des Trophées UNFP, Pierre Sage (47 ans) n'a pas caché sa surprise d'avoir reçu le trophée alors que Luis Enrique faisait partie des autres nommés. Le coach de Lens l'attribue avant tout au travail de tout son staff. Par ailleurs, l'ancien adjoint d'Habib Beye au Red Star a tenu à lui apporter tout son soutien.
Pierre Sage, vous avez été élu meilleur entraîneur de Ligue 1 en devançant notamment Luis Enrique, le meilleur entraîneur du monde. Qu'est-ce que vous inspire cette victoire ?
Ce que j'en pense ? Qu'il aurait dû gagner. Aujourd'hui, c'est beaucoup de fierté surtout, parce qu'on a effectivement fait beaucoup avec peu, et ça valorise le travail de notre staff et aussi toute l'adhésion des joueurs qu'il y a eu toute la saison, mais aussi leurs performances.
Pensez-vous que le titre de champion soit toujours accessible avant d'affronter mercredi le PSG ?
Non, le titre de champion a été bien fêté par les Parisiens et ils ont bien eu raison de le faire.
Être reconnu dans son pays pour un entraîneur français, est-ce que ça a une saveur particulière à vos yeux ?
Je vous avoue que je n'ai pas d'éléments de comparaison. Bien sûr, le fait d'être français, de remporter ce trophée dans mon pays, c'est une grande fierté. Mais je suis un entraîneur français qui s'est formé en France mais qui s'est aussi formé à l'étranger (NDLR : Il était passé par le Qatar au début de sa carrière d'entraîneur), donc c'est vrai que c'est une valorisation du travail, mais un cursus qui est international malgré tout.
Comment fait-on pour diffuser un message clair et de gagne auprès des jeunes lorsque l'on arrive comme cela a été votre cas à Lens dans un vestiaire qui manque d'expérience ?
Tout simplement en ayant des exigences qui soient adaptées au potentiel et aux caractéristiques des joueurs qu'on a face à nous et qui correspondent également à la culture et à l'identité du club et de la région. Ensuite, c'est une cohérence entre ces éléments-là et ce que vous proposez au quotidien ainsi que de l'endurance dans les processus malgré quelques régulations. De manière à ce que le modèle prenne vraiment la forme souhaitée au fur et à mesure de l'avancée dans la saison.
Vous êtes un éducateur et un formateur du football français. Etes-vous fier de vous et de votre parcours ?
Pour moi, ce n'est pas une fin en soi. C'est une récompense qui arrive très rapidement, parce que je suis un jeune entraîneur de Ligue 1, j'ai moins de 100 matches coachés en pro (93), et je me souhaite, comme je le souhaite à tous mes collègues, de vivre encore beaucoup, beaucoup de choses très positives dans leur carrière. À partir du moment où on est passionné, engagé au quotidien et qu'il y a des clubs qui nous font confiance, ou nous refont confiance après une période d'inactivité, on a envie que ça continue et que ça continue à se développer surtout.
Sage : "Assez surpris d'être là"
Vous allez découvrir la Ligue des champions la saison prochaine. Que peut-elle apporter à votre jeune carrière ?
Une nouvelle expérience, ce sont forcément de nouvelles contraintes à gérer. On est en train de les anticiper par la réflexion autour de l'effectif et par rapport à l'ajustement des process. Car peut-être aussi qu'on fait une belle saison cette année parce qu'on ne joue qu'un match par semaine, contrairement à un certain nombre de nos adversaires. Donc il faut être conscient de cette chose-là et considérer que la saison prochaine sera encore plus difficile, mais si elle s'annonce palpitante.
A votre nomination, vous aviez annoncé que vous n'étiez pas un grand fan de ce type de récompenses individuelles car c'était celle d'un collectif. Comment allez-vous dès lors partager cette récompense ?
D'abord, je suis assez heureux d'avoir entendu cette même version de la bouche de tous les entraîneurs, joueurs et joueuses qui ont été récompensés ce soir (lundi) mais aussi de celle d'autres acteurs de notre football tant aimé. Pour partager ça, j'assume déjà devant vous que c'est la victoire d'un staff avant d'être celle d'un coach. Peut-être que ça va me coûter un restau ou quelque chose comme ça, mais il va falloir que je fasse quelque chose. J'avoue que je n'y avais pas pensé car je suis assez surpris d'être là face à vous.
Vous aviez été l'adjoint d'Habib Beye au Red Star. Quel regard portez-vous sur votre réussite comparée aux difficultés qu'il connaît, lui, à Marseille ?
Je vous remercie de me parler d'Habib. Déjà, ce qu'il faut savoir, c'est que j'ai été adjoint d'Habib Beye pendant un an et demi, et que le Red Star est monté l'année où je suis parti. Ils sont montés sans moi et n'ont pas eu besoin de moi pour monter, et Habib et le reste du staff ont fait un travail extraordinaire, puisque les choses ont progressé d'année en année. Je suis assez solidaire d'Habib, par rapport à ce qu'il vit, par rapport à ce qu'on lui impose, et je pense, très sincèrement, que s'il continue à s'accrocher, si on lui laisse le temps, que les planètes s'alignent dans le bon sens pour lui, tout va aller pour lui. Car, honnêtement, pour l'avoir côtoyé au quotidien, c'est à la fois une belle personne et un grand coach.














