Bordeaux, une saison qui traîne en longueur

Bordeaux, une saison qui traîne en longueur©Media365

Raphaël Brosse, publié le samedi 09 mars 2019 à 10h25

Englué dans l'anonymat de la deuxième partie de tableau (13eme), Bordeaux n'a, a priori, plus grand-chose à craindre ni à espérer de la saison 2018-19. Difficile, dès lors, de trouver un réel intérêt à cette fin d'exercice, alors que Paulo Sousa vient à peine d'arriver.

Dans quelques années, au moment de réveiller leurs vieux souvenirs et d'évoquer les performances de leur club, les supporters bordelais assureront sans doute que la saison 2018-19 était longue. Au sens propre comme au sens figuré. Sur le pont depuis fin juillet pour disputer des tours préliminaires de Ligue Europa, Bordeaux est en effet la première équipe française à avoir revêtu le bleu de chauffe. Les Aquitains clôtureront l'exercice en ayant disputé 54 matchs officiels toutes compétitions confondues, ce qui représente un total plus que conséquent. Cependant, le qualificatif « longue » peut ici également s'entendre au sens de « pénible, harassante ». Depuis le début de la phase retour, les Girondins enchaînent les prestations peu convaincantes, accumulent les résultats décevants et s'enracinent à un treizième rang indigne de leur statut. Relativement loin des affres de la zone rouge certes. Mais aussi à une distance non négligeable des accessits européens.

Pour Bordeaux, la « cassure » est survenue à Strasbourg

En 2017-18, le FCGB avait égayé sa fin de parcours par une folle remontée au classement, conclue à une inespérée sixième place. « Nous n'avons pas du tout la même équipe que l'an passé, a toutefois rappelé Eric Bedouet en conférence de presse. Celle-ci est beaucoup plus jeune. » Pour le technicien bordelais, le tournant de la saison a eu lieu fin janvier, lorsque ses protégés ont été battus par Strasbourg en demi-finale de la Coupe de la Ligue (3-2). « Strasbourg était sur un nuage et nous avons commis des erreurs monumentales, a-t-il regretté. Cela a engendré une cassure qui nous a fait beaucoup de mal. Nous aurions eu besoin d'un peu plus d'expérience pour relancer la machine. » Où trouver de la motivation désormais, alors que les Marine et Blanc n'ont gagné qu'une seule de leurs huit dernières rencontres ? « On ne peut pas rester là, à ressasser les échecs et à dramatiser la situation, a affirmé Benoît Costil. Il nous reste onze matchs à jouer. Notre position au classement n'est réjouissante pour personne. Ce n'est pas une période agréable. Maintenant, à nous de faire les efforts pour faire la meilleure fin de saison possible. Même une 7eme, 8eme ou 9eme, voire 10eme place, ce serait mieux que le rang que nous occupons actuellement. »

Costil : « Nous attendons du nouvel entraîneur qu'il nous fasse gagner »

Pour le moment assez peu reluisante sur le plan sportif, la saison des Girondins a en revanche été riche en rebondissements en interne. Gustavo Poyet est parti en claquant la porte en août, M6 a vendu le club à un fonds d'investissements américain du nom de GACP en novembre et Paulo Sousa, qui remplace le tandem Ricardo-Eric Bedouet, vient tout juste de poser ses valises au Haillan. Et si, au fond, l'arrivée du coach portugais était l'ingrédient nécessaire pour pimenter le printemps du club au scapulaire ? « Nous attendons qu'il nous fasse gagner, a avoué Costil. C'est la réalité : les entraîneurs sont jugés à travers leurs résultats. Nous allons découvrir ce nouveau staff avec pas mal d'impatience. Nous avons envie de savoir où l'on va, et avec qui. Une nouvelle page va s'écrire, on espère qu'elle sera belle et longue. » Car à défaut de réellement vibrer sur ces derniers mois de compétition, les Bordelais peuvent au moins veiller à préparer du mieux possible la cuvée 2019-20.

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